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 Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...

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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:00

Ma tête me tourne tellement je me sens troublé, tout se mélange dans mon esprit. Je suis terrifié à l’idée de ce que j’ai pu faire : Ce n’est pas la première fois que je bois à ne plus me rappeler ce que j’ai fait, mais cette fois-ci, je sens que j’ai dépassé les bornes... pire ! que j’ai fait du mal... au moins à Michaël… et peut-être plus... : Peut-être que les autres étaient encore là-bas.

Je commence à gravir le chemin vaguement bitumé qui part de la crique pour monter vers la route. Alors, peut-être dans un dernier espoir d’apercevoir les quatre autres, je me retourne... Mais, je ne vois que Michaël, qui ne bouge pas, toujours debout, me regardant fixement partir. Il n’y a avec lui ni Cédric, ni Marion, ni Philippe ou Céline.

L’angoisse m’étreint tellement que j’en ai mal au ventre, je baisse la tête, honteux et malheureux. Je refais face au chemin et commence à grimper lentement, péniblement. Le poids de la culpabilité se fait de plus en plus lourd sur moi, et je ressasse les paroles de Michaël sans cesse. J’aimerais ne pas être moi, mais quelqu’un d’autre, pas celui écrasé sous les problèmes, le doute et la honte... En prime, mon échec au bac vient se mêler au flot de mes troubles, et me fait sentir plus encore accablé par les remords. Finalement, parvenu à la moitié du chemin qui monte vers la route, je n’en peux plus d’être dans cet état, et je décide de m’asseoir au bord du chemin pour me calmer un peu.

Assis sur une vieille souche d’arbre coupée depuis longtemps, je me sens encore plus seul : Pas un bruit à part celui de quelques voitures au loin. Je me sens désœuvré, j’ai peur de ce qui va m’arriver, je ne sais même pas quoi faire une fois rentré. A cette idée, face à cette vision de mon impuissance, je suis pris d’un élan de panique mêlé de détresse... Je plonge alors ma tête dans mes mains, et pleure en silence, gémissant piteusement de temps à autre.

L’angoisse me tord l’estomac, mon esprit désemparé cherche une solution, cherche à comprendre… mais rien ne vient. Je finis par être complètement paniqué à l’idée de rentrer chez moi. Et progressivement l’idée de revenir sur mes pas se dessine petit à petit dans ma tête : Finalement je me dis que redescendre à la crique et de retrouver Michaël me fait moins peur que de rentrer chez moi... Et au moins si les quatres autres sont encore en bas, ce serait quand même sûrement utile que j’aide à les rechercher.

J’évite de penser au pire (à eux quatre dans le même état que Michaël ou pis encore) et je me lève, sèche mes larmes, puis redescends timidement vers la crique.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:02

- Et tu comptais me le dire quand ? lâcha subitement Michaël.

Céline s’arrêta de marcher et se retourna face à lui :

- Je me suis vraiment décidée qu’aujourd’hui !

- Alors t’aurais pu me le dire tout à l’heure !

- Oui, mais j’attendais un peu, tu...

- C’est à Rennes hein ? l’interrompit Michaël, qui visiblement ne voulait pas entendre plus d’explications.

- Heu… oui.

- Mais c’est à plus de deux cents bornes d’ici ! Tu n’aurais pas pu trouver plus près ?

Céline ne répondit rien.

- Et c’est pour faire quoi ?

- Sage femme, répondit-elle sans attendre plus longtemps, ainsi libérée de ce qu’elle voulait lui dévoiler.

A ces mots, Michaël se raidit… puis se mit à tourner en rond d’un pas pressé, l’air excédé :

- Hein ? Mais, et pour la première année ?

Céline hésita.

- J’aurais très peu de temps libre pendant un an, finit-elle par répondre.

- Mais… enfin, t’imagines ? On se verra quand ?

- Oui… je sais...

- Mais… t’as pensé à moi ?

- Oui, mais je veux vraiment tenter ma chance ! Et peut-être que je pourrai rentrer de temps en temps ici.

- De temps en temps ? Mais pas tous les week-ends, hein ? s’enquit immédiatement Michaël.

- Heu, non, je n’aurais pas le temps, il y a trop de choses à étudier en première année de médecine pour que je me le permette.

- Donc on ne se verra quasiment jamais ! conclut-il d’un ton aigri.

- Mais toi, tu ne pourrais pas venir de temps en temps m’y voir ? proposa Céline, qui cherchait désespérément une solution palliative.

- Heu… bof...

- Ecoute, moi je n’y suis pour rien si tu ne veux pas bouger d’ici ne serait ce que de temps en temps, l’accusa-t-elle, en désespoir de cause.

- Mais tu m’aimes à la fin pour me laisser tout seul comme ça ici, hein ?

- Ben je te retourne la question : Tu sais maintenant que je veux devenir sage-femme, et tu ne veux pas faire un effort pendant une année scolaire ?

- Mais quasi sans se voir ! l’interrompit Michaël.

- Je n’aurais pas le temps de venir souvent ici, c’est sûr. Mais si toi tu passais me voir pendant une journée de temps en temps, on se verrait un peu plus, non ?

Michaël resta tête basse et sans bouger, quelques secondes, puis relevant la tête, lança :

- Tu te crois maligne hein ?

- Heu… pardon ? répondit Céline, fronçant les sourcils, étonnée.

- Ouais, parce que pendant tout ce temps tu ne feras peut-être rien d’autre que d’étudier ?

- Heu, mais oui, je...

- Non mais tu me prends pour un abruti ? Tu vas aller avec d’autres mecs, hein ? j’en suis sûr !... Ben c’est clair ! si t’es aussi loin... ne va pas me faire croire que tu vas bosser nuit et jour, sept jours sur sept...

- Mais si ! il le faudra bien si je veux y arriver ! Mais Michaël, qu’est ce que...

- Tu ne m’aimes pas vraiment, hein ?

Les larmes commençaient à gagner les yeux de Céline, ce qu’elle craignait se déroulait...

- Mais si !

- Mais non ! Arrête de mentir ! autant se séparer tout de suite, ça vaudrait mieux !

- Oh non… je ne veux pas ! fit-elle, la voix chevrotante.

- Et toi, ça t’arrive de penser à ce que je veux ? répondit-il d’un ton grave, même si intérieurement il se sentait satisfait de l’avoir ébranlée.

Céline s’était assise, maintenant en pleurs. Ceux-ci redoublèrent quand elle releva la tête et s’aperçut que Michaël était déjà reparti et l’avait laissée seule, noyée dans ses tourments.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:04

Je compte retrouver Michaël à la crique, pourtant, arrivé en bas du chemin, je ne l’y vois pas. J’imagine qu’il est peut-être parti dans les rochers, je l’appelle alors d’une voix un peu timide : mais rien, pas de réponse. L’idée me vient de crier plus fort, mais je la rejette : Finalement je pense que je serai plus à l’aise, seul, pour chercher dans les rochers... et aussi parce que Michaël ne voudra sûrement toujours pas que je l’approche.

Je descends les galets avec difficulté, et arrivé sur le sable, je ne sais trop où aller chercher. Des deux côtés, le banc de sable est entouré par les rochers, mais comme hier soir nous étions sur la gauche, du côté ou se trouve le vivier, je décide d’aller chercher par là. Puis l’idée se précise dans ma tête : autant aller voir vers le feu de bois qu’on avait établi la veille, il y en sera peut-être encore resté là, à cuver leur alcool !

Cette pensée me rassure un peu, je persiste à me dire que je vais les retrouver là où nous avions établi le feu, et j’y vais sans attendre. Sur le sable, je marche en boitant, mais sur les rochers, ma cheville me fait trop souffrir alors je m’appuie souvent sur les mains et progresse quasiment à quatre pattes. Je repère non loin de moi un rocher relativement plat et décide de passer par là. Arrivé dessus, je me remets debout pour avancer un peu plus vite… et je me fige : Céline est étendue un peu plus loin, face tournée vers les rochers : je l’ai tout de suite reconnue par sa jupe verte qui lui va si bien. Elle la porte toujours, mais elle n’a plus de chemisier et je ne vois sur son dos que l’attache de son soutien-gorge. Autour de sa tête, il y a une grande tache sombre sur le rocher. Je frémis, je comprends qu’elle ne doit pas être en train de dormir : Il y a cette tache… et sa peau me semble bien trop blanche.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:06

Michaël réapparut à la clarté du feu. Ce fut Laurent qui l’aperçut en premier :

- Alors, vous avez discuté ?

- Ouais ouais...

Laurent, remarquant qu’il était revenu seul, continua :

- Elle n’est pas avec toi Céline ?

- Heu… non, répondit-il un peu gêné.

- Ben… heu… qu’est ce qui s’est passé alors ? l’interrogea Marion, qui avait de plus en plus de mal à parler correctement, son esprit envahi par le chanvre et l’alcool.

- ... On s’est disputé, admit-il, l’air contraint.

- Mais… j’veux t’dire Michaël… elle va revenir ou quoi ? s’inquiéta Marion.

- Raaah, tu m’énerves ! Oui, elle va revenir, elle a mal pris ce que je lui ai dit et elle est restée dans son coin, à pleurer… c’est tout !

- Michaël, t’es pas sympa là... Tu devrais retourner la voir.

- J’suis pas sympa… j’suis pas sympa ! repris Michaël, visiblement énervé. Mais vous me faites chier à la fin ! vous vous êtes vu ? vous êtes complètement shootés ! Et ça veut donner des conseils, hein ?

- Putain t’es con toi ! rétorqua calmement Laurent.

- Quoi, je suis con ! Je suis con parce que je fume pas, hein ?

- T’es con parce que t’essaie de changer de sujet, voilà pourquoi...

- Putain, tu me fais chier, Laurent !

- Hé ! on te force pas à rester.

Là-dessus, Michaël ne répondit rien. Il demeura debout, fusillant Laurent du regard pendant de longues secondes. Puis il ramassa une bouteille de vin, et alla s’asseoir le plus loin possible du groupe, tout juste encore éclairé par la lumière du feu.

Cédric et Philippe, eux, étaient restés silencieux. Finalement, Cédric se tourna vers Laurent et à voix basse lui avoua :

- Quel con !

- Ouais… il commence à me traîner sur les nerfs lui.

Puis se tournant vers Philippe, Cédric continua :

- Ben dis, Philippe, tu as l’air bien calme depuis tout à l’heure.

Celui-ci, en retour releva la tête, l’air penaud.

- Ben t’as vraiment pas l’air en forme, renchérit-il encore.

- Ben, pfff… commença péniblement Philippe. Ça m’a fait vraiment mal de l’avoir vu cette après-midi dans la cour, et là avec l’alcool, ça a tendance à augmenter mon mal-être... Je ne devrais peut-être pas boire quand je ne me sens pas bien comme ça... j’aurais pas dû venir ce soir...

- Bah ! mais si ! ... Allez… tiens, tu veux une clope ? lui proposa Cédric, tout en lui tendant son paquet.

- Heu, oui tiens, pourquoi pas, répondit-il avec le sourire, tout en prenant celle que Cédric avait déjà un peu sorti du paquet.

Il lui tendit son briquet allumé, Philippe se pencha vers la flamme et inspira longuement. Cédric reprit :

- Tu te sens vraiment mal à cause d’elle, hein ? Et tu ne vois pas comment tu pourrais faire pour te sentir un peu mieux ?

- Oh oui, je souffre et ça ne me lâche pas, j’ai l’impression que ça ne s’arrêtera jamais.

- Heu... On peut en parler si tu veux ? lui demanda Cédric avec un peu d’hésitation.

- Bah, pourquoi pas !

- Alors si ça te dit on pourrait se mettre un peu à l’écart, au calme, pour discuter...

- Heu, ouais, après tout, on sera peut-être mieux, c’est vrai, t’as raison.

Ils se levèrent tous deux, et quittèrent la lumière du feu.

Après avoir un peu marché, s’assurant qu’ils étaient hors de portée d’être entendu par les autres, Cédric proposa à Philippe de s’asseoir. Ils s’installèrent côte à côte au bord d’un rocher.

Cédric, à son tour, s’alluma une cigarette :

- Alors, elle va aller dans la même ville que toi à la rentrée ?

- Marie ?... non… elle sera loin, balbutia-t-il : La simple idée d’être éloignée d’elle le terrifiait et le rongeait au plus profond de lui.

- Tu vois Philippe, repris calmement Cédric, ce qui ne va peut-être pas, c’est que tu regardes tout du mauvais côté. Tu penses tout par rapport à Marie qui t’a quitté, tout te ramène à elle, tout te ramène à ta peine.

- Mais je n’arrive pas à ne pas penser à elle ! s’offusqua-t-il, excédé.

- Oui, tu ne fais que penser à elle, c’est normal parce que tu l’aimes, c’est sûr, mais elle t’a quitté, et tout ce que tu gagnes à continuer à l’aimer comme ça, c’est de souffrir.

- Mais qu’est ce que tu veux que je fasse d’autre ? hein ?

- Comme je viens de te le dire : si tu voyais les choses de l’autre côté ?

- Qu’est ce que tu veux dire par là ? s’enquit Philippe, un peu plus calme.

- Ben tu devrais peut-être voir les choses de l’autre côté… d’une manière différente quoi ! Tu me dis qu’elle sera loin de toi, et ça te fait souffrir... Eh bien pense-le d’une manière différente : Dis-toi que tu ne craindras pas de la croiser dans les rues, par exemple !

- Hmmm hmmm… acquiesça-t-il, l’air dubitatif.

Emporté sur sa lancée, Cédric continua :

- Et tu vois aussi, cette après-midi tu l’as croisée dans la cour, elle était avec un autre et ça t’a fait du mal, non ?

- Oui… beaucoup, gémit-il, les yeux un peu trop humides.

- Eh bien là tu vois, tu te sens vraiment mal. Alors que tu pourrais penser différemment : Par exemple qu’elle n’est même pas triste de n’être plus avec toi puisqu’elle est avec un autre… alors pourquoi t’irais t’en faire pour une fille qui ne t’aime pas... Je ne sais pas… essaie de ne plus la mettre sur un piédestal… tu vois ? fais-en la tomber !

- Mais tu crois que c’est si facile ? brailla Philippe.

- Je ne te dis pas que c’est facile, je te dis que ce peut être un moyen pour que tu ailles mieux ! Ouais… pas facile c’est certain, mais peut être aussi nécessaire à faire pour que t’arrives, au fur et à mesure, à penser à autre chose qu’à elle.

- Je sais plus trop… penser à elle… en mal !… heu… dur, tu sais.

- Oh, je sais que c’est dur ! tout n’est pas toujours facile, affirma Cédric d’un air consentit, ne laissant paraître qu’il avait prémédité cette réponse depuis l’après-midi.

- Pourquoi dis-tu ça ? On dirait que pour toi non plus ça n’a pas toujours été la joie ? l’interrogea Philippe.

Cédric porta sa cigarette à la bouche et en tira une grande et longue bouffée. Il se sentait nerveux : le moment qu’il s’était imaginé avant de venir à la soirée arrivait. Comme il l’avait prévu, Philippe demandait à en savoir plus sur lui. Alors maintenant il avait la voie libre… la voie libre pour le lui dire :

- Non… ça n’a pas toujours été évident pour moi non plus, annonça Cédric.

- Ah bon ? Ben si tu veux tu peux en parler, comme ça ce ne sera pas toujours de moi qu’on parlera.

- Eh bien comment dire...

Il s’interrompit et de nouveau tira profondément sur sa cigarette, dans sa poitrine, son cœur battait la chamade, la tête commençait à lui tourner.

- Bon… ben voilà, pour moi pour l’instant ma vie n’a pas été toujours une partie de plaisir non plus... Heu… comment dire...

