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 Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...

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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:43

- 11 -



Il voyait le plafond d’une église, les fresques étaient belles, il se plaisait à les admirer. Il entendait un prêtre parler : il disait du bien d’un homme disparu, qui était mort jeune, dans la pleine fleur de l’âge. Et si c‘était lui ? Il est où là d’ailleurs à regarder le plafond ? qu’est ce qu’il fait allongé là ? Comprenant la situation il se mit à hurler « JE NE SUIS PAS MORT ! vous entendez ? Je ne suis PAS MORT ! », mais tout continuait comme s’il n’avait rien dit, il essayait de bouger mais il n’arrivait pas à faire le moindre mouvement. Puis, chose atroce, il vit les membres de sa famille se pencher sur lui, pleurant à chaudes larmes. Puis quelqu’un qu’il ne connaissait pas reposa le couvercle de ce qu’il semblait donc être... son cercueil ! Il sentit qu’on le transportait, puis qu’on le reposait quelque part. Le bruit d’un petit moteur suivit de celui de petits couinements se fit entendre, il sentait la chaleur s’élever. Le bruit de flammes se faisait entendre maintenant, il entendait comme un grand feu autour de lui. Il aperçut de la lumière ! elle venait de vers le bas, elle était d’une couleur jaune oranger et... et...horreur ! le feu entrait dans le cercueil ! Ses pieds brûlaient, ses pieds brûlaient ! Il avait maintenant atrocement mal, il hurlait, il en avait même mal à la gorge, elle lui semblait maintenant si sèche ! Il n’arrivait plus à crier, sa gorge lui faisait mal, sa jambe gauche le lançait d’une douleur épouvantable, mais il n’y avait plus de lumière, tout était noir. Il était réveillé, il était toujours là dans les ténèbres, il étouffait toujours, et sa gorge lui faisait mal. Mais c’était par-dessus tout sa jambe, la gauche, qui le faisait souffrir abominablement.



- 12 -



« On y est ! Nous voici à Barelot ! On Arrive ! »

Emilie eut un petit sursaut de surprise : Elle était captivée à regarder le paysage, elle en avait oublié le temps qui passait.

« Hein ? Déjà !

- Oui ma chérie, regarde, c’est notre maison tout devant. »

Elle regardait la maison qui se dessinait en haut de la côte qu’ils étaient en train de monter. Le camion de déménagement était garé devant, et plusieurs hommes s’affairaient à porter des cartons.

« Tu à vu Corinne, ils ont presque fini de vider le camion, on arrive à temps.

- Oui ils m’avaient dit que le camion devait arriver vers midi, ça doit faire trois heures qu’ils sont là.

Arrivé au niveau de la maison. Olivier dépassa le camion, et gara la voiture quelques mètres devant.

« Allez, on y est. Terminus ! tout le monde descend ! »



- 13 -



Qu’est ce qu’il m’arrive ? Qu’est ce que c’était que cette voix ? Qu’est ce qu’elle m’a fait ! Oh ce que j’ai mal, si mal... Qu’est ce qu’il à pu me faire à la jambe, est-ce que qu’elle est vraiment mutilée au fait ? Je suis peut être en train d’imaginer tout ça ! De toute façon comment pourrais-je le vérifier... Finalement c’est pire que la douleur, je ne sais même pas dans quel état je suis.. A quoi je ressemblerai en ce moment si je pouvais me voir dans une glace ? Je me verrai peut être inanimé dans un lit d’hôpital, ou alors bien éveillé, et mutilé.... Oh ! je ne comprends plus grand chose, je ne sais même plus sûr d’être dans le coma... Allez, il faut que j’essaie de bouger, je ne vais pas rester là comme ça, sans rien faire. Si la voix revient, qu’est ce que se sera la prochaine fois ? Elle va finir de me bouffer ! Sa voix... ce quelle disait... elle était complètement folle ! Et si c’était ma tête qui générait tout cela, je suis peut être en train de perdre la raison... je suis peut être en train de devenir complètement fou ! Allez ! Je vais bien finir par arriver à bouger un p... Hé ! Je sens que mon index frémit, je sens qu’il bouge un peu ! Hihi, ça gratte ! Je sens qu’il bouge ! Argh, par contre pas mes autres doigts... mais j’ai au moins un que je sens bouger ! Je sens qu’il frotte ! On dirait du papier de verre... j’arrive à bouger un doigt !