- Oui… dis-moi… qu’est ce qu’il y a ? s’inquiéta Philippe, voyant son ami hésiter de plus en plus.

- Bon… ben... Je ne sais pas trop comment dire… mais voilà… je suis homo.

- Hein ? Philippe ne put cacher son étonnement tellement sa surprise fut grande.

- Ben oui...

Philippe ne savait plus trop que dire, un peu décontenancé par la nouvelle. Le silence régna pendant de longues secondes. Cédric attendait une réponse, une réaction de son ami. Alors, face à son mutisme, il renchérit :

- Tu m’as déjà vu sortir avec une fille ?

- Heu… à bien y réfléchir… non, c’est vrai.

- Alors tu vois !

Le calme domina de nouveau. Philippe, gêné, ne savait trop que penser, l’idée que son ami voulait peut-être lui faire des avances vint le secouer.

- Tu sais, repris Cédric, je l’ai pas trop choisi, voire pas du tout… au début, je n’y ai pas trop fait attention quand mon regard s’attardait sur des gars dans la rue... ou à l’école aussi... et puis ça ne m’a pas lâché. Alors, tu vois, aujourd’hui je n’ai plus un doute sur cela, même si ici, je ne peux pas vraiment vivre ma vie...

- Alors tu dois être heureux de partir à Paris, non ? finit par lâcher Philippe.

- Oh oui je le suis ! c’est clair ! ... Bon j’aurais beaucoup de boulot en prépa, c’est sûr, mais je pourrai quand même sortir un peu et vivre ma vie ! Parce qu’ici je me sens seul… d’ailleurs si je n’avais pas eu mon bac et qu’il m’aurait fallu rester ici un an de plus, je crois que j’aurais vraiment pété les plombs.

- Ah ouais, à ce point ?... je vois… Au fait, tu disais que tu regardais des gars à l’école aussi ? Héhé ! heu… qui tu trouvais pas mal par exemple ? Demanda Philippe d’un air faussement détendu.

- Heu… ben… heu…, balbutia-t-il en se reprenant une cigarette.

Ses mains tremblaient, Cédric transpirait la nervosité, Philippe comprit alors assurément ce qu’il voulait encore lui dévoiler.

- Qu’est ce qu’il y a Cédric ?

Celui-ci resta figé pendant un temps, visiblement concentré, fixant le sol… pour diriger subitement son regard vers Philippe :

- Ben comment dire… toi par exemple.

- Tu veux dire que… que… que je te plais ? prononça-t-il finalement, gêné.

- Heu… oui.

Le silence revint. Cédric trépignait intérieurement dans l’attente d’une réaction. Il attendait les mots, cette réponse de Philippe, celle qu’il avait tant espérée et fantasmée.

- Ecoute Cédric...

- Oui, répondit-il la gorge nouée par l’anxiété.

- Ben, je ne sais pas comment te dire...

- T’es pas intéressé, le coupa Cédric, soudain désespéré.

- Oui, Voilà, répondit Philippe, soulagé.

Le silence reprit encore sa place, insidieux.

- Heu… ça va ? s’inquiéta Philippe.

Cédric, les lèvres fermement serrées et les yeux grand ouverts fixait de nouveau le sol. Il était encore un peu plongé dans son océan de tension, et déjà submergé par la désillusion : Qu’est ce qu’il s’imaginait ? que Philippe allait lui sauter au cou ? Que toutes les fois où il avait fantasmé son ami cachant une deuxième personnalité était vraiment réalité ?

- Allez, t’en fais pas, reprit Philippe d’un ton apaisant. Tu sais, ça va, je ne vais pas le prendre mal.

- Ah bon… répondit-il, l’air penaud.

- Oui, je ne suis pas intéressé, mais je n’ai rien contre toi. On peut rester amis si tu veux, il n’y a pas de soucis !... Et puis tu sais (mentit-il pour le réconforter), ça me fait du bien qu’on ait parlé. Là tu vois, pendant quelques temps tu m’as fait sortir de ma tourmente par rapport à Marie. Si je peux t’aider à mon tour... Non mais ce que tu m’as dit c’est pas con tu sais, il faut pas que je la mette sur piédestal comme ça...

Cédric ne l’écoutait pas. Il était complètement sonné par la discussion, découragé que Philippe n’ait pas sauté dans ses bras comme il le rêvait depuis de longs mois.

- On retourne voir le groupe ? finit par lancer Philippe, qui s’était rendu compte qu’il parlait dans le vide.

- Heu, oui d’accord, répondit Cédric péniblement.

En revenant vers le feu, marchant un peu à tâtons dans les rochers que la clarté de la nuit ne laissait que deviner, Philippe ne put s’empêcher de demander.

- Si tu m’as pris à part pour discuter, c’était pour me dire cela ?

- Ben pour parler de ta copine aussi, mais oui, je voulais principalement te dire pour moi. Tu vois, après ce soir, on ne se verra que rarement, on sera chacun dans une ville différente pour nos études... Alors je voulais tenter ma chance avant qu’on ne se voit plus.

- Je comprends, répondit Philippe, ne sachant qu’ajouter.

Constatant la décrépitude de son ami, il finit par reprendre :

- Mais tu sais Cédric, on reste ami, hein ? ok ?

Son visage s’illumina, il s’arrêta et fixa Philippe d’un regard humide.

- Merci, dit-il simplement.

Déjà ils étaient tout proches du feu de bois.

Céline était revenue.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:12

J’avance vers elle, la quittant seulement furtivement des yeux pour voir où je mets les pieds dans toute cette rocaille. Je fouille dans mes souvenirs de la soirée, mais à part tout ce qui s’est passé au début, je ne me souviens de rien. L’idée que j’ai pu la tuer hier soir me terrorise, et arrivé tout près de son corps étendu là, tout se bouscule dans la tête : Peut-être qu’elle n’est pas morte ? Peut-être dois-je la secouer pour la réveiller ? Peut-être que je ferais mieux d’appeler au secours ? Ou alors m’enfuir de là sans plus attendre ?

Je reprends progressivement mon calme, et inspirant une grande bouffée d’air, je m’accroupis et tends une main vers son épaule : hésitant, je finis quand même par la toucher, toucher sa peau nue… et froide, atrocement froide. Un frisson me parcourt, j’ai alors envie de partir, de m’enfuir d’ici tout de suite. Puis, je me sens soudain pris du besoin de vérifier qu’elle est bien morte : je cherche à lui soulever la tête, pour écouter si elle respire encore ou non. Je passe alors ma main sous son front, mais je la retire immédiatement : Elle est rougie de son sang ! le contact poisseux de son sang froid ! Pris de dégoût, je cherche une petite marre d’eau pour me laver la main, et en trouve une derrière moi. Je constate alors avec horreur que la mer est toute proche : Hier soir, quand nous étions arrivés, elle était assez basse et continuait de baisser, alors que maintenant elle se trouvait tout près de moi... et surtout du corps sans vie de Céline.

Je ne veux pas la laisser là, je ne veux pas que son corps se fasse emporter par les eaux. Je me retourne vers elle, pense à appeler Michaël au secours pour qu’il vienne m’aider, puis rejette cette idée, craignant trop sa réaction. La pensée de devoir à un moment appeler quelqu’un pour s’occuper de la dépouille de Céline me semble soudainement inéluctable : je me sens pris au piège, terrifié.

Je tremble, je retourne doucement sur le dos son corps froid et raidi pour pouvoir la traîner plus facilement. Tout son front est maculé de sang, mais c’est surtout la couleur de son visage, cette pâleur mortuaire : J’ai l’impression qu’elle s’est barbouillée la tête de farine. Ses lèvres sont presque grises et toutes gercées, comme des fruits desséchés. Je me dis juste que c’est la première fois que je vois une morte, mais rien d’autre ne se produit dans ma tête… Je constate avec un amusement soulagé que mon cerveau en a assez eu comme ça pour continuer à réagir. Et sans ne plus penser à rien, je saisis le corps de Céline sous les bras et le soulève péniblement. Je cherche un chemin relativement plat dans tous les rochers, puis je commence à reculer, mais ma progression reste très difficile : Je n’arrête pas de trébucher, ma jambe me fait mal, et je comprends mieux ce que signifie « un poids mort » en sentant la douleur naître dans mes bras à force de la traîner.

Une fois un peu plus éloignée de la mer montante, épuisé par l’effort, je la repose au sol, ne sachant trop si je dois la déplacer davantage. Je reste à regarder la mer, la tête vide, noyé par l’angoisse, quand des gémissements, non loin de moi, vers ma gauche, me font sortir de la torpeur dans laquelle je m’enfermais depuis tout à l’heure. Je crois d’abord, un peu stupidement, que c’est Céline, mais elle demeure toujours aussi pale et immobile. Je secoue la tête pour recouvrer un peu mes esprits, et écoute : Je pense finalement reconnaître la voix.

C’est Marion que j’entends gémir là-bas.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:15

- Tu fais chier à la fin !

- Mais Michaël...

- Mais t’as pas encore compris ou quoi ?

- Mais… tu ne peux pas me faire ça !

- Et toi ? ça te gêne peut-être d’aller faire ce que tu veux là-bas ?

Face à Michaël qui n’avait même pas daigné se lever, Céline, debout et en pleurs, s’effondrait littéralement. Chaque mot de son ami résonnait dans sa tête et lui torturait l’esprit. Plus elle voulait faire entendre raison à son Michaël, plus elle se noyait seule dans son chagrin. Malgré tout, suffoquant à demi, les joues trempées de larmes et la gorge serrée, elle reprit :

- Mais je veux faire ce métier lààààà... Pourquoi tu ne veux pas faire un effort !

- Ce sont tes études ou moi, t’as le choix !

La réponse de Michaël ne s’était pas faite attendre, tellement sèche et dénuée de tout sentiment que Céline en restait bouche bée devant celui qu’elle avait aimé et qui maintenant la fixait d’un air triomphateur.

Atterré par la scène qui se déroulait devant lui, Laurent se leva et prit la parole.

- Mais t’es qu’un connard Michaël ! ne trouva-t-il qu’à dire.

Michaël, lèvres serrées, obliqua le visage vers lui, et le regard menaçant, lui lança :

- Toi, mêles toi de t’es affaires !

- NON ! TOI TU M’ECOUTES ! lui cria Laurent, visiblement hors de lui.

Michaël, surpris, ne répondit rien. Le silence, de nouveau, figeait les êtres. Laurent haletait, l’envie de coller son poing sur Michaël le rongeait au plus profond. La haine fit péniblement place à la réflexion, et plutôt que les coups, il se ravisa et choisit les mots afin de blesser :

- Bon si t’es avec nous Michaël, ce n’est pas parce qu’on t’aime bien, mais parce que t’es avec Céline, et que Céline est notre amie depuis déjà longtemps ! Alors si tu veux la rendre triste, mon gars, tu dégages !

- MAIS C’EST DE MA FAUTE SI CETTE CONNASSE VEUT PASSER TOUT SON TEMPS A BOSSER ET ME LAISSER SEUL COMME UN CON ? Hurla-t-il, excédé.

C’en était trop pour elle : Céline se couvrit le visage de ses mains et s’enfuit en pleurs dans les rochers.

- MAIS T’ES VRAIMENT QU’UN SALE CONNARD ! Beugla Laurent.

Michaël ne répondit rien.

Marion se leva et s’avança, en titubant, pour aller rechercher Céline. En passant devant Michaël, elle se figea un instant et le fusilla d‘un regard assassin. « T’ES VRAIMENT QU’UN GROS CON ! » finit-elle par s’écrier avant de plonger à son tour dans la pénombre.

- T’es content ? continua Laurent.

Michaël restait irrévocablement stoïque et muet.

Laurent, dont l’envie de lui en coller une devenait trop forte, finit par se détourner de lui. S’apercevant alors de la présence de Cédric et Philippe, il s’empressa de leur parler, n’était ce que pour briser ce silence qui lui pesait :

- Ah, vous êtes revenus !

- Heu… ouais… répondit timidement Cédric.

- Nan mais Michaël, t’as vu dans quel état t’as mis Céline, mais t’es con ou quoi ? s’exclama Philippe.

- Bah ! si ça vous fait plaisir, alors je suis un con… se contenta-t-il de répondre, l’air désabusé, avant de reprendre une lampée de vin au goulot de sa bouteille.

Laurent, blasé par la réaction de Michaël, poursuivit la conversation avec Philippe.

- Alors vous êtes allé discuter ? Ca va un peu mieux pour toi maintenant ?

- Ben… bof… toujours mon ex... J’ai l’impression que ça ne me lâchera pas de sitôt.

Cédric, soudain désireux de se dévoiler à tous, voulu engager sur sa voie :

- Bah, on est tous un peu mal de toute façon, non ?

- Ah bon, parce que toi aussi tu ne vas pas bien ?

- Oh ! ben pour moi, disons que ça ira mieux quand je serais à Paris !

- Ah bon pourquoi ? questionna Laurent dont la curiosité était accrochée.

- Ben... dans ce bled... comment dire... je ne me sens pas à ma place...

- Hmmm, hmmm… se contenta-t-il de répondre pour l’encourager à continuer.

- Ben tu vois, je suis homo, alors...

- Ah bon ? s’exclama Laurent, visiblement étonné.

Michaël, lui, n’avait rien dit. Il avait juste levé la tête et le fixait d’un regard noir.

- Ben oui ! fit simplement Cédric en retour.

- Ben s’est marrant ça ! poursuivit Laurent d’un air enjoué. Parfois je m’étais demandé si tu l’étais... ben voilà la réponse.

- Ah ouais, tu te l’étais demandé parfois ? Qu’est ce qui te l’a fait te le demander ? s’enquit Cédric, intrigué.

- Oh, ben rien de précis, je m’en doutais un peu… c’est tout, convint Laurent.

- Alors de quoi parliez-vous ? les surprit Marion, qui revenait accompagnée de Céline, s’essuyant encore ses larmes.

- Oh… heu… rien de précis mentit Cédric.

- Alors, comment vas-tu, Céline ? ne put s’empêcher de demander Laurent.

Tout d’abord reniflant un peu, elle passa le mouchoir sur son nez et ses yeux, puis l’air faussement assuré, les apaisa :

- Bah… on fait aller malgré tout, mentit-elle tout en jetant un rapide coup d’œil vers Michaël, qui d’ailleurs, pour ne pas la regarder, fixait ses chaussures depuis son retour.

Cherchant à oublier quelque peu sa tristesse, d’une voix encore légèrement chevrotante, elle demanda, afin d’enchaîner sur autre chose :

- Au fait, c’est vrai ça ! De quoi étiez-vous en train de parler ? hein ? de moi ?

- Heu... Non, non, répondit Cédric.

- Ben de qui alors ?

- On parlait plutôt de moi.

- Ah bon ?

- Ouais… bon allez, quitte à le faire, autant y aller jusqu’au bout ! J’étais en train de dire que j’étais homo !

- Oh sérieux ! Ben dis ! s’étonna Marion. Ca doit te faire du bien d’en parler, non ?

- Heu… ouais, c’est vrai… j’suis content de le dire, au final. Même si ça n’est quand même pas très évident !

- Je me disais aussi… on t’a jamais vu avec une fille, observa Céline

- Ben ça aurait pu être parce qu’il avait trop de travail ? suggéra Philippe en réponse.

- Ouais à d’autres ! s’exclama Laurent.

Et ils se mirent tous les cinq à rire de bon cœur, Michaël restant toujours dans son coin. Les heures suivantes se poursuivirent dans la bonne humeur retrouvée : Tout le monde buvait plus que de raison, et l’alcool, petit à petit envahissait les esprits de chacun. D’ailleurs, Marion, qui était déjà bien amoché, commençait à atteindre des limites d’ébriétés. L’alcool gommait petit à petit leurs soucis, les prenait dans ses bras et les berçait mollement. Et le sourire régnait sur tous les visages… Sauf peut être celui de Michaël qui n’avait pas bougé de son coin et avait troqué sa bouteille de vin contre celle de Whisky. Il restait assis, immobile, s’envoyant une lampée de breuvage de temps en temps... Et la berceuse de l’alcool continuait :

Les sourires devinrent rires… puis hilarités incontrôlées.