- 14 -



« Oooh ! Olivier. On en verra jamais le bout de tous ces cartons ! En deux jours j’ai du en déballer qu’un tiers, pas plus.

- Bah ! c’est normal, ça prend toujours plus de temps pour organiser que pour désorganiser !

- Ca me fait vraiment drôle d’être dans une maison ! Ca nous change vraiment de l’appartement.

- Ne m’en parle pas ! Je suis bien content qu’on en soit parti. Au fait, tu as vu Emilie ?

- Elle à passé la matinée à ranger sa chambre. Maintenant elle est dans le jardin, à jouer.

- Faudrait peut être que je commence aussi à jouer moi, avec ma perceuse ! »

Olivier fouilla dans un petit carton qu’il avait disposé dans un coin de la cuisine, il en sorti un boite rectangulaire en plastique. Il la posa sur la table, l’ouvrit, il y jeta un coup oeil puis redressa la tête jusqu’à fixer le visage de Corinne, il pris un petit sourire amusé :

« Ca faisait longtemps que je ne l’avais pas ouverte, au moins depuis que l’on nous l’avait offerte non ?

- Héhé, heu... oui, c’est vrai qu’on ne l’avait jamais utilisé à Paris dis donc.

- Bah, ici on peut y aller, la maison est à nous, ça n’est pas comme pour l’appartement... Au fait tu as vu, j’ai disposé les meubles dans le salon, ça te va ?

- Heu... attends un peu. »

Après quelques ajustements sur la position des meubles dans le salon, Olivier invita sa femme à continuer sur sa lancée avec la décoration des murs. Il attendait donc patiemment qu’elle se décida sur la position et l’agencement des étagères murales dans la pièce. Au final comme Olivier n’avait rien contre la disposition qu’elle lui présenta, il accepta sans rechigner.

« Allez, zou, je fais les trous.

- Des petits trous, des petits trous...

- ... toujours des petits trous. »

Et sur ce, Olivier, se pencha sur le contenu de la boite de la perceuse, il ne savait pas bien quel foret utiliser. Après réflexion, il se décida, monta le tout, puis tout en fredonnant, passa dans le salon et pris les marques sur le mur. Pendant ce temps Corinne était retourné s’affairer au déballage des cartons.

Debout sur une chaise, la perceuse bien perpendiculaire au mur, le foret frôlant la surface de ce dernier, Olivier appuya doucement sur le bouton, et la perceuse se mit en marche à vitesse réduite. Même si ça ne lui paraissait pas très sorcier, il appréhendait le premier trou : c’est résistant un foret ? et s’il cassait ? je ne vais pas avoir l’air fin si je casse un foret... Encore moins si je n’arrive pas à faire ces trous !

Olivier poussa la perceuse, le foret commençait à entrer lentement dans la surface de la cloison. Il appuya sur le bouton un peu plus, le moteur accéléra, maintenant le foret entrait quasiment comme dans du beurre dans le mur. Finalement ça n’est pas sorcier ! se dit-il, rassuré.



- 15 -



Hmm... hein ? Je ne rêve pas là ?... mais... j’entends un bruit ! Qu’est ce que c’est ?... ça ronronne. Tiens ça augmente... hmm, c’est curieux, on dirait... comme si.... une perceuse ? Ca n’est pas possible, qu’est ce que ça viendrait faire là une perceuse ! Le bruit paraît en plus tellement étouffé... Pourquoi diable j’entends le bruit d’une perceuse ? ça n’est pas normal, qu’est ce que ça viendrait faire là dans mon coma... mais si je ne l’étais pas... si j’étais enfermé quelque part et qu’on serait venu me chercher ?... Après tout je ne sais pas ce que c’est, mais ça doit bien être quelque chose !.... Faut que j’arrive à me rapprocher... il faut.

Marc arrivait à bouger un peu plus que les doigts : Progressivement il avait réussi à faire bouger avant bras, puis pieds - du moins son pied droit, l’autre jambe le faisant toujours atrocement souffrir -, puis ensuite la tête, les épaules, puis le tronc tout entier. Il ne faisait que bouger que de quelques centimètres chaque partie de son corps, mais il ne doutait pas de pouvoir bouger de mieux en mieux, il ne le souhaitait pas, il le fallait.... Car la voix, et donc la chose qui l’avait fait souffrir, pourrait revenir.