Les fumées de toutes sortes s’engouffraient dans les poumons de certains.

La berceuse se mut en farandole… puis en un vacarme endiablé.

Le temps s’accélérait… la notion du temps s’estompait.

La fête battait son plein…

... comme la vessie de Laurent : toute aussi pleine !

Ainsi, après avoir braillé qu’il allait pisser à un auditoire qui ne l’écoutait pas. Il s’écarta de la lumière du feu en titubant maladroitement, et s’avança vers la pénombre dans les rochers.

Finissant par trouver un endroit lui convenant, il urina longuement.

Reprenant le chemin du retour tout en remontant sa braguette, il trébucha, n’arriva pas à se récupérer et dégringola dans une fosse formée par les rochers.

Ce ne fut qu’une vingtaine de minutes après, que Philippe, peut être un peu moins ivre que les autres, ou le cherchant pour lui dire quelque chose, finit par demander :

- Mais où est ce qu’il est passé Laurent, au fait ?
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:15

Sans réfléchir plus longtemps, je laisse là le corps sans vie de Céline et me dirige avec difficulté vers la source des gémissements. Je me rends compte qu’ils proviennent de l’endroit où nous avions établi notre feu hier soir. Je respire fort et mon cœur bat vite, je ne peux m’empêcher de me sentir mieux à l’idée de revoir Marion et de pouvoir lui demander ce qui s’est passé. Je me sens léger, heureux, l’espoir me dope, et j’avance vite.

Nous avions passé la soirée sur des rochers un peu en hauteur. Et quoique je sois tout proche de l’endroit, je reste en contrebas et je ne la vois toujours pas. Cédant alors sous l’impatience, je commence à l’appeler tout en grimpant.

- Marion ? Eh, Marion ? c’est toi ? fais-je d’une voix mal assurée, craignant toujours un peu que ce ne soit pas elle.

- Marion ? C’est moi, c’est...

Je m’interromps : près de notre feu de bois, ou plutôt des cendres qui en restent, se trouve Marion, dont je ne vois dépasser que les jambes, le reste du corps étant caché derrière le dos de Michaël, accroupi auprès d’elle.

J’hésite à avancer, je crains encore la réaction de Michaël, mais l’envie de revoir Marion est plus grande et pour qu’il m’entende bien je lui lance d’une voix forte :

- Michaël ? je suis revenu finalement.

Il sursaute, se retourne brutalement, et me regarde l’air complètement paniqué.

- Laurent ? Heu… ben… qu’est ce que tu fais là ? me demande-t-il d’une voix un peu tremblante.

- Je... heu... je voulais t’aider…

Il ne répond pas, je le regarde : il m’a l’air de ne pas se sentir très bien. Je suis encore à une dizaine de mètres de lui. Désireux de voir Marion, je lui demande :

- Est ce que je pourrais m’approcher ? Je voudrais voir Marion.

- Elle n’est vraiment pas dans un bon état, me rétorque-t-il sèchement.

- Hein ? dis-je, pris par la surprise.

Je reste sans bouger le temps de réfléchir, puis décontenancé j’ajoute :

- Mais c’est bien elle que j’ai entendue gémir ?

- Oui, mais là, de nouveau, elle ne dit plus rien. Elle a eu une sorte de délire, et puis elle a replongé.

- Mais qu’est ce que...

- Elle a trop bu et trop fumé, et elle s’en est rendue gravement malade, m’explique sans attendre Michaël. Ça m’inquiète, il faudrait que quelqu’un aille chercher une ambulance.

- Ah… dis-je stupidement, complétant déjà la fin de sa phrase dans ma tête « et ça serait bien que tu y ailles ».

- Tu devrais aller chercher des secours, Laurent, ajoute-t-il d’un ton condescendant.

- Non, dis-je sèchement.

- Quoi non ? réplique-t-il l’air énervé.

- Ben non ! voilà, c’est tout… allez ! laisse-moi voir Marion.

- T’as assez fait de conneries comme ça.

- Raaaaah, tu me fais chier à la fin ! Je veux voir Marion, POUSSE-TOI !

Mon sang bouillonne, j’en ai plus qu’assez de tout ça, je ressens la chaleur monter à mon visage. Sans laisser Michaël réagir, porté par cette colère soudaine, j’avance vers Marion, au moment où je passe à côté de Michaël, celui-ci me fusille du regard et me demande :

- Tu as vu Céline ?

Sa question me déclenche une décharge électrique à travers le corps. Ma colère retombe aussi vite qu’elle est venue. Dans ma tête, tout change subitement, je ne me retrouve plus devant quelqu’un qui m’énerve, mais devant celui dont j’ai peut-être tué la copine. Je ne sais plus trop quoi dire ou que faire. Apeuré par la réaction qu’il pourrait avoir, je recule de quelques pas, puis je réponds :

- Oui.

- Ah...

Et sans que j’y réfléchisse, ma bouche prononce la vérité, évacue ces mots qui me prenaient à la gorge depuis tout à l’heure :

- Elle est morte.

Michaël se fige, visage fermé... J’imagine tout ce qui peut se passer dans sa tête, et je prends peur de sa réaction. Je le fixe stoïquement, attentif au moindre de ses mouvements. Il finit par écarquiller les yeux et serrer les dents, je perçois la rage envahir tout son visage.

Puis il fonce sur moi.

Je reçois un coup de poing au ventre. Un élan de douleur me fait courber en deux. Dans un éclair de lucidité, je saisis par terre une bouteille de vodka vide, et me redresse tout de suite en la brandissant.

- ARRETE MAINTENANT ! ARRETE OU JE TE L’ENVOIE DANS LA GUEULE !

Michaël me fixe, l’air hébété, moi je ne le quitte pas des yeux. Je souffle comme un bœuf tellement je suis nerveux, car ce n’est pas de la colère qui m’a fait hurler sur lui, mais la peur.

- Mais t’as tué...

- MAIS QU’EST CE QUE J’EN SAIS DE CE QUE J’AI FAIT HIER SOIR ! Puis reprenant un peu d’assurance, j’ajoute : Je ne vais pas me laisser casser la gueule, alors que je ne me souviens de rien ! C’est peut-être moi, et cette idée me terrifie assez comme ça, alors je veux en avoir le cœur net d’abord.

- MAIS PUISQUE JE TE DIS QUE...

- FOU MOI LA PAIX ! T’AS QU’A TE BARRER !

Je serre la bouteille dans ma main, je la brandis toujours, le menaçant de le frapper. Même si j’ai peur qu’il me saute dessus, je ne bouge pas, j’attends qu’il réagisse : La fureur fait lentement place au dégoût sur son visage, il grogne, se détourne de moi, puis s’en va lentement, sans rien dire. Je ne le quitte pas des yeux jusqu’à ce qu’il descende du rocher.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:16

- Hein ?... Laurent ?...

- Booo… il est parti ?

- Nan… devrait être là ?

- ‘tain y fait chier, il est où ce con ?

- Il est pas parti pisser ?

- P’tet… ben… on a qu’à attendre.

- Ouais...

- ...

- ...

- Mais… il est parti depuis longtemps ?

- Assez… j’crois.

- T’es sûr ?

- Ben ouais… m’semble bien !

Ils se jaugeaient tous sans plus trop rien dire. Philippe finalement se leva péniblement, pivota sur lui-même en scrutant du regard pour essayer de l’apercevoir quelque part… mais rien.

- Laurent ?... HE OH ?... Laurent ! Allez putain répond ! ... T’es où ? LAURENT ! ... BORDEL REPOND !

Mais rien, aucune réponse.

Se tournant alors vers les autres, il poursuivit :

- Pfff… bon, on fait quoi ?

Tous de nouveau se regardèrent sans mot dire… Devant ce silence, un peu agacé, Philippe proposa :

- Allez… on va le chercher !

- Hein ?

- Heu… chais pas...

- Vas-y seul ! finit par lâcher Michaël. Moi… j’irai pas l’chercher... m’a assez fait chier t’à l’heure comme ça.

Voulant éviter d’envenimer la situation, Philippe se ravisa de répondre. S’adressant dès lors aux autres, il redemanda :

- Allez… quelqu’un vient avec moi ?

Devant lui, Cédric qui avait l’air hésitant, Cécile qui semblait inquiète, et Marion tellement ivre qu’elle demeurait allongée et ne disait plus grand-chose.

- Eh !

Philippe se tourna vers Michaël qui venait de l’interpeller.

- T’as qu’à aller avec Cédric !

Ce fut Cédric qui répondit :

- Oula non ! On va pas t’laisser seul avec Céline... Si c’est encore pour qu’vous vous engueuliez...

- Beuh !... y a aussi Marion...

- Mais t’as vu ? Elle est complètement cuite !

Brisant le débat entre Cédric et Michaël, Céline d’une voix lourde d’émotion trancha :

- Non, non… il n’y a pas de soucis… vous voyez... Comme ça... lui et moi, on discutera...

- Mais t’es sûr qu’ça va aller... hein ?

- Oui… ça va… ça va aller...

Sa voix était de plus en plus chevrotante, on la sentait prête à laisser déborder sa peine. Elle se reprit un peu et continua :

- J’veux lui parler… hein, alors, ben allez-y ! dit-elle en fixant tour à tour Philippe et Cédric d’un regard décidé, un sourire forcé aux lèvres.

Philippe voulant briser la glace, se leva brusquement :

- On y va ?

- Ouais… allez.

Se penchant alors vers le corps allongé de Marion, Philippe tendit la main, et la secoua un peu.

- Eh oh ! Marion ?... ça va ? tu veux v’nir avec nous, hein ?

Emergeant de sa somnolence, ouvrant mollement un oeil, voyant le visage de Philippe en l’attente de sa réponse, elle se concentra tant bien que mal pour répondre.

- Hmmm… nan !... chuis bien là...

Philippe la regarda s’éveiller mollement, parler d’une voix lente et pâteuse, puis se refermer de nouveau... Comprenant qu’il était vain d’insister, il se redressa et se tourna vers Cédric :

- Allez… On y go !

Céline regarda ses deux amis s’en aller vers la pénombre, quittant la faible clarté de leur feu qui se mourrait. L’alcool brouillait ses idées et augmentait sa peine. Elle n’aurait peut-être pas du boire autant, car la douleur qu’elle ressentait s’en trouvait exacerbée, démultipliée. Intérieurement tout n’était plus que souffrances, que douleurs à l’idée que Michaël la quitte.

- Alors… tu veux m’dire quelqu’chose ?

Froid comme la mort, même si l’alcool lui rendait l’élocution difficile, le ton de Michaël la sortit de son marasme intérieur : Elle quitta la peine de la séparation pour rencontrer maintenant la peur de lui parler. Effrayée, elle n’osait pas prononcer le moindre mot.

- ... Hummm...

- Ben Allez, accouche ?

- Michaël je… je ne veux pas...

- Qu’est ce que tu ne veux pas ?

- Qu’on se sépare !

- Pfff… c’est la meilleure !... Alors tu te plonges dans tes études, hein ?... et je devrais attendre tranquillement ?

- Mais je t’aime !

- Tu m’aimes ouais, c’est ça… moins que tes bouquins et ton boulot !

- Mas si ! je vais crouler sous le travail en médecine, et ton soutient me sera d’autant plus précieux pour tenir le coup !

- Dans ce cas-là, t’as qu’à demander à tes potes !

- Hein ? ... heu... quoi ?

- Ouais, les autres soûlauds défoncés au shit de ce soir... Ils ont qu’à te soutenir, eux.

- Attends… mais… qu’est ce que tu leur reproches... ils ont droit de faire la fête aussi… Et puis t’as bu aussi.

- Ouais mais ils arrêtent pas de fumer leur shit à la con...

- Et quoi ? ça te rend plus intelligent qu’eux de ne pas fumer !

- Mais prends leur défense aussi pendant que t’y est ! Va d’ailleurs savoir où ce con de Laurent s’est paumé !

- Il est pas con !

- Ben mets-toi avec lui alors.

- Mais… mais… t’es bête ou quoi ? T’es borné comme gars, tu m’agaces parfois !

Michaël, furieux, se leva et se tint debout devant Céline.

- Qu’est ce que tu veux me faire ? S’enquit Céline, Inquiète. Hein, tu veux me...

- TA GUEULE ! TU COMMENCES A ME TAPER SUR LES NERFS !

Céline, maintenant apeurée, se leva, et s’éloigna un peu de Michaël.

- Michaël ! bon sang calme-toi !

- ME CALMER ? ... ME CALMER ? MAIS POURQUOI JE ME CALMERAIS ?

- Moi je t’ai rien fait Michaël, alors calme-toi s’il te plait.

- TU NE M’A RIEN FAIT ? HEIN ? TU TE CASSE BOSSER COMME UNE TAREE... ET EN PLUS A 200 BORNES D’ICI, ET CA NE DEVRAIT RIEN ME FAIRE ?

Paniquée devant la fureur de Michaël, Céline tourna talons et commença à s’éloigner, apeurée. Un frisson d’horreur l’envahit quand elle sentit la main de Michaël serrer son poignet pour la retenir.

- TU M’ECOUTES UN PEU OUI ? ... HEIN ? CE SOIR TU ME REPROCHE DE M’EMPOR...

Céline, prise de panique dégagea vigoureusement son poignet de l’étreinte de Michaël et s’enfuit dans les rochers. Michaël courut derrière elle pour la retenir. La fureur montait en lui : Il voulait s’expliquer, et elle ne lui en laissait même pas l’occasion, il ne la laisserait pas s’en tirer aussi facilement.

- CELIIIIINE ! J’AI PAS FINI !

- NE T’APPROCHE PAS DE MOI !

Elle était terrifiée, et lorsque Michaël, arrivé derrière elle, essaya de la saisir par la cuisse, elle se projeta en avant pour échapper à son étreinte, elle trébucha, se sentit tomber, eut juste le temps de pousser un vague début de cri de peur, avant qu’un éclair de douleur envahisse tout son crâne… et que tout s’arrête.

Le corps de Céline partait à la renverse devant lui, une décharge d’effroi le parcourut. Il vit sa tête se fracasser sur la pierre : le bruit sec l’accompagnant, semblable à celui d’une noix qu’on écrase, finit de le figer sur place.

Céline, au sol, ne bougeait plus.

Il se pencha vers elle, mais ne voyait trop rien dans toute cette obscurité. Complètement apeuré, il se mit à hurler à l’aide.

Marion embourbée dans l’ivresse entendit les hurlements de Michaël au loin, mais elle se rendormit aussitôt, complètement assommé par le chanvre et l’alcool.

Philippe et Cédric, qui étaient partis assez loin à la recherche de Laurent, mirent quelques minutes pour revenir jusqu’à Michaël. Quand ils arrivèrent, celui-ci hurlait toujours, les reflets de ses larmes abondaient sur ses joues... Il n’arrêtait pas de dire qu’il n’avait pas fait exprès, tout en maintenant à demi recourbé le corps de Céline, dont la tête ballottait atrocement dans le vide.

Philippe demanda à Michaël de poser le corps au sol, ce qu’il fit sans trop discuter, tout en sanglotant toujours vigoureusement. Philippe se pencha sur le corps, voulut poser son oreille sur la bouche, mais se ravisa finalement d’approcher son visage de celui de Céline tellement il était maculé de sang. Il posa alors son oreille près de sa poitrine, fit signe aux autres de se taire, puis écouta attentivement. Il espéra de toutes ses forces entendre quelque chose, mais ne perçut aucun battement. Terrifié par la vue de son visage ensanglanté et sans vie, il retourna le corps sur le ventre, puis se leva, le visage clos, les bras ballants. Cédric comprenant la situation demanda :

- Elle est morte ?

Philippe hocha la tête.

Michaël semblait terrorisé.

Voulant éviter la panique, Cédric prit la parole sans attendre.

- Bon… écoutez, on va se calmer, hein… dites… On va aller s’asseoir, hein ?

- OUAIS ! FACILE A DIRE DE SE CALMER ! QU’EST CE QUE JE VAIS DEVENIR MOI ? brailla Michaël, en pleurs, les yeux fermement clos, le front plissé, la tête hochant de gauche à droite, marquant son envie de nier la réalité.

Cédric s’approcha doucement vers Michaël :

- Allez Michaël, on va s’asseoir, hein ? On va discuter, on va trouver une solution, t’es pas seul...

- ...

- Allez vient Michaël.

La tête basse, il obtempéra. Ils s’écartèrent du corps sans vie de Céline pour retourner vers le feu. Marion dormant toujours, ils se mirent un peu à l’écart d’elle et s’essayèrent.

Cédric commença :

- Heu… alors qu’est ce qu’on fait ?

Comme s’il n’écoutait pas, un regard accusateur braqué sur Michaël, Philippe demanda :

- Mais qu’est ce qui s’est passé ?

Michaël ne répondit pas, toujours à moitié en pleurs, fixant le sol devant lui.

Philippe reposa alors différemment sa question :

- Qu’est ce que tu lui as fait alors ?

- MAIS J’AI RIEN VOULU LUI FAIRE, MOI ! beugla Michaël, il avait relevé la tête, découvrant un visage rougit et déformé par les pleurs.

- OK, bon… heu… je sais pas moi… pourquoi vous n’êtes pas restés auprès du feu ?

- ... ON... ON... ON S’EST... DISPUTES...

- Encore ? Pfff… franchement tu trouves que tu t’es bien conduit avec elle ?

- MAIS ELLE EST MORTE MAINTENANT !

- Oui… elle est morte… t’a gagné mon gars… on a plus qu’à aller prévenir les flics maintenant.

- OH NOOONNN !!! OOOHHH NOOONNN !!!

- QUOI ?

- PAS LES FLIIIIIICS !

- MAIS T’ARRETES D’ETRE CON ? TU CROIS PAS QUE T’AS ASSEZ FAIT DE CONNERIES COMME CA ?

- PUTAIN MAIS QU’EST CE QUE JE VAIS DEVENIR MOI ?

- Ben ça je sais pas, continua Philippe un peu plus calme mais non moins agacé. Ils verront bien si t’y es pour quelque chose ou pas... les traces de coups, ça reste.

- MAIS JE NE LUI AI RIEN FAIT !

- Ouais c‘est ça… à d’autres... Et elle s’est fracassée la tête toute seule peut être ?

- Elle est tombée...

- Ah bon ? Pourquoi ?

- Elle voulait partir, alors j’ai essayé de la retenir, et puis là… et puis là… elle est tombée.

- Ouais… bon, on verra de toute façon.

- Non, faut pas aller le répéter.

- Oh si !

Philippe soupira, se leva en appuyant ses mains sur ses genoux, prit une profonde inspiration, puis continua :

- Bon, moi je sais pas pour vous, mais je vais aller prévenir les flics.

Michaël avait rebaissé la tête et replongé dans son mutisme.

Cédric, qui n’avait rien dit pendant tout ce temps, finit par remarquer :

- Heu, et Laurent ? On ne l’a pas retrouvé, et puis Marion ne va pas bouger...

- Oui… et je ne préférerais pas la laisser seule ici avec Michaël.

- Je reste ici si tu veux, se proposa Cédric sans hésitation.

- Oui, d’accord, restes ici, et moi je vais aller à la gendarmerie, c’est un peu loin à pied mais bon... Le temps que j’y aille, que je leur explique et qu’on revienne en voiture, il faudra bien une heure et demie.

- Ouais, ça fait du temps à poireauter ici, mais… bon, de toute façon, je ne vois pas ce qu’on peut faire d’autre, non ?

- Bon allez, je vais y aller alors… Heu… au fait… tu pourrais me filer quelques clopes pour la route ?

- Oui, pas de soucis… tiens ! Prends aussi mon briquet, je piquerai celui dans la poche de la veste à Marion.

- Merci, beaucoup.

Philippe s’alluma une des cigarettes que venait de lui donner Cédric.

- Allez, j’y vais, salut !

- A toute, alors !

- A toute.

Et il s’en alla. Cédric le regardait partir, il le matait quelques peu et se rappela qu’il n’aurait jamais sa chance avec lui. Ça l’attrista un peu, mais quand il compara cela à ce qui venait d’arriver ce soir à Céline, sa désillusion par rapport à Philippe lui sembla bien moindre en comparaison. D’ailleurs il remarqua que Philippe aussi avait mis de côté ses soucis depuis tout à l’heure.

Philippe savourait sa cigarette en s’en allant. Il aurait envie de s’asseoir et de penser à son mal de cœur avec son ex petite amie, mais il se devait de mettre de côté tout cela, la soirée avait vraiment mal tourné et ce n’était pas le moment de ne penser qu’à lui. Il se dit aussi que Michaël n’avait pas dit un mot pendant qu’il se préparait à partir. Cela l’inquiéta un peu, il faillit revenir en arrière, puis se ravisa, se disant qu’il ne fallait pas non plus tourner complètement paranoïaque.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:16

Je me retourne vers Marion qui gît toujours, inconsciente, près des cendres du feu. Elle me semble trop pâle. Inquiet, je m’avance et m’agenouille auprès d’elle. Sans la quitter du regard, je pose ma bouteille vide par terre pour ensuite lui saisir délicatement la main. Je lui demande doucement :

- Heu, Marion, tu m’entends ? hein ? dis... Marion ? hé !...

Sans réponse, je penche ma tête vers la sienne, et l’oreille proche de sa bouche, j’écoute, immobile. J’ai l’impression d’entendre un très léger bruit de respiration, mais je n’en suis même pas sûr. Gagné de plus en plus par la panique, je relève la tête et considère son corps étendu là, immobile.

Timidement, je pose une main entre ses seins et par à coups j’appuie légèrement… puis de plus en plus fort. Je m’aide des deux mains, commence à lui parler, à répéter son nom sans m’arrêter : elle ne réagit pas. Sans réfléchir, je plaque mes mains sur ses mâchoires, les écarte, colle mes lèvres contre les siennes et lui insuffle de l’air. Je me redresse, la regarde, mais elle reste horriblement immobile. Je sanglote, je ne réfléchis plus, je recommence le massage cardiaque comme je peux. Je ne sais même pas si je m’y prends bien, n’ayant vu cela qu’à la télé, mais je ne vois pas quoi faire d’autre. Puis les lèvres de nouveau collé contre les siennes, lui insufflant l’air, j’entends finalement en réponse un râle caverneux.

Je m’arrête, relève la tête, et le souffle suspendu, immobile, j’attends…

Ses yeux s’entrouvrent lentement.

Je lui reprends la main, je me sens extrêmement soulagé.

- Marion ? Marion ? Ça va ?

Elle ne me répond que par un vague râle.

- Marion ?

Encore un râle en guise de réponse. J’approche l’oreille de sa bouche pour mieux la comprendre. D’une voix chuchotante, elle reprend :

- Il ... eyé... ... de m... trrrrr... lé.

- Quoi, qu’est ce qu’il y a Marion, je ne comprends pas.

- Il... Il aaaaa… ess… rrrrmmm ess… ayé… de… rrrr… m’ét… grrmmm… étrangler.

Je relève la tête et la regarde, stupéfait.

- Qu’est ce que tu me dis là ? Michaël ? Michaël à essayer de t’étrangler ?

Je distingue des larmes naîtrent aux bords de ses yeux.

- Rrrrr… hmmmm… oui.

L’étonnement me submerge et je reste planté là, bouche bée. Tout se bouscule dans ma tête, puis subitement je comprends le danger : de suite je me demande où peut se trouver Michaël. Paniqué, je me retourne, et le vois à une dizaine de mètres de moi, s’approchant, le regard déformé par la haine...

... et brandissant une grosse pierre au dessus de sa tête.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:16

Très vite, le silence, lourd et pesant, prit la place du faible bruit des pas de Philippe qui s’éloignait. Puis, ce fut la pénombre qui acheva d’engloutir entièrement sa silhouette, si bien que le regard de Cédric se perdait maintenant dans l’obscurité de la nuit sans ne plus arriver à situer son ami.

Marion n’émergeant maintenant plus du tout, il se retrouvait ainsi quasiment seul avec Michaël... Et progressivement le trouble l’envahissait, il n’osait même pas se tourner vers lui, juste par crainte de subir son regard.

Michaël lui faisait finalement peut-être peur.

Dans son esprit, tout se mélangeait : La soirée bien démarrée, Philippe qui avait repoussé ses avances, la mort de Céline… les disputes entre elle et Michaël... Michaël avec sa manière intolérable de réagir face aux choix des études de son amie et les crises de larmes qui sont alors survenues...

- Mais je ne lui ai rien fait !

Cédric sursauta. La voix de Michaël perça le silence. L’effet de surprise passé, essayant de contenir son affolement, il se tourna lentement vers lui : Michaël n’avait pas bougé, toujours assis, il le regardait maintenant avec un air de chien battu. Devant l’insistance du regard de celui-ci, Cédric se sentit obligé de répondre :

- Heu… ben… je sais pas moi… je...

- Tu penses aussi que je l’ai tuée, hein ?

- Mais… hum… ben j’en sais rien en fait… je...

- Ben tu vois, tu sais pas...

- Ben… elle est morte...

- Oui, mais qu’est ce qui vous dit que je lui ai fait quelque chose, hein ?

- Ben j’en sais rien...

- J’ai voulu la retenir, je l’ai à peine touchée qu’elle est tombée...

- Oui… je sais… mais...

- Et il va m’arriver quoi maintenant ?

- Heu… mais… enfin… il fallait quand même aller prévenir la police !

- ...

- On n’allait pas la laisser ici comme ça de toute façon… non ?

Mais Michaël ne répondait plus, de nouveau refermé sur lui-même, le regard figé vers le sol. Cédric en le voyant comme ça ne savait vraiment plus quoi faire ou que penser.

Plus un bruit, les secondes s’égrainaient péniblement. Cédric fouillait dans sa tête à la recherche de quelque chose, de n’importe quoi à dire ou à faire afin de ne pas rester prisonnier plus longtemps de ce silence...

- Ca serait peut-être bien qu’on cherche Laurent, non ? Finit-il par lâcher.

Michaël réagit mollement, et leva lentement la tête. Son expression indiquant qu’il ne comprenait pas bien, Cédric continua :

- Ben oui, on ne l’a toujours pas revu depuis qu’il est parti pisser... Il faudrait peut-être le chercher, non ?

Michaël rebaissa la tête, l’air profondément pensif. Puis au bout de longues secondes de réflexion, il fixa longuement Cédric pour finalement répondre simplement :

- D’accord.

- Cool... On va le chercher par où par contre ? T’as une idée de par où il est parti ?

- Ben toi et Philippe, vous avez déjà regardé vers le haut de la plage tout à l’heure ? Donc vaudrait mieux aller vers la mer… vers le vivier par exemple.

- Hmmm... Ouais, pas bête, il est peut-être parti par là après tout, c’est vrai.

- Bon ! ben on y va alors.

Cédric se tourna vers Marion, vit qu’elle dormait toujours, allongée sur le sol... Elle pouvait très bien se passer de lui pendant un temps !

- D’accord, répondit-il alors.

Et ils se mirent en chemin...

Ils marchèrent jusqu’au vivier...

En silence...

Dans la faible clarté de la nuit...

Sans savoir que dire...

Regardant leurs pieds...

- Alors t’es homo, comme ça ?

Surpris par la soudaineté de la question, Cédric hésita un peu avant de répondre.

- Heu… ben… oui...

- Et t’es avec quelqu’un ?

- Non, à vrai dire ici je n’ai rencontré personne… Mais je suis vraiment plein d’espoir par rapport à Paris. Dans deux mois, je vivrais là-bas, et je vais alors enfin pouvoir vivre ma vie.

- Ben dis donc... Enfin c’est marrant, je ne me le serais pas imaginé… tu vois...

Cédric se sentait plus détendu, il s’adossa contre la paroi du vivier

- Que je suis homo ? Ben… comment dire… c’est pas marqué dessus !

- Hmmm… hmmm... Et… ça fait longtemps que t’es comme... enfin j’veux dire… que tu le sais ?

- Boh… deux ans environs... Mais tu sais, je m’en suis rendu compte progressivement.

- Ah ouais.

Cédric tranquillement s’alluma une cigarette, ça lui faisait du bien de pouvoir un peu parler de lui, de ce qu’il était vraiment.

- Oui, ben disons que je ne me suis pas levé un matin en me disant « tiens, ah ben je suis homo », je me suis rendu compte de mon attirance petit à petit.

- Ah ouais... Michaël avait l’air pensif. Et… t’as envie de te faire prendre ou de prendre alors ?

La question choqua quelque peu Cédric.

- Ben, heu… je sais pas… heu, il n’y a pas que ça tu sais, loin de là.

- Ouais, mais t’aimes ça hein ?

- Heu, non… heu...

- Arrête de déconner sale pédé ! Si t’es pédé, c’est parce que t’aime te faire enc...

Cédric sentit la fureur monter en lui.

- EH OH ! TA GUEULE MICHA...

- ET POURQUOI JE LA FERMERAIS DEVANT UNE SALOPERIE DE PEDALE !

Là le coup partit tout seul : Cédric, hors de lui, le frappa violemment au ventre. Michaël se plia en deux sous la douleur, il grogna, puis d’un coup se redressa en hurlant et se projeta sur Cédric qui se retrouva ainsi aplati contre le mur du vivier. Sans lui laisser le temps de réagir, Michaël lui plaqua son avant bras au cou, l’étouffant à moitié.

- Alors, saleté de pédale de merde, on fait moins le malin ! lui cracha-t-il dans un râle, essoufflé.

Pour toute réponse Cédric lui envoya un magistral coup de genoux dans les parties. Michaël se plia en deux de nouveau, et sans lui laisser le temps de se remettre, Cédric le prit par le bras et le plaqua face au mur, le collant joue contre la paroi du vivier. Cette fois-ci ce fut Cédric qui prit la parole :

- Espèce de connard, tu me dégoûtes...

- Va te faire foutre, espèce...

Cédric n’était plus que colère et rage, sentant Michaël se débattre, il ne le laissa pas finir sa phrase qu’il le maintint encore plus fort et, de rage, de sa main libre, lui racla le visage contre la surface rugueuse du vivier.

Michaël hurla, la joue déchirée par la rugosité de la paroi.

Et là Michaël répliqua finalement en envoyant un puissant coup de coude qui frappa Cédric au plexus et lui bloqua la respiration.

Sous la surprise, Cédric lâcha prise, cherchant désespérément une bouffée d’air qui ne venait plus.

Il vit Michaël se retourner, le prendre par les épaules, et le projeter tête contre le mur. Un bref éclair de douleur envahit alors son crâne, juste avant qu’il ne perde connaissance.

Michaël le saisit ensuite par les cheveux et lui fracassa encore deux ou trois fois la tête contre le mur. Il sentait le sang commencer à couler sur ses mains, dégoûté il lâcha le corps de Cédric qui s’écroula au sol. Quant à lui, sa joue gauche le brûlait horriblement, il avait atrocement mal, et cela alimentait encore sa colère. Il aurait voulu tout casser, tout démolir pour qu’on arrête de l’emmerder... Et puis il y avait les flics qu’était parti chercher Philippe...