Le bruit de la perceuse venait de vers le haut à gauche, il essaya de se déplacer vers cette direction, ça ne devait être qu’à quelques mètres de distance tout au plus. Mais il lui fallait une énergie folle pour ne bouger que de quelques millimètres.

Puis le bruit de la perceuse s’arrêta. Marc bouleversé de ne plus entendre aucun son, et n’arrivant à se déplacer qu’à une vitesse d’escargot, essaya de crier. Toujours aphone, il continuait néanmoins sans relâche, tout en continuant à peiner pour se déplacer, mais toujours aucun son ne sortait.

Cela faisait des heures maintenant qu’il avait passé à se traîner lamentablement et à essayer de hurler sans qu’aucun son ne sorte. Il commençait à perdre espoir et progressivement abandonnait son effort, jusqu’à ce que, lors d’une énième tentative pour émettre un son, de manière inespérée, il s’entendit émettre un très faible râle.



- 16 -



L’après midi avait été dure pour Corinne et Olivier, mais elle avait déjà rangé bon nombre d’affaires sorties des cartons, et lui, avait installé les meubles dans beaucoup de pièces, ainsi que posé les étagères. Le plus gros du travail était fait, et ils commençaient à entrevoir le bout de l’emménagement.

Fatigué de leur journée, ils avaient préparé un repas simple, et avaient pris place autour de la table de la cuisine pour manger. Emilie était assise avec eux, elle avait passé l’après midi à jouer dans le jardin et maintenant mangeait goulûment : Il y avait deux arbres sur le terrain de la maison, Corinne était plutôt réticente à laisser sa fille y grimper, mais désarmé devant son insistance, elle la laissa grimper dans les arbres « à condition qu’elle fasse attention » et « qu’ils auraient l’œil sur elle, et qu’elle ne devra pas faire d’acrobaties ». Bien entendu, ils avaient passé l’après midi à emménager, et n’avaient donc pas pu garder l’œil sur leur fille de toute l’après midi, de toute manière on ne pourrait pas la surveiller tout le temps qu’elle passera dans le jardin, se fit remarquer Corinne à elle-même.

« C’est vraiment bien ici maman !

- Content que ça te plaise ! Au fait, dans deux jours tu reprends l’école, tu n’as pas oublié, hein ?

- Non maman, et puis j’ai hâte de me faire de nouveaux copains.

- Les gens on l’air gentil par ici, je suis sûr que tu te feras vite de nouveaux amis ici. »

Corinne saisis son verre, bu une gorgée d’eau, puis le verre toujours à la main, tourna la tête vers Olivier, et s’adressa à lui.

« Prêt pour demain ?

- Pfff... bah... faut bien reprendre le boulot.

- Je m’occuperai de finir de ranger tous les cartons demain, le principal c’est que tu te sois occupé des meubles et des murs, moi je ne l’aurais pas fait.

- Tu veux que j’achète des choses au magasin demain ? En revenant du travail je pourrais sûrement faire quelques courses.

- Heu, laisse moi réfléchir... je vais te faire une liste, ce sera plus simple. »

Corinne posa son verre, alla chercher un bout de papier et un crayon sur la commode, se rassit, et commença à écrire. Olivier et Emilie, regardaient leur mère écrire la liste des courses, on entendait le crayon gratter le papier... et puis aussi comme un autre son de grattement, il ne venait pas du crayon celui là. Olivier s’en aperçu, et tendit l’oreille... il entendait bien un bruit de grattement, le son venait du salon.

« Tu entends ?

- Heu, quoi ?

- Ce bruit

- ... Ah oui ! on dirait comme un son de grattement.

- Ca vient du salon.

- Oui, je crois que tu as raison. »

Olivier se leva, avança jusqu’à l’encadrement de la porte du salon, puis s’arrêta pour mieux entendre le son.

« Ca vient bien du salon »

Sans attendre de réponse il entra, trente secondes plus tard, Corinne et Emilie le virent revenir, il semblait tracassé, cela transparaissait sur son visage.

« Rah ! c’est énervant.

- Qu’est ce que c’est Olivier ?

- Les bruits viennent du mur. Il doit y avoir des souris.

- Tu penses ?

- J’en suis pas complètement sûr, mais je ne vois pas ce que ça pourrait être d’autre.

- Il faudra que j’appelle le dératiseur demain alors.