Il se leva alors d’un bond. Saisit le corps de Cédric sous les bras et le monta péniblement sur le toit du vivier en passant par le petit escalier en béton. Il déposa le corps inanimé de Cédric sur les barreaux de la grille qui recouvrait la moitié du toit. Il s’agenouilla près de lui, et nerveusement lui enleva sa ceinture… lui saisit un poignet, le plaqua férocement sur un des barreaux, enroula la ceinture autour, tira de toutes ces forces et boucla le fermoir. Il enleva ensuite sa propre ceinture, et fit de même sur l’autre poignet de Cédric. Celui-ci était toujours inconscient, la tête ensanglantée, les bras en croix maintenus aux poignets par les ceintures démesurément serrées.

- Bordel ! toi, saloperie, tu ne vas pas bouger d’ici ! cracha Michaël au corps toujours inconscient de Cédric.

Puis il se leva, et regardant vers le haut de la plage, reprit :

- Et toi aussi je ne vais pas te laisser aller retrouver les flics, tu me feras pas ça connard, je vais te rattraper avant.

Et sans attendre, il descendit l’escalier et se précipita dans les rochers, trébuchant de nombreuses fois, gêné par le manque de lumière de la nuit.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:17

Paniqué, je me redresse d’un coup. Je pense à fuir, mais je me retiens tout de suite, prenant peur pour ce qu’il pourrait faire à Marion. Il continue de s’approcher, impassible. Dans l’espoir insensé de le raisonner, je lui crie :

- MAIS ARRETE ! QU’EST CE QUE TU VEUX FAIRE A LA FIN !

- CONNARD ! TU AS TUE MA COPINE !

- ET C’EST POUR CA QUE TU AS ESSAYE D’ETRANGLER MARION ?

Il s’arrête, l’air surpris par ce que je viens de dire. Me sentant un peu plus sûr de moi, j’ajoute, plus calmement :

- Depuis tout à l’heure, tu essaies de m’embrouiller, Michaël. Qu’est ce que tu cherches à faire à la fin ?

- JE N’AI PAS FAIT EXPRES ! me rétorque-t-il les larmes aux yeux.

Je veux essayer de le raisonner. Je suis angoissé, je sais que je n’ai pas intérêt à sortir un truc de travers. D’une voix douce, je réponds :

- Mais alors arrête tout ça. On va parler, d’accord ? Mais calme-toi, s’il te plait.

Il baisse les bras, portant sa pierre au niveau du ventre, et il explose en sanglot. Impassible, j’attends sans bouger qu’il me réponde.

- Mais… mais comment je vais faire maintenant ?

Je ne sais trop quoi répondre à sa question, je reste debout, incrédule, sans bouger. Finalement il reprend :

- Hein ? Dis-moi ! Qu’est ce que je fais maintenant ?

Poussé par son insistance, je finis par répondre :

- Heu, on va aller chercher de l’aide, et...

- AH NON ! ILS VONT M’EMPRISONNER !

- Mais tu n’as pas fait exprès… il ne va rien...

- MAIS POUR LES AUTRES ?

- QUOI LES AUTRES ? je répète, incrédule, terrifié par ce qu’il me semble comprendre.

- MAIS LES AUTRES ? QU’EST CE QU’ILS VONT DIRE MAINTENANT POUR LES AUTRES ? me cria-t-il totalement excédé, la voix extrêmement chevrotante, pleurant à flot.

- Ils sont où Cédric et Philippe ? Je demande alors, déconcerté.

- ...

- Michaël, réponds-moi s’il te plait.

- ...

- Mais tu es fou Michaël, ne me dis pas que...

Mais je m’interromps : Comme si mes mots avaient déclenché un électrochoc dans sa tête, il se rue de nouveau vers moi, poussant un cri, brandissant de nouveau sa pierre.

Sans réfléchir plus longtemps, ne pensant qu’à défendre Marion, je fonce sur lui.

Il lance sa pierre.

Je la reçois en plein ventre.

Une vague de douleur envahit mon abdomen, et je me courbe… puis m’écroule.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:17

Michaël, arrivé sur le sable, courut au plus vite qu’il pouvait, il grognait sous l’effort, il savait qu’il allait devoir galoper longtemps s’il voulait le rattraper... et encore s’il arrivait à temps.

Il trébucha sur les premiers galets en haut de la plage, continua sa course péniblement dans tous ces cailloux, et parvenu à l’orée du chemin qui menait à la route, il s’arrêta net : Philippe se tenait devant lui, visiblement aussi surpris que lui de se retrouver face à face.

- Mais qu’est ce que tu fais là ? demanda tout de suite Michaël d’un ton glacial.

- Ben, vous n’entendez pas le boucan que vous foutez ? J’étais arrivé à la route quand je vous ai entendu gueuler au loin... il fallait y aller quand même pour que je vous entende d’en haut ! Enfin bon, du coup je n’ai pas trop hésité et je suis redescendu voir ce qu’il se passait.

Michaël l’écoutait à peine, tout ce qui comptait à ses yeux était qu’il soit resté là.

- Mais alors tu n’es pas allé chercher les flics ?

- Ben non !

- Alors n’y va pas, on va se débrouiller, mais n’y va pas, d’accord ?

Il avait demandé cela d’un air si tendu que Philippe prit un peu peur de répondre par la négative et de l’énerver davantage. Michaël se tenait devant lui, tout essoufflé, et le fixait, les poings serrés... D’ailleurs dans l’obscurité, Philippe put voir que sa joue droite était toute sombre, en y regardant un peu mieux, il s’aperçut qu’elle était bougrement écorchée.

- Heu… mais qu’est ce que tu as à la joue, dis ? ne put-il alors s’empêcher de demander.

Michaël ne répondit pas, il s’appuya d’abord la main sur sa joue pour la retirer immédiatement, l’air dégoûté.

- Heu, je suis tombé dans les rochers, répondit-il en bredouillant.

Philippe voyait bien qu’il mentait, mais il n’osait pas trop répondre par peur de sa réaction.

- Heu… ah… d’accord... Mais, dis, ils sont où, Marion et Cédric ?

- Ils sont restés auprès du feu.

- Bon… d’accord, très bien… donc tout va bien ici.

- Oui oui.

- Bon, ben alors je peux retourner chercher la police alors.

- NON !

- Eh, calme-toi ! S’il te plait. Ecoute, tu as l’air d’oublier que ta copine est morte ! On ne va pas laisser le corps comme ça ici !

- Ne va pas chercher les flics !

- Mais on ne va pas l’enterrer ici, ou la planquer quelque part quand même ?

- Pourquoi pas, j’ai rien f...

- Non mais t’es dingue ou quoi ? Ecoutes, moi je ne la laisserai pas là, je vais chercher les flics et un point c’est tout.

Sur ce, sans attendre de réponse Philippe fit demi-tour pour remonter le chemin.

- RESTE ICI, T’ENTENDS ! TU RESTES ICI !

Mais Philippe s’en allait s’en broncher.

Michaël arrêta de crier, saisit une rame d’une barque qui traînait près de lui. Courut jusque derrière Philippe et lui asséna un grand coup de rame sur la tête.

Philippe entendit Michaël courir jusque derrière lui. Il était encore à se demander s’il allait se retourner ou pas, qu’un grand bruit claqua à sa tempe droite, la violence du coup le déstabilisa tant qu’il se vit tomber au sol. La douleur sur tout le côté de son visage était vive et puissante. Il lui fallut quelques secondes pour se rendre compte qu’il était encore conscient. Il entendait un sifflement aiguë dans son oreille droite. Il se posa la main sur la joue : elle semblait brûlante. A moitié sonné il leva la tête vers Michaël, celui-ci se tenait debout non loin de lui et brandissait sa rame, présageant de le frapper à nouveau... Alors, paniqué, sans réfléchir, il ramassa un galet et le lança comme il le put sur Michaël.

Celui-ci s’apprêtait à frapper Philippe à nouveau quand il le vit en un éclair saisir un caillou et le lui lancer. Prit de surprise, il n’arriva pas à éviter le coup. Celui-ci le heurta sur la tempe gauche, il entendit un son sourd, comme un « cloc », profond et puissant. La douleur s’enfonça dans son crâne, la tête lui tournait. Cela lui tournait tellement qui ne tint plus debout et posa genoux au sol. Il plaqua la main à sa tempe… et la retira poisseuse de sang. Il trouva d’abord drôle l’idée d’avoir les deux côtés de son visage ensanglantés, puis toutes ses idées se mélangèrent, il se sentait défaillir. En regardant devant lui, il aperçut Philippe qui, toujours allongé, s’appuyait sur les coudes afin de se relever. Terrifié une nouvelle fois par l’idée qu’il prévienne la police, prit à nouveau dans un élan de panique, Michaël se redressa sur ses jambes, saisit la rame à deux mains, et comme on enfonce une fourche dans le foin, planta la tranche de la rame dans le cou de Philippe. Il entendit vaguement un craquement semblable à celui provoqué quand on croque dans un brocoli, puis observa son ami chercher désespérément sa respiration, la bouche grande ouverte, émettant le bruit roque d’une respiration impossible : Philippe avait la trachée complètement écrasée, et mourrait étouffé.

Michaël ne fit rien pour sauver son ami, il commençait d’ailleurs à ne plus bien y voir, tout était trouble, les sons se mêlaient entre eux, la tête lui tournait affreusement. Il réussit malgré tout à tirer une des nombreuses petites barques de pécheur qui étaient posées sur les galets, et la retourna péniblement sur le corps maintenant sans vie de Philippe.

Le corps ainsi dissimulé, une seule chose comptait maintenant pour Michaël : Retourner au vivier pour en finir aussi avec Cédric… de toute façon, maintenant il n’avait plus le choix.

Il avançait péniblement, titubant, zigzagant, la douleur à la tempe devenait atroce, il sentit une chaleur sur son épaule… et se rendit compte que le sang coulait sur son t-shirt. Tout tournait autour de lui, il ne savait plus très bien par où était le vivier, il tourna sur lui-même pour le rechercher, l’aperçu vaguement, il ne voyait plus grand-chose... Il se sentit d’un coup très fatigué, et ne put s’empêcher de se laisser tomber... Il s’écroula sur le sable et ne bougea plus.

Cédric, quant à lui, se réveilla quelques minutes plus tard. Son crâne, mais surtout ses poignets lui faisaient atrocement mal, il se rendit compte qu’il était attaché. Il se mit à appeler au secours, à crier du plus fort qu’il pouvait. Il gémissait, il ne savait plus quoi faire, la douleur était atroce, et il avait peur de la mer qui allait monter : s’il restait attaché sur le toit du vivier, il allait mourir noyé. Il cria alors pendant bien deux bonnes heures, mais n’eut aucune réponse. D’épuisement, il finit par perdre connaissance. Ce ne fut qu’au matin que la mer qui commençait à baigner son corps le réveilla en sursaut : Elle avait bien monté, et la surface de l’eau ne se trouvait maintenant plus qu’à quelques centimètres de sa bouche.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:18

Je suis à genoux, une main appuyée au sol et l’autre sur mon ventre. J’ai mal et j’arrive à peine à respirer, j’ai l’impression d’étouffer et j’ai peur que cela n’empire. Ma tête me tourne, je garde mes yeux fermés, crispés sous la douleur. C’est un vacarme de pensées dans ma tête, Michaël me fait peur et je voudrais me défendre, mais je suis à genoux devant lui, encore sous le coup de la pierre qu’il a jetée sur moi…

Je suis d’autant plus surpris de l’entendre subitement s’excuser.

Je fais alors l’effort de relever la tête vers lui : il se tient accroupi devant moi et me regarde, l’air à la fois paniqué et désolé. Il me demande en balbutiant « ça va, hein dis ? ça va ? ». J’ai envie de lui répondre que ça va, oui : que je me retrouve avec un pote complètement taré qui me tabasse à coup de cailloux, alors oui ça va, bien sûr !

Je suis toujours plongé dans mes pensées, à ne savoir trop quoi lui répondre, à chercher mes mots pour éviter de le « froisser », éviter qu’il pète les plombs et veuille me massacrer pour de bon. C’est alors que j’entends vaguement une voix s’élever au loin, une espèce de cri rauque d’une voix jeune mais comme déchirée. Je me crispe en la reconnaissant : c’est celle de Cédric, et ses cris proviennent du vivier… il est d’ailleurs immergé par la marée montante depuis déjà quelque temps.

Sans réfléchir plus longtemps, oubliant Michaël, oubliant la douleur, je me relève et m’élance vers le vivier. Je n’entends plus que les cris éraillés et désespérés de Cédric. En regardant un peu mieux, je vois quelque chose dépasser légèrement de la surface de l’eau, là où devrait se tenir le vivier. Je ne peux m’arrêter d’essayer de discerner ce qu’il y a au-dessus du vivier, je cours maladroitement dans les rochers, et je trébuche plusieurs fois. Je suis presque arrivé à l’eau quand je me retrouve plaqué au sol par Michaël qui vient de me sauter dessus par derrière.

Michaël souffle comme un bœuf, il me serre horriblement fort aux épaules. Je me débats, j’essaie de bouger, je ne regarde qu’au-dessus du vivier, il me semble voir juste un bout de tête émerger de l’eau... J’entends toujours ces cris désespérés, il hurle de plus en plus, ce qui était au début des « au secours » se sont transformés en cris saturés de panique et de désespoir.

Michaël me grogne de ne pas y aller, qu’il faut le laisser crever... Je ne l’écoute pas, et pour toute réponse je crie à l’intention de Cédric que je vais venir le chercher. Michaël me plaque alors la tête contre le rocher, et me hurle de la boucler. Désespéré, je gesticule et j’essaie de le basculer sur le côté. Je lui dis d’aller se faire foutre, d’aller se faire soigner. C’est là qu’il se met à me prendre par les cheveux et à me fracasser la tête contre le rocher. Je suis fou de rage, chaque coup est une explosion de douleur, mais aussi une explosion de haine envers lui... J’entends Cédric qui hurle encore plus fort, je gesticule encore plus, je me cambre de toutes mes forces, mais je n’arrive pas à le faire basculer de mon dos. Je ne compte plus le nombre de fois où il me cogne la tête contre la roche, j’ai du sang dans les yeux, et le rocher en est d'ailleurs maculé. Je pleure de rage, Cédric est en train de se noyer et Michaël est en train de me massacrer. De désespoir, je me mets à crier, à hurler que je vais le tuer, mes mots sont à peine intelligibles, ma voix me fait peur, mais je crie quand même.

Je vois Marion entrer dans l’eau, et nager vers le vivier.

J’entends Michaël crier « merde elle va y aller la conne ! ».

Je sens qu’il me serre encore plus fort les cheveux...

...Et il me balance la tête de toutes ses forces contre le rocher, et je perds connaissance.



Quand je reprends vaguement conscience, je ne sais pas combien de temps s’est écoulé, mais je comprends vite en regardant devant moi que je suis resté évanoui que quelques secondes : Marion vient d’arriver sur le vivier, je la vois debout, de l’eau jusqu’au haut de ses chevilles. Michaël nage vite et n’est qu’à une cinquantaine de mètres d’elle.

Comme un fou, je me relève... Mon visage doit être en charpie car je ne sens plus la douleur, j’ai même cette impression qu’il est en plastique : Comme quand la nuit je me réveille avec la main totalement insensible parce que j’ai dormi dessus et que le sang n’y circulait plus. J’ai du mal à garder les yeux ouverts et la tête me tourne, alors, pour ne pas tomber, j’avance sur les rochers en m’aidant des mains, comme le ferait un singe... J’arrive à l’eau, et me laisse tomber dedans, je me sens épuisé par l’effort, mais déjà Michaël est presque à la hauteur de Marion, et j’ai peur de ce qu’il peut lui faire... Péniblement je commence à agiter les bras : Je soulève le droit, le plonge, puis lève le gauche… et commence à crawler mollement. J’ai encore mes habits sur moi et mon corps me semble si lourd que j’ai du mal à garder la tête hors de l’eau, et je bois la tasse sans arrêt... C’est alors que je vois Michaël se mettre debout : Il est arrivé sur le toit du vivier : il prend alors Marion par la taille et la jette sur le côté. Puis sans s’intéresser plus longtemps à elle, il commence à envoyer des coups de pieds dans l’eau... Il me faut un petit temps de réflexion avant de comprendre qu’il est en train de tabasser Cédric. Complètement ahuri par tant d’acharnement, j’avance de plus belle dans l’eau, je ne crie pas, je veux le surprendre, je ne veux pas qu’il s’attende à me voir... Je veux le prendre par surprise, je veux le cogner, je veux qu’il souffre... je voudrais le massacrer.

Je pense à Cédric sous ses coups, il n’arrête pas de hurler, et j’en ai les larmes aux yeux. Marion remonte sur le toit, Michaël se précipite alors vers elle et la frappe à coups de poings avant de la balancer à nouveau dans la mer. J’avance encore plus vite, par chance Michaël n’a pas l’air de me voir. Je passe en brasse pour faire moins de bruits, je ne suis plus qu’à quelques mètres derrière lui. Les hurlements de Cédric sont forts et couvrent le bruit que je produis.

Je me mets debout sur le toit, et sans réfléchir plus longtemps je saute sur le dos de Michaël. Je ne veux pas lui laisser une seule chance de pouvoir se retourner contre moi, alors je m’arroche sur son dos de toutes mes forces… et je plante mes dents dans son épaule et je serre mes mâchoires du plus fort qu’il me soit possible. Michaël hurle et se débat, mais je ne lâche pas, je ne veux pas lâcher. Je vois à ses pieds la tête de Cédric qui émerge encore un peu de la surface de l’eau, il hurle aussi, et je voudrais le détacher, mais je ne lâcherai pas prise sur Michaël.

Je commence aussi à le frapper aux côtes, j’aimerais toutes les lui casser, j’aimerais qu’il souffre, j’aimerais l’attacher et le frapper à coups de pieds comme il vient de le faire à Cédric. J’aimerais lui briser bras et jambes à coup de cailloux, je veux qu’il meure... et je grogne, je hurle de rage sans desserrer les dents de son épaule. Je vois Marion regrimper sur le vivier, elle semble sonnée, mais en me voyant, elle se précipite vers Cédric et continue d’essayer de le détacher. Libéré de ce problème, je me déchaîne encore plus sur Michaël, je me sens comme un animal, je tiens toujours bon, et son sang à depuis longtemps envahit ma bouche. Il hurle comme un débile, mais de toute façon, c’est ce qu’il est... je veux le tuer, je veux qu’il crève.



Il est complètement paniqué, il a peur, je le sens, et je le frappe encore plus, parce que ça me fait du bien de le voir perdre pieds comme ça. Je le tabasse, et j’enfonce davantage mes dents dans sa chair... Finalement il cherche à fuir et je sens la viande de ce salaud se rompre au bout de mes dents… et comme un con je reste la bouche pleine de son épaule et lui qui s’enfuit sans demander son reste. Je ne veux pas qu’il s’enfuît, je veux qu’il paie, je suis ivre de fureur. Je plonge dans l’eau et nage comme un dératé : il a de l’avance et nage vite, mais je le rattrape petit à petit. Je hurle que je vais le tuer, je ne réfléchis plus, je veux le massacrer. Il arrive au bord de l’eau et court vers le sable, j’y arrive aussi, et je cours plus vite que lui : Je me jette sur lui et atterri sur son dos. Il tombe au sol sans un cri : Il pleure faiblement, et moi je suis content, je l’ai eu et je vais lui faire payer.

Je le retourne sur le dos, et tout en le gardant plaqué au sol, je le regarde trembler. Il me fixe et me semble complètement terrorisé en me voyant. Il faut dire que je ne dois pas être bien beau à voir, vu qu’il m’a fracassé le crâne sur les rochers un très... trop grand nombre de fois... J’ai envie de lui faire pareil, mais sur le sable ça ne devrait pas trop bien marcher, alors accroupit sur lui, je commence à rouer son visage de coups de poings. Il pleure comme un gosse, et ça me remplit de joie de le voir aussi faible, aussi ridicule, aussi implorant.

Je lui crie « CONNARD ! DIS MOI OU EST PHILIPPE, T’ENTENDS ? DIS MOI OU IL EST ! ». Alors complètement en larmes, il m’implore d’arrêter de le frapper, ce que je finis par faire. Il reprend un petit peu son calme, et finit par répondre « sous la barque là-bas ». Il pointe du doigt une barque couchée à l’envers sur les galets, à côté du chemin qui monte vers la route.

Un grand vide m’envahit, je comprends qu’il ne plaisante pas et que s’il me dit qu’il est sous la barque, c’est que c’est sûrement vrai... Je me sens si mal que je ne sais plus quoi faire… je me dis qu’il faut que j’aille vérifier. Marion et Cédric entrent alors dans mon champ de vision : ils sont tous les deux trempées et reviennent du vivier. Cédric est donc vivant et ça me rassure, il pleure abondement ce qui me semble compréhensible. Et puis j’aperçois ses mains, elles sont complètement nécrosées, devenues toutes noires, et je me dis que s’il pleure ce ne doit pas être que de souffrance psychologique. Je me retourne alors vers Michaël, il commence à m’implorer de ne pas le frapper, mais je ne lui laisse pas le temps de finir sa phrase et je lui assène un coup de toutes mes forces.

J’arrive à me calmer un peu, et me lève. Il semble complètement sonné et moi j’ai finalement mal aux mains de l’avoir autant frappé. Je le pointe du doigt, et crie à l’adresse de Marion et Cédric de le surveiller, et que s’il bouge, je reviens et je le tue... Ils acquiescent de la tête sans bouger, ils ont l’air mal à l’aise, peut être à cause de moi, mais je m’en fiche. Je marche jusqu’à la barque, arrivé là, je la soulève lentement, et un grand vide m’envahit : Je mets à jour le cadavre de Philippe qui gît là. Il est déjà tout blanc, et cela fait ressortir cette monstrueuse marque violacée à son cou. Je n’ai pas besoin de m’approcher plus de lui pour comprendre qu’il ne bougera plus jamais, et je repose doucement la barque comme elle était.

Et je me retourne vers Michaël.

Ni lui, ni Cédric ou Marion n’ont bougé, d’ailleurs ces deux-là me regardent l’air effrayé, comme s’ils avaient maintenant peur aussi de moi. D’un pas lent je m’avance vers Michaël. En me voyant arriver, il se met à genoux devant moi, il pleure comme un gosse... Je le frappe une fois, sa tête part violemment sur le côté puis revient mollement. Il continue de pleurer et ça m’énerve, ce n’est qu’un salopard de psychopathe, alors je le frappe encore et encore.

Cédric et Marion ne bougent pas, ils me regardent l’air médusé. Je me rends compte que je dois avoir l’air encore plus fou que celui que je tabasse, et dans un mince éclair de lucidité, je m’entends hurler à Michaël « CASSE-TOI DE LA, CONNARD ! BARRE TOI DE LA OU JE TE TUE ! TU COMPRENDS ? SI TU RESTE LA, JE TE TUE ! ».

Autant dire qu’il n’a pas attendu pour détaler de là à toutes jambes.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 13:18

Je suis resté alors sans rien dire ni bouger pendant un bon moment : je pense que j’attendais que Michaël soit loin pour être sûr que je n’aille pas le poursuivre. J’ai alors fait signe à Marion et Cédric de me suivre, et je me suis dirigé vers la barque, et je l’ai soulevé… pour leur montrer. Ils étaient aussi accablés que moi en voyant Philippe qui gisait là-dessous.

Ce fut un été difficile que nous avons passé. Les gendarmes ont arrêté Michaël, et il est aujourd’hui emprisonné, mais nous étions tous les trois marqués par cette nuit-là. Cédric et moi avons passé plusieurs semaines à l’hôpital : J’ai subit de nombreuses opérations de chirurgie esthétique pour « rattraper les dégâts » sur mon visage, et Cédric a eu beaucoup de soins pour ses mains : Le sang circulait de nouveau dedans, mais les médecins avaient peur que la gangrène s’y soit installée. Ils l’ont assommé d‘antibiotiques et il s’en est finalement tiré sans qu’on ait eu besoin de l’amputer. Et moi j‘ai à peu près récupéré mon visage même si j’en garde malgré tout quelques marques encore visibles.

Pour passer notre bac, Marion et moi sommes restés encore un an ici, avant de pouvoir partir de ce coin perdu, à jamais remplit pour nous du souvenir de cette nuit. Nous nous sommes rapprochés elle et moi, nous avions besoin d’en parler, de pouvoir laisser échapper le traumatisme de cette soirée avec quelqu’un qui pouvait comprendre.

Cédric, lui, est parti étudier sur Paris, et vit aujourd’hui comme un poisson dans l’eau : Il a trouvé des gens qui lui correspondent et est heureux… Une fois quand je l’ai revu, on parlait encore de cette fameuse nuit et de son agression à cause de son choix de sexualité, et là il m’a dit une phrase qui m’a beaucoup marqué : Il m’a dit qu’il n’avait pas choisi sa sexualité, qu’on ne la choisissait pas, et que la seule chose qu’on choisissait, c’était de l’assumer et de vivre avec... il n’a probablement pas tort.

Quant à moi, j’ai eu le temps de me calmer. Disons que maintenant je suis conscient qu’en moi sommeille quelque chose... une brute... un furieux... je ne sais pas… disons, une espèce d’animal féroce prêt à tout bousiller ! Mais parallèlement aussi, je pense que chacun de nous garde cette part animale au fond de lui... Etre Humain ? Oh ! un bien grand mot... disons plutôt un singe avec des clefs de voiture !
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Ven 8 Juil 2005 - 13:39

alors !!!! pas mal hein !!!! j'espere que tous mes potes auront leur bac ^^
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Mer 17 Aoû 2005 - 23:10

bon FCD a quand la suivante ?

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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Mer 17 Aoû 2005 - 23:12

allez, dans 15 petites minutes.....
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Mer 17 Aoû 2005 - 23:14

même pas !!!!!!









Le gouffre du sommeil



Dormir…

… Maintenant cette idée la terrifiait.

Malgré la douce chaleur de la couette qui l’invitait au sommeil, elle n’arrivait pas à dormir, elle savait trop ce qui l’y attendait :

Il y avait ce rêve.

Cet effroyable rêve, enfermée dans cette boîte sans lumière et trop petite pour la laisser bouger.

Ce cauchemar, emprisonnée dans ce cercueil, qui finissait toujours par voler en éclats…

… et puis cette horrible sensation de chute qui s’en suivait toujours.



Quand elle avait eu ce rêve pour la première fois, elle s’était réveillée, terrifiée, tellement marquée qu’il lui fallut bien une bonne heure avant de pouvoir se rendormir. Puis la nuit suivante, et encore celle d’après… toutes les nuits, ce rêve revenait, hantait son sommeil… et pendant le jour, ne lui laissait plus que la crainte de la prochaine nuit.

Elle avait bien essayé d’en parler à ses amis, même à ses parents, mais elle n’avait trouvé aucune oreille attentive à ses problèmes. Alors entre moquerie et inattention, elle finit par se renfermer petit à petit sur elle-même.



Deux semaines s’étaient écoulées depuis. Il était maintenant une heure du matin… et malgré la peur, elle avait fini par se laisser aller : elle dormait.



Elle ouvrit les yeux sur le néant, aucune forme ne se détachait dans cette obscurité totale. Elle se retrouvait une énième fois enfermée, debout dans cette boîte tellement étroite qu’elle ne pouvait pas même relever les bras.

Surtout il fallait qu’elle reste calme : les premières fois, elle avait complètement paniqué, mais cela n’avait rendu l’expérience que plus dure.

Le manque d’air se faisait maintenant sentir, mais elle se tenait tranquille, elle savait qu’il ne fallait pas lutter, elle attendait, immobile, telle une momie dans son sarcophage, que celui-ci daigne s’ouvrir.



Et encore une fois ce grand fracas assourdissant qui venait de toutes parts, et les parois de ce cercueil qu’elle sentit propulsées loin d’elle.

Son corps s’en trouvait ainsi libre…

… libre d’être emporté vers cette chute vertigineuse…



Elle avait déjà désespérément essayé d’éviter cette effroyable chute en s’accrochant aux parois avant que tout ne se disloque. Mais elle n’arrivait à s’agripper d’aucune façon à leur surface lisse… et à chaque fois elle tombait, et instantanément l’horrible sensation de vide et de chute la tirait du sommeil.

Mais maintenant, elle voulait que tout cela s’arrête.

Elle voulait percer le secret de ce cauchemar obsédant et récurant.

Cette fois-ci, elle ferait tout pour savoir ce qui l’attendait au bout du rêve… après la chute.



Le silence était absolu, même pas le bruit du vent autour d’elle, d’ailleurs elle ne sentait pas d’air contre elle… Elle ne ressentait que ce vertige, cette affreuse sensation de chute qui la terrifiait et lui retournait l’estomac. Elle paniquait, mais résistait, elle gardait ses yeux vigoureusement fermés et cherchait péniblement à se calmer. Elle se sentait de plus en plus envahie par la nausée, le vertige et la peur.

Puis un son lui perça les tympans : aigu et strident, une espèce de grincement ininterrompu. Elle se tint les oreilles à deux mains, elle essaya de crier, mais sûrement couvert par ce bruit atroce, elle n’entendit rien sortir de sa bouche. Le bruit augmentait, devenait complètement insupportable, elle allait devenir folle si cela continuait. Et subitement, l’insoutenable crissement s’interrompit… le silence revint.

Puis progressivement, le calme s’installa à nouveau en elle, peu à peu la sensation de chute se dissipa, et lentement tout son corps lui sembla plus reposé, plus détendu, lui donnant finalement l’impression d’être enveloppé dans du coton. Elle se sentait plus calme, presque somnolente, comme à demi endormie, comme si tout s’éloignait petit à petit…

… Elle se réveilla, allongée dans son lit.



La lumière était allumée, sa mère, agenouillée à ses côtés, la regardait tendrement, son doux visage éclairé par la chaude lueur de la lampe de chevet. Elle se sentait en sécurité, calme et reposée. Elle voulu alors dire à sa mère qu’elle était contente de la voir, de la sentir près d’elle après cette expérience terrible… Mais elle n’arrivait pas : ses lèvres ne bougeaient pas ! Elle essaya plusieurs fois, mais elles restaient inexorablement figées. Paniquée, elle tenta de bouger la tête, mais sans résultats. Puis, horrifiée, elle essaya de bouger un bras ou une jambe, pourtant son corps resta invariablement immobile. A part ses yeux, elle demeurait complètement figée, et c’est quand elle les tourna à nouveau vers sa mère que sa terreur fut totale : Elle se décomposait devant elle, sa peau n’était plus qu’une croûte grise qui tombait en lambeaux, laissant apparaître la chair rougeâtre et suintante. D’ailleurs, des centaines de petits vers commencèrent à sortir de toutes ses plaies et rampaient maintenant partout sur son corps. Ses lèvres finirent par pendre, se détachèrent progressivement, et finalement tombèrent, laissant ses mâchoires à nu. Son sourire n’était plus, il avait fait place à deux rangées de dents pourries. Puis les paupières suivirent, et tombèrent à leur tour…



Elle avait envie de hurler, de pleurer, mais elle ne pouvait rien faire, impuissante, figée dans ce lit, avec le spectacle de ce qui restait de sa mère se décomposant devant elle. Son effroi atteignit des sommets : Ce qui n’était plus qu’un cadavre décomposé se penchait vers elle, et tendait lentement une main vers son visage ! Elle essaya de se débattre, mais toujours figée, elle ne put qu’assister, impuissante, à cette main qui vint lui caresser doucement la joue : Elle était humide et glacée, et sa joue devint de plus en plus froide, puis se fut tout son visage qui s’engourdit. Très vite, elle sentit tout son corps se geler… un immense froid l’envahit, la mordit, la dévora. Et petit à petit elle se sentit partir, s’éloigner de tout cela. Elle percevait de moins en moins le froid… tout s’assombrissait, tout disparaissait...