- Oui ça serait bien.... mais bon ça m’énerve : ça fait deux jours qu’on est dans cette maison, et voici un premier problème... dès le début comme ça, c’est flippant, j’espère qu’on ne s’est pas fait avoir sur ce coup là.

- Allez, calmes toi, j’appellerai les dératiseurs demain, on verra bien ! Allez vient finir de manger. »



- 17 -



Continuer à avancer dans la direction. Continuer à essayer de crier. Marc n’avait plus que cette idée en tête, il voulait, il devait se sortir de là, le son de la perceuse était la seule chose à laquelle il pouvait se raccrocher. Bien sûr, le son avait cessé depuis des heures, mais il se devait de continuer à avancer dans la direction d’où il était provenu : Et si j’étais dans le coma, et que le bruit venait d’un bricoleur à côté de ma chambre ? Et si j’étais enfermé sous des décombres, et que le bruit venait des sauveteurs ? De supposition en supposition, Marc n’arrivait pas vraiment à s’expliquer le pourquoi de tout cela, mais il n’avait aucun repère autre que la direction du son. Ce qui l’effrayait beaucoup maintenant, était que ce son avait cessé depuis longtemps. Lui, s’était déplacé, et n’avait rien rencontré.... et peut être avait-il même dépassé l’endroit d’où provenait le bruit : Quand il l’avait entendu, il venait de vers le haut à droite, mais qu’est ce qui lui dit qu’il n’avait pas dépassé l’endroit ? Marc, en effet, se déplaçait bien mieux maintenant, sa vitesse ne devait pas dépasser les dix centimètres à l’heure, mais il progressait ! Il n’était plus figé : il pouvait se déplacer. La sensation restait néanmoins très désagréable, il aurait dit progresser dans un bloc de papier de verre, il sentait tout son corps comme écorché à chaque mouvement, mais la douleur n’était malgré tout que très légère... surtout négligeable comparée à l’atroce souffrance qui émanait de sa jambe gauche : souvent il se demandait dans quel état elle était, mais tout n’était que ténèbres et il ne pouvait le savoir, alors que c’était son propre corps, il ne pouvait même pas voir dans quel état il était ! Se sentir ainsi comme dépossédé de son corps l’accablait de frustration et de chagrin, souvent il aurait eu envie de pleurer, mais il n’y arrivait pas, ses yeux, comme sa gorge, restaient désespérément et douloureusement secs. Malgré la douleur à la gorge, de temps en temps, il s’efforçait d’émettre quelques sons, mais la douleur qu’il subissait en retour le dissuadait de le faire tout le temps. Malgré tout à chaque essai, les sons - ou plutôt l’espèce de vibration monocorde qui s’échappait de sa gorge douloureuse - se faisaient de plus en plu forts : Le premier qu’il avait émis lui était à peine audible, maintenant il s’entendait distinctement.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:44

- 18 -



Le dératiseur était passé dans la journée : Corinne, dès son réveil, avait recherché son numéro dans l’annuaire, puis appelé. Par bonheur, celui qu’elle avait contacté était disponible dès l’après midi, elle n’en espérait pas tant ! Ils avaient ainsi dû, elle et sa fille, passer deux heures au dehors pendant qu’il oeuvrait à débarrasser la maison des rongeurs. Ils en avaient profité pour aller faire les courses. A leur retour le dératiseur avait presque fini son travail, il régnait maintenant dans toute la maison une odeur désagréable due au gaz qu’il avait diffusé dans toutes les pièces. Avant de partir, il signala à Corinne que les rongeurs étaient maintenant sûrement maintenant morts, mais que s’il y en avait, il n’avait toutefois trouvé aucun cadavre de rongeur, il était encore plus surpris de ne pas avoir trouvé ne serait-ce que des crottes de souris sur le sol.

Corinne était allongée sur le canapé, sa tête reposait sur les cuisses d’Olivier : sa première journée au travail s’était bien passé, il paraissait bien content. Ils regardaient la télévision, Olivier caressait doucement les cheveux de sa femme. Il regardait vaguement le film, plutôt occupé à rêvasser à cette nouvelle vie qui lui semblait vraiment bien commencer : Loin de la ville, dans une maison bien à eux, et son travail qui lui paraissait aussi bien débuter. Ce soir il ferait l’amour avec sa femme, il n’avait pas trop envie d’attendre la fin du film pour entreprendre les premières caresses, et voir si elle aussi était partante, mais voyant Corinne concentrée sur l’écran, il préféra s’en abstenir et patienter.

« Tu as entendu »

la voix de Corinne le fit sortir de ses pensées, elle avait tourné la tête et le regardait, en attente d’une réponse.

« Heu, quoi ? ... non, rien de spécial.

- C’était comme un geignement, ça ne venait pas de la télé.

- Quoi ? »

Olivier saisit la télécommande et coupa le son. Ils ne bougeaient plus, ne faisant maintenant plus de bruit et écoutaient, scrutant le silence, en attente d’un son, au cas ou celui-ci se reproduirait...

De lourdes secondes de silences s’écoulèrent, puis il se reproduit : Il était faible, on entendait comme un « hhhhhhhiiiiiiiiiinnnnnnn » long et monotone.

« Tu l’as entendu cette fois ci Olivier ?

- heu...oui, c’est inquiétant, ça peut être quoi ? Ca ne serait pas des souris qui feraient ce bruit là quand même ?

- Hum, heu.... je n’en sais pas grand chose sur le son d’une souris qui agonise. Mais je crois qu’elles couinent... là, on dirait plutôt un gémissement.

- C’est flippant quand même... On dirait que le son vient du mur, je vais aller voir ça. »

Sur ce, Corinne se redressa, libérant ainsi les cuisses d’Olivier, qui se leva ensuite, puis lentement se dirigea vers le mur. Il le fixait, l’évaluant du regard, comme s’il cherchait à voir quelque chose, un détail, un indice qui pourrait l’aider à comprendre.

Le gémissement reprit, il dura bien sept ou huit secondes, il semblait provenir de vers le haut du mur. Olivier se sentait pétrifié, il était terrifié, Corinne elle, restait assise dans le canapé, et n’osait plus bouger. Malgré tout Olivier colla son oreille contre le mur, il écoutait attentivement, il avait peur, extrêmement peur, il souhaitait ne pas de nouveaux entendre ce bruit, et l’idée d’avoir l’oreille collée contre le mur alors que la lamentation venait de là, l’affolait complètement. Néanmoins, il arrivait encore à garder son calme. Il n’entendait plus aucun son provenir du mur. Il tapota alors sur ce dernier, comme pour frapper à une porte.

Et le résultat ne se fit pas attendre bien longtemps.



- 19 -



hein ? je n’y croyais plus... j’entends du bruit ! On dirait qu’on frappe contre une porte. Grâce au ciel, je suis peut être presque à la fin de cet enfer ! Ce sont peut être des sauveteurs venus me chercher... On doit peut être m’entendre alors ? Le son vient de vers le bas, le temps d’y aller je vais encore mettre des heures comme la dernière fois... Il faut que je me fasse entendre ! cette fois-ci je ne dois pas laisser ma chance passer. Il faut que j’arrive à émettre un son plus fort, il faut que j’y arrive ! il faut que je crie !



- 20 -



« AAAAAAAAAaaaaaahhhh !

- C’est Emilie ! Olivier, c’est Emilie qui crie ! »

Olivier, sans perdre un instant, traversa le salon puis la cuisine en courant. Corinne le suivait au pas de course. Il grimpa quatre à quatre les marches de l’escalier, bondit sur la poignée de la porte, et se rua dans la chambre leur fille : Emilie était assise dans son lit, les couvertures toujours sur les jambes, elle continuait de crier, elle fixait le mur en face d’elle. On entendait très distinctement la voix geindre dans sa chambre : le volume des geignements était ici beaucoup plus fort que dans le salon et se mêlait sinistrement au cri ininterrompu de leur fille, terrorisé et qui continuait à fixer le mur... le mur... le mur qui frémissait. Ce n’était pas très visible mais on sentait bien qu’il tremblait, et il y avait un léger dépôt de plâtre au bas de ce dernier.

Emilie réalisant finalement que son père était là, sauta du lit, et se réfugia derrière ses jambes. Ses pleurs s’arrêtèrent progressivement, pour ne devenir que des gémissements. Dès lors la complainte qui venait du mur pris horriblement le dessus sur le silence qui s’installait dans la pièce. Corinne, derrière, tenait Emilie par les épaules. Personne ne savait plus trop quoi faire, et devant ce mur qui frémissait et les geignements qui se faisaient toujours plus insistants, chacun restait tétanisé. Olivier, sans réfléchir, mis alors ses mains en porte-voix devant sa bouche :

« il y a quelqu’un ? »



- 21 -



« Il y a Quelqu’un ?» j’ai bien entendu ! oui j’ai bien entendu, j’en suis sûr : le son venait de devant moi ! Mon dieu, plus qu’un effort ! Je vais enfin sortir de cet enfer.. Il se mit ainsi à déployer toute son énergie afin d’avancer vers la voix, il devait réussir à se libérer de ces ténèbres. De toutes ces forces il essaya d’avancer. Il sentait qu’il bougeait, il allait sortir des ténèbres, la voix était juste devant lui, quelques efforts et il allait sortir, c’était certain maintenant.



- 22 -



Le mur se déforme, Il en était sûr, le mur se déformait ! Olivier regardait le plâtre s’effriter et s’accumuler toujours en une couche plus grosse sur le parquet. Il distinguait maintenant des proéminences se former à différentes hauteurs du mur. Elles apparaissaient lentement, mais il était clair que le mur se bosselait, cela était flagrant. Aucun des trois membres de la famille ne bougeait, ils restaient comme pétrifiés devant l’horrible spectacle s’offrant à leurs yeux.



- 23 -



Persévérant à avancer, Marc ressentit comme une résistance plus forte que d’accoutumée, il poussa de toute ses forces pour franchir ce dernier obstacle : sûrement la dernière avant le retour à la vie, se dit-il, mais il avait un mal de chien à avancer. Il persévéra alors encore plus : la résistance se faisait plus forte à chaque centimètre qu’il gagnait devant lui.



- 24 -



Tous restèrent tétanisés devant le spectacle surréaliste qui se déroulait devant eux : distinctement une main, un bras, puis une tête, prirent forme en lieux et place des bosses sur le mur. Une forme humaine se dessinait de plus en plus distinctement en relief sur la surface, le plâtre se fissurait et craquelait tout autour de la forme. Ils voyaient distinctement les mains bouger, elles devaient dépasser d’au moins dix centimètres du mur : on ne voyait pas trop les doigts, on aurait dit que deux gros moufles sortis du mur cherchaient à battre l’air d’un mouvement très lent.



- 25 -



Voyant qu’il n’avançait plus, pris de panique, Marc se remis à crier. Il hurla encore plus fort que précédemment : son cou lui faisait atrocement mal, il avait l’impression qu’une flamme lui brûlait la trachée, sa gorge n’était plus qu’un désert douloureux, mais il continuait à crier. Ce son plaintif et monocorde qu’il émettait avec tant de peine, vibrait et résonnait lourdement dans sa tête, il ne pensait plus à rien d’autre qu’à se faire entendre et qu’on vienne l’aider.



- 26 -



Du mur ils voyaient maintenant distinctement la bouche d’un être humain s’ouvrir : on aurait dit que le visage d’un être s’était sculpté dans le mur et s’animait dorénavant devant leurs yeux. L’intérieur de la bouche se dessinait par un creux peu profond, et le volume des dents transparaissait à travers les boursouflures sur la surface. Le nez ressortait comme une bosse proéminente au dessus de la bouche, et ne laissait ainsi aucun doute quand à l’humanité du visage qui se dessinait devant eux.

Le cri repris et fut cette fois si fort, qu’Emilie, terrifiée, se mis à crier à son tour. Entre les hurlements venants du mur, et le cri de leur fille, le bruit devenait assourdissant.

Olivier revenant subitement à la lucidité, se retourna et fixa Corinne.

« On part d’ici, vite. »

Elle acquiesça du regard, ne pensant même pas à essayer de parler, elle se sentait trop bouleversée pour dire quoique ce soit. Olivier prit Emilie dans ses bras, ils dévalèrent les escaliers à toute allure. Sortis de la maison ils coururent jusqu’à la voiture et s’enfermèrent tout de suite à l’intérieur, Emilie sur les genoux de Corinne. Olivier mis le contact aussi vite qu’il le put et parti en trombe, les pneus crissèrent sur le bitume, déchirant le silence de la nuit. Puis il accéléra très vite, et quelques secondes plus tard, la voiture disparaissait au coin de la rue.



- 27 -



Un cri, c’est un cri ! On dirait celui d’une petite fille... Eh oh, je suis là ! jute devant vous, ne me laissez pas comme ça, aidez-moi bon dieu ! Marc continua à hurler encore et encore. Il n’arrivait