Le lendemain, les parents la trouvèrent morte dans son lit : étouffée pendant la nuit : L’analyse révéla qu’elle souffrait d’apnée du sommeil.

Le réveil causé par la sensation de chute lors de ses cauchemars l’avait empêché de succomber à l’étouffement... Sauf cette nuit où elle avait cherché à savoir ce qui pouvait se cacher derrière cet abîme, au-delà de ce gouffre dans lequel elle tombait chaque nuit.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Mer 17 Aoû 2005 - 23:21

Numéro privé



Stéphanie ferma la porte d’entrée et remit ses clefs dans sa poche. Elle se retourna et observa quelques instants le couloir vide devant elle : Ils n’étaient pas rentrés. Ses parents avaient voulu passer le samedi soir « entre eux » à l’extérieur, et l’avaient prévenu qu’ils rentreraient tard. Elle en déduit qu’ils ne devraient pas revenir de si tôt : Il n’était que vingt-deux heures trente.

Stéphanie regardait avec regret cette maison vide, elle s’était imaginé que sa soirée durerait un peu longtemps : Le cinéma avec Cédric c’était bien… mais elle aurait voulu passer plus de temps avec lui. Elle l’avait rencontré deux semaines auparavant lors de la fête qu’elle avait organisée pour ses dix-sept ans : Il lui avait bien tapé dans l’œil, et visiblement cela était réciproque… même si ce soir il n’avait pas insisté pour rester un peu plus avec elle.



Ne sachant trop quoi faire, elle monta clopin-clopant l’escalier : De toute façon j’en passerai d’autres soirées avec lui… la prochaine fois je lui demanderai d’aller boire un verre… rrahhh ! c’est dommage, pour une fois que je n’avais pas les parents sur le dos !

Arrivée dans sa chambre, elle repoussa la porte de la main, pendant qu’elle se refermait, elle envoya sa veste sur le dossier de sa chaise, et se laissa tomber sur son lit, allongée sur le dos. Le claquement de porte fit alors place au silence : Elle regardait le plafond, occupée à se remémorer la soirée, à se demander ce qu’elle ferait demain, à penser à ses prochains rendez-vous avec Cédric ou ses copines... sûrement qu’on l’appellerait demain pour passer le dimanche après midi à quelque chose de mieux que de rester enfermé à la maison… Au fait, on l’avait appelée ce soir ? Elle s’assit sur son lit, saisit le bas de son blouson, fouilla dans une des poches et en sortit son téléphone portable.



Ah oui ! il est éteint. Je l’avais coupé au début de la séance de cinéma… j’ai oublié de le rallumer tout à l’heure. Bah ! c’est pas important, de toute façon personne n’a dû m’appeler ce soir… elles doivent être toutes à s’amuser... elles… et moi qui suis là toute seule... pfff... Ah, si ! J’ai eu des messages sur mon répondeur… hein ? huit ? Ben ça fait beaucoup quand même ! On cherche sûrement à m’appeler depuis tout à l’heure… hé, peut-être que je ne vais pas croupir ici ce soir finalement ! Fébrile à l’idée d’aller retrouver ce soir ses amies, elle appela sans attendre sa boîte vocale.



« Veuillez composer votre code secret puis tapez dièse.

...

Vous avez... HUIT… nouveaux messages »

Elle avait donc bien eu huit messages, au moins là elle en était sûre, mais qui donc aurait bien pu l’appeler huit fois ce soir ?

« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEURES… VINGT CINQ… MINUTES…

- Quoi ! » s’étonna Stéphanie, stupéfaite. Elle regarda sans attendre sa montre pour s’assurer qu’elle ne se trompait pas sur l’heure : Il était vingt-deux heures trente-quatre.

Bon dieu, huit appels en neuf minutes ! C’est insensé, pourquoi on chercherait autant à me joindre… à moins que… j’espère qu’il n’est rien arrivé de grave… Ce serait terrible si…

Elle fut interrompue dans sa réflexion par le message qui commençait.



Au début elle se demanda si son téléphone fonctionnait correctement, mais il marchait puisqu’elle venait d’entendre distinctement la voix de la boîte vocale. Le son était étrange, comme un froissement de linge au vent suivit d’un bruit sourd, le son se répétait, régulier… comme le bruit d’une machine à laver, comme un tourne disque arrivé à la fin du quarante cinq tour. Le son paraissait si froid, si répétitif « schrrr frrr chrrr BOUM… schrrr frrr chrrr BOUM… schrrr frrr chrrr BOUM ». Pendant les premières secondes, elle ne trouvait pas de quel son il pouvait s’agir, puis le bruit d’une voiture lui fit comprendre qu’on l’appelait de la rue. Du même coup tout lui parut évident : On l’appelait par erreur ! Le portable devait être dans la poche, le clavier n’était pas verrouillé, et l’appui des touches avait finit par appeler un numéro du répertoire du téléphone… et c’était tombé sur elle.

Amusée, elle se prit à écouter le message : toujours ce bruit mécanique, répétitif, le son des voitures, et aussi celui du vent : C’est vrai qu’il ne faisait pas très beau en ce soir d’octobre, et en sortant du cinéma le vent commençait déjà à souffler. Le son en était ici assez angoissant, comme une longue plainte fantomatique, un « oooooouuuuuuuhhhhhhh » qui lui rappelait les soirs de grand vent pendant lesquels ce dernier émettait sa complainte par le foyer de la cheminée du salon.



« Fin du message »

Le brusque retour à la voix de la boîte vocale la surprit. Le message s’était coupé d’un coup, sûrement dû à un nouvel appui accidentel sur la touche d’appel. Ce ne fut pas la brutalité du passage qui la surpris, mais plutôt le fait d’entendre cette voix féminine, calme et posée, qui contrastait tellement avec le bruit mécanique de la marche, mêlé à celui des voitures, et du souffle du vent sur le micro du téléphone. Elle ne s’en était pas rendu compte lors de l’écoute du message, mais ce son était au fond assez sinistre.

« Tapez 2 pour effacer, 3 pour réécouter.

...

Effacer ».



« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEURES… VINGT SEPT… MINUTES… »

Le message était quasi identique au premier : Toujours ce bruit, répétitif, monotone, qui devenait pour elle un peu angoissant, plus pesant que précédemment.

Et puis il va y en avoir encore six comme ça ?... Eh bien... Super ! Mais de qui ça provient ? Qui c’est qui m’appèle à la fin ? Voulant passer au prochain message pour que la boîte vocale lui fournisse le numéro de l’appelant, et ayant assez entendu ce bruit, elle coupa le message sans attendre.



« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEURES… VINGT HUIT… MINUTES… »

Mais la boîte ne donnait pas de numéro, elle aurait dû formuler normalement un « message provenant du ... ». Elle se rappela que sur les deux premier messages on ne lui avait pas signalé le numéro. Elle en déduit que l’appelant avait sûrement choisi que son numéro soit masqué aux personnes qu’il appelait : Sur le portable de Stéphanie le message « numéro privé » s’affichait quand une personne ayant cette option lui téléphonait. Elle fouilla dans sa mémoire pour trouver qui elle connaissait dans ce cas-là. A peine elle avait commencé à réfléchir que le message débutait, et le son lancinant reprenait. Un peu plus à chaque fois, il intensifiait en elle un certain malaise.

Le son répétitif s’arrêta. Le hululement du vent prenait plus d’importance en l’absence du bruit assommant produit par la marche, elle entendait toujours les voitures passer. La personne était toujours dans la rue et venait de s’arrêter, elle n’entendait plus rien d’autre que le vent et les voitures. Que fait-il ? Ou bien que fait-elle ? pensait Stéphanie. Il est peut être en train de regarder quelque chose ? de s’arrêter pour allumer une cigarette ? ou alors juste pour prendre un peu le temps de flâner ? Tout cela la rendait de plus en plus curieuse… en même temps elle ne se sentait pas très bien, gênée d’entendre une autre personne à son insu, et aussi tout simplement parce que le bruit de la marche à travers le micro du téléphone dans la poche était sinistre !

Puis le désagréable son de marche reprit et commençait franchement à l’apeurer : « schrrr frrr chrrr BOUM… schrrr frrr chrrr BOUM… ». Elle continuait d’écouter le message, le bruit des voitures semblait diminuer : Est ce qu’il rentrait dans un lotissement ? est ce qu’il allait dans une plus petite rue ? Finalement tracassée par ce côté « voyeur malgré elle », elle coupa le message et passa au suivant.



« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEURES… TRENTE… MINUTES… »

Le message était toujours le même : toujours ce bruit répétitif et morne. Mais elle n’entendait plus le bruit des voitures, la personne devait sûrement s’être engagée dans une petite rue. Agacée par le son, elle coupa le message.

« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEUR...

BIP BIP... BIP BIP»

Surprise par le son elle mis le téléphone face à elle : Comme le signal sonore l’avait indiqué, elle venait de recevoir un message... La personne continuait à l’appeler par erreur.



Elle remit le téléphone à son oreille, et fut surprise d’entendre assez distinctement le miaulement d’un chat. Elle n’entendait toujours aucun bruit de voiture, juste le bruit et le vent. Puis, le son se transforma quelque peu, elle percevait comme un écho, la personne était peut-être dans une cour, ou dans une petite ruelle étriquée. Le bruit répétitif se fit de plus en plus lent, puis s’arrêta, c’est alors qu’à sa grande surprise elle entendit des gémissements. Ces derniers étaient plutôt faibles, mais elle en était sûre, elle entendait quelqu’un gémir au loin, c’était une voix féminine, mais elle avait du mal à l’entendre. Encore plus que les pas, ces gémissements la mettaient mal à l’aise.

Le bruit de la marche reprit, mais lentement. Le volume des gémissements augmentait : Il ou elle s’approche d’elle… est ce qu’elle est malade ? pourquoi elle gémit comme ça ? peut-être il ou elle est de sa famille ? Stéphanie s’embrouillait dans toutes ces interrogations… Elle avait peur, de plus en plus peur de ce qu’elle entendait, mais tout cela l’hypnotisait, elle voulait suffisamment savoir ce qui allait se passer pour ne pas raccrocher.



« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEURES… TRENTE ET UNE… MINUTES… »

Le vent soufflait toujours, les pas avaient cessé, les gémissements continuaient, ils étaient très forts maintenant : Stéphanie en déduit qu’il ou elle devait se tenir devant la femme. Etait-ce sa mère ? peut-être que oui… ou peut être que non, elle ne savait plus très bien. Elle se sentait fébrile et à la fois mal à l’aise d’écouter tout cela à leur insu.

Elle fut vraiment inquiète quand les gémissements firent place à des pleurs : Elle entendait distinctement la femme pleurer, à l’oreille elle aurait dit que la femme devait être assez âgée, dans la cinquantaine peut être. Mais pourquoi se mettait elle à pleurer ? Stéphanie serrait le téléphone à son oreille en tremblant : son bras, son corps frémissait, elle se sentait mal… elle avait peur de ce quelle entendait : Le son du vent, les pleurs, et auparavant le son des pas l’avait fait plonger petit à petit du trouble vers l’effroi. Mais elle ne voulait pas raccrocher, elle voulait savoir, elle voulait entendre la suite.



« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEURES… TRENTE TROIS… MINUTES… »

Les pleurs redoublaient, elle avait de plus en plus de mal à continuer d’entendre cela. Brusquement un bruit effréné de frottements se fit entendre avec force, ils furent très vite accompagnés de bruits secs et sourds. Ce fut surtout les cris de la femme qui terrorisèrent Stéphanie. Elle hurlait, elle souffrait… le bruit sourd qu’elle entendait maintenant, elle le compris vite, était assurément le bruit des coups qu’il ou elle infligeait à la vieille femme.

Stéphanie était pétrifiée par ce quelle écoutait et ce qu’elle pouvait en conclure. Elle restait assise sur son lit, ne sachant que faire, tout se mélangeait dans sa tête, tout cela était tellement inconcevable : Elle était en train d’entendre, avec une poignée de minutes de retard, quelqu’un battre furieusement une vieille femme. Complètement paniquée, elle coupa le message.



« Aujourd’hui à VINGT DEUX… HEURES… TRENTE QUATRE… MINUTES… »

Ca n’en finira jamais ! se disait elle en entendant l’annonce du prochain message. Elle faillit éteindre son téléphone, mais elle ne le fit pas… peut-être pouvait-elle en apprendre plus ? peut-être qu’elle pourrait intervenir ? … elle ne pouvait se résoudre à raccrocher, elle ne le pouvait pas… elle ne le voulait pas.

Rien que le début du message la pétrifia de nouveau : les frottements bruissaient toujours autant, les cris de la femme avaient fait place à des gémissements, le son des coups continuait à retentir… Elle entendait l’agresseur émettre de petits geignements, sûrement dus à l’effort monstrueux et infâme qu’il déployait : C’était la voix d’un homme… mais elle entendait encore mal le son. Ce fut progressivement que le sombre nuage de la terreur envahi Stéphanie à mesure que les bruits de la femme s’estompaient, et que les geignements de l’agresseur faisaient place à des mugissements de plus en plus forts… Progressivement elle reconnut avec effroi la voix de Cédric. Elle se rappela avoir eu des appels de lui : son numéro ne s’affichait pas sur son téléphone. Elle s’en souvenait bien car elle s’était dit qu’elle ne pourrait pas savoir quand il l’appellerai avant de décrocher. Son petit ami était donc assurément en train de battre une femme quelque part, peut-être qu’il la battait à mort… il la battait à mort : On entendait plus la voix de la femme, plus que les beuglements de Cédric et le bruit de ses coups sur le corps de la femme. Terrifiée, Stéphanie raccrocha, elle ne voulait plus entendre tous ces messages, tout cela était trop horrible, trop abominable, tout cela n’était pas possible, elle avait dû mal comprendre.



La sonnerie de son téléphone, pourtant guillerette, la terrifia quand elle se déclencha. Elle était plongée dans ses tourments, ne sachant ni que penser ni que faire. La sonnerie de son téléphone lui fit l’effet d’une décharge électrique à travers le corps. Lentement elle ramena son portable devant ses yeux, sur l’écran, elle n’en était pas surprise, était indiqué « numéro privé ». Elle attendit une sonnerie, puis deux, elle était épouvantée. Puis presque impulsivement elle appuya sur la touche pour décrocher et colla promptement le téléphone à son oreille : Elle n’entendait plus de coups, elle entendait juste un bruit régulier de frottement, c’était tout… Stéphanie pleurait, elle imaginait la pauvre femme à moitié morte, Cédric la traînant par les pieds… Cette image dans sa tête lui était insoutenable, surtout accompagnée de ce sinistre son de frottement.

Soudain, un grand choc se fit entendre, le volume en était si fort qu’il lui fit mal à l’oreille, et ajouté à l’effet de surprise, elle en décolla quelque temps l’appareil. Quand elle le rapprocha de nouveau, le seul son qu’elle entendit était celui du vent, bien plus fort que précédemment.

Subitement elle entendit comme un grondement sourd mêlé de fracas. Puis d’un coup, elle entendit très distinctement de la voix de Cédric :

« Stéphanie ? ».

Prise par surprise, elle ne put réprimer un petit cri d’étonnement.

« Putain Stéphanie ? Bon Dieu, qu’est ce que tu fais en ligne, merde ! MERDE ! MER ».

Complètement abasourdie et terrorisée elle raccrocha aussitôt et éteignit son téléphone.



Il m’a entendu crier ! mon dieu, il sait que j’ai entendu… A l’aide, pitié ! Qu’est ce que je peux faire ? Il va peut-être venir ici me chercher… me tuer ! Je ne peux pas rester ici, je dois m’en aller tout de suite, peut-être était-il tout près de la maison ? Oh putain, c’est horrible, je… je dois aller à la police… je dois partir d’ici… il faut que je prévienne la police !

Sur ce, Stéphanie bondit de sur son lit, et se précipita à toute allure hors de la maison. Elle courrait vers le commissariat de la ville, qui n’était qu’à cinq minutes de sa maison.



Mais elle n’arriva jamais au commissariat.

On l’enterra une semaine plus tard, deux jours après avoir retrouvé son corps, ainsi que ceux de trois mendiantes que Cédric avait battus à mort.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Mer 17 Aoû 2005 - 23:30

Dangereux Cinéphile



« Salle deux : Premier étage à droite de l’escalator.

- Merci. »

Ouf ! Ca y est ! C’était interminable cette file d’attente !



Excellent ! La salle deux ! Une grande salle… hmm, ça promet une bonne projection tout ça ! Hé hé, le week-end commence bien… après cette semaine de merde ça ne va pas me faire de mal !



Alors, alors, alors… ? parfait ! La salle n’est pas encore trop pleine... Ben j’ai bien fait de venir un peu en avance.



Bon, ça va me faire du bien une petite séance de ciné, ça va me détendre du taf... Purée ! ... et lundi ça va reprendre... Oh la laaa… pas hâte... Bon en même temps ça n’est pas toutes les semaines comme ça au boulot… heureusement… Mais bon lundi ça repart, et vu comment j’ai été cette semai… BON ! allez... JE M’EN FOUS ! Purée, faut que j’arrive à penser à autre chose ! Bon alors après le ciné je vais me faire une petite ballade tout seul, loin de la foule, tout au calme… Et puis demain j’appelle Stéphane pour qu’on aille passer le samedi soir dans les bars… ouais… pas mal… pas mal du tout !



Ah ça y est ! en voilà un qui se met à côté de moi… pfff ça va être la bataille pour les accoudoirs… ils sont cons quand même dans les cinés, pour peu qu’on ai quelqu’un d’assis à côté on a plus qu’un demi accoudoir pour poser son bras... mouarf !

Eh bé, j’ai bien fait de venir tôt moi, ça se rempli : il commence à y avoir du monde sur les premiers rangs, ça c’est signe que la salle commence à être bien pleine... Sinon les gens, ils ne vont pas trop devant d’habitude... Ah et derrière ?… hmmm… ouais il y a du monde aussi... Bon et puis ce qui serait sympa quand même, c’est qu’ils arrêtent un peu tous de jacter quand ça va commencer, on se croirait dans un hall de gare là.

Bon ben tiens ! me voilà cerné… en v’la un qui se pose de l’autre côté maintenant… bon ça me fera un demi accoudoir de chaque côté, au moins ce sera équilibré !



Aaah ! les lumières s’éteignent un peu... C’est parti… pour les bandes-annonces… Bon au moins ça n’est pas complètement inintéressant...

...

...

Ouais… j’ai l’impression qu’il y en a quand même pas mal qui s’en foutent des bandes-annonces… et ça piaille, et ça piaille… enfin bon, allez je vais pas me plaindre, ça jacte déjà moins que tout à l’heure. J’espère que ça ne va pas être le souk même pendant le film... purée... ah non ! pas ça ! j’ai déjà eu ma dose cette semaine... Enfin bon allez, on se calme, ça ne sert à rien de s’énerver : Ce soir je suis tout seul, je me fais une petite soirée tranquillou… alors je ne vais pas commencer à m’énerver pour un rien.

Bon allez ! maintenant les pubs... Pfff ! En plus assis là comme ça, on risque pas d’y échapper... Quand même on paye déjà cher pour voir un film et ils trouvent le moyen de nous passer des pubs… quand même...

Ah ça y est, ça va commencer ! Les méchantes pubs sont finies… aaah, toutes les lumières s’éteignent…. et ?... Ouf ! les gens se taisent... Allez... C’est parti pour deux heures...




... ... ....



« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

Purée c’est pas vrai.

« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

Putain !... un bouffeur de pop-corn juste derrière... oh la laaa...

...

...

Bon on l’entend plus… tant mieux...

...

...

Mouais… enfin c’est bizarre quand même qu’il ai déjà fini ses saletés de pop-corn.


...

« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

Tiens j’ai vu juste… putain qu’est ce que je vais foutre !

...

« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

Bordel de merde ! Bon…. Je change de place ?... mouais… moyen… il y a plus que les places sur le côté… et puis je vais devoir emmerder tous les gens assis à ma rangée pour bouger... oh la laaa... c’te prise de choux... bon allez, je bouge pas… je vais bien réussir à oublier son boucan.

...

« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

Rrrrrr… ça me gave !

...

« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

Allez… je l’oublie ! je pense au film et c’est tout.

...

« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

De toute façon je ne peux pas aller lui dire d’arrêter de bouffer sa cochonnerie...

Bon allez, je n’ai qu’à me laisser glisser dans le film… je finirai bien par ne plus y faire attention.




... ... ....



« Florent ?

- hmm hmm.

- Qu’est ce qu’on fait après le film ?

- Heu, je sais pas trop... On pourrait aller boire un petit verre, non ?

- Hein ?

- Aller boi... heu... aller boire un petit verre, il y a un bar pas mal que je connais et c’est pas loin d’ici.

- Ouais pourquoi pas… sinon on pourrait aller en boîte aussi après.

- Heu, j’sais pas trop, faut voir, j’aurais pensé qu’on ne serait pas sorti trop tard... plutôt demain soir ?

- Pfff… ouais… pourquoi on sortirait pas deux soirs de suite ? »

- Parce q... hum ! Parce que je suis crevé, voilà aussi.

- Booo… alleeezzz !

- Bah, faut que j’y réfléchisse.

- Ok ! »

Purée, et ils parlent en plus derrière... bon, ils ne vont pas continuer longtemps non plus ! Allez… calme...



... ... ....



« CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch… crounch... »

Oooh, noon, voilà que ça reprend. Purée, ça me fatigue… bon si ça continue, je leur dis de se calmer… bon d’un autre côté je ne peux pas lui dire d’arrêter de bouffer, mais bon s’il pouvait au moins ne pas se mettre à parler...

« Christelle ? T’en veux toujours pas ?

Bah si ! allez un peu alors, mais pas trop, on a déjà mangé avant quand même. »

« CROUNCH ! ... crounch... CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch... »
Pfff… et en plus maintenant ils s’y mettent à deux ! Bon je me retourne !... Allez ! je leur dis de se taire un peu... Mouais... je vais avoir l’air d’un con, ils ne sont plus vraiment en train de parler là… plutôt en train de bouffer leur saloperie... Pfff... ouais, je vais avoir l’air d’un con... Bon d’un autre côté, à deux, ils finiront plus vite leur dose de maïs brûlé… tsss...



... ...



« CROUNCH ! ... crounch... CROUNCH ! ... crounch… crounch… crounch… crounch... »

ffffooouuuuu.....

...



... ...



« Dis Flo ?

- ...

- il est nul ton film.

- Heu ! ... Ben attends, c’est commencé que depuis un quart d’heure.

- Ben le premier quart d’heure je le trouve déjà naze.

- Ouais… c’est vrai, c’est pas génial pour l’instant.

- ...

- Mais bon sur la bande-annonce ça avait l’air vraiment bien.

- Ouais ben finalement il vaut mieux ne pas... »

« Vous pourriez faire moins de bruit s’il vous plait ?! »

...

Bien entendu, ils ne vont pas aller s’excuser tiens ! C’est sûr, c’est plus facile de ne rien répondre... Pfff... couple à la con !... Bon, au moins j’ai craché le morceau, j’espère qu’ils ont compris... purée, je vais peut-être pouvoir avoir un peu la paix à la fin !



... ...



Bon ben, ça a dû marcher finalement, je les entends plus... Il y a peut-être moyen que les gens arrêtent de me faire chier cinq minutes finalement !



... ...



« crounch… crounch… crounch... »

Putain ! ils remettent ça... Pfff ! ... bon, ils font moins de bruits aussi, ça les à calmés quand même un peu. Je ne vais pas non plus les persécuter...

« crounch… crounch… crounch... »

...

Ouais… mais en attendant je ne profite même pas du film... Bon dieu ! mais il n’y a pas moyen d’avoir la paix ? Oh, allez, on respire, on regarde le film... et on oublie ces deux cons !



...crounch... ...crounch ... ...crounch...

... crounch... ...Crounch... ...crounch ...

...crounch... ...crounch... ...crounch ... ...CROUNCH !

Putain, mais c’est pas vrai ! Ils ont inventé le pop-corn pour emmerder les gens au ciné ou quoi !

Je profite même plus du film... Je me demande si je ne reviendrais pas le voir finalement. Je n’aurais qu’à venir le dimanche matin… les cons dorment à cette heure-là normalement...


« Pfff Flo ! Il est vraiment chiant ce film !

- Ouais, c’est vrai qu’il est bof bof... Du pop-corn ?

- Ouais ! »

« crounch… crounch… crounch... »

...

« crounch… crounch… crounch... »

« Sinon, elle va comment Christine depuis sa rupture ?

- Bah, un peu mieux, je crois qu’elle a... »

« S’IL ! VOUS ! PLAIT ! TAISEZ-VOUS ! »

Saloperie de couple de merde ! Deuxième fois qu’il faut que je leur dise de se taire ! ... Putain ! je parie qu’ils vont faire comme tout à l’heure ! Ils vont s’arrêter dix minutes et après ils vont reprendre !... Mais c’est dingue ça quand même ! s’ils voulaient parler et grignoter, ils n’avaient qu’à aller dans un bar ! pas dans un cinéma ! ... Raaaaalaaalaaaaa, et moi qui pensais me DETENDRE ce soir, et bien à cause de ces deux cons, je suis énervé maintenant... GrrrrrrRRRRRR... P‘tain ! ce que j’aimerais pouvoir lui défoncer sa sale gueule à ce connard !



... ...



Tiens, j’ai droit à une accalmie… encore… mais ça va pas tenir c’est sûr... C’est sûr aussi que si cette fois-ci ils se remettent à parler, je ne mettrais pas de gants.




... ...



« Tiens Chris, tu vois, là je crois qu’il va tout péter : je l’ai vu dans la bande-annonce.

- Mouais...

...

- Ben ça rendait bien dans la bande-annonce.

- Bof ! moyen comme film, j’aime pas. »

RAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHH ! Une phrase de plus et je les engueule comme du poisson pourri ! J’EN AI MARRE !



... ...



Purée ! ben voilà, ils disent plus rien maintenant, pfff... je ne sais plus sur quel pied danser moi... Ooooh, j’en ai ras le cul !




... ...



« crounch… crounch… crounch... »

...

« crounch… crounch… crounch... »

Putain… il va leur en rester pendant combien de temps de leur sale truc de merde à bouffer.

« Pas très trépident comme film

- Ca ne te plaît vraiment pas, hein ?

- Bof !

- Tu veux encore du pop ? »

...

« crounch… crounch… crounch... »

...

« crounch… crounch… crounch... »

...

« Bon c’est vrai qu’il est pas génial comme film, mais bon on a vu pi... »

« VOS GUEULES DERRIERE ! »

« Heu ! Pourriez rester poli au moins ! »

Je réponds pas… je réponds pas… JE REPONDS PAS ! Sinon je vais le massacrer ce connard : « Pourriez rester poli », mais merde quoi : « POURRIEZ RESTER POLI » ! Mais il se fout de moi ou quoi, c’est QUI qui est mal poli dans l’affaire ? C’est lui et sa greluche qui dérangent tout le monde, pas moi ! Merde à la fin ! et il est en plus assez sans gêne pour aller me dire de rester poli ?!

« heu, Chris, je vais pisser un coup, je reviens.

- Dac ! »

Bon au moins j’aurais la paix cinq minutes... Mouais... de toute manière mon film est gâché... Quel con… quelle conne aussi ! ... mais bon... J’irai bien lui parler à ce gars quand même. Ca me ferait du bien… sinon je vais sortir du ciné complètement en pétard. Si je m’explique avec lui... j’aurais de toute façon raté le film, mais au moins je serais plus calme après lui avoir dit ces quatre vérités à celui-là.

...

Allez...

....

J’y vais.



... ...



Bon ! où ils sont ces toilettes ? Ah ! ici...

...

Tiens c’est lui, il est tout seul... Bon il se lave les mains… tant mieux, je peux y aller.


« Hum ! hmm, j’avais envie de vous dire deux mots.

- Hein ? heu, c’est vous qui êtes devant nous dans la salle ?

- Oui.

- Ben faut se calmer mon gars ! pourriez nous foutre la paix quand même, on vous à rien fait !

- Attendez, c’est vous qui ne me foutez pas la paix avec tout le boucan que vous faites !

- Hé ! c’est un lieu publique une salle de ciné ! Je vois pas pourquoi on aurait même pas le droit de respirer.

- Putain, mais si vous voulez parler, regardez la télé dans votre salon, mais faites pas chier les gens qui vont au ciné !

- J’fais ce que j’veux, t’as pas à me dire ce que je dois faire, t’es pas mon père. Espèce de dingo, tiens !

- Quoi dingo ? DINGO ! QUOI ?! parce que je suis énervé ?!

- Ben faudrait que t’apprenne à te calmer ouais !

- MAIS C’EST A CAUSE DE TOI ET DE TA GRELUCHE QUE JE SUIS ENERVE !

- HE ! c’est pas la peine de gueuler. T’es malade toi !

- JE NE SUIS PAS UN MALADE !

- HE, ME TOUCHE PAS !

- SALE PETIT CON, POURQUOI TU NE VEUX PAS ME FOUTRE LA PAIX ?

- HE, MAIS ARRETEZ... AAAAAHHHHHHH... AU SECOURS !!!... AU SEC...

- Raaaa, ARRETE DE TE DEBATTRE COMME CA ! ... Là tu fais moins le fier maintenant, hein ?

- BBBBBBOOOOOOUUUUUUURRRRRRGGGGLGLGLGLGLGLGLGL....

- SALE PETIT CON ! TIENS TU VA LE REBOUFFER TON POP-CORN DE MERDE !

- BBBBBBOOOOOOUUUUUUURRRRRRGGGGLGLGLGLGLGLGLGL....

- Lààààà ! vomis... gerbe tout ce que tu peux, et étouffe-toi avec !

- bourgllll... bourgllll... bourgllll... bourgllll...

- ...



... ...



... Très bien...

... Personne ne m’a trop vu sortir du ciné...

... C’est pas vrai… j’ai pas fait ça quand même...

... Il l’a cherché… c’est vrai, pourquoi on ne me fout pas la paix cinq minutes !... bordel IL N’AVAIT QU’A NE PAS ME FAIRE CHIER COMME CA, C’EST DE SA FAUTE ! PUTAIN, C’EST DE SA FAUTE ! ...

...

... Faudra que je retourne le voir ce film... demain après midi j’irai… vaudrait mieux que j’aille dans un autre ciné quand même...
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Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...
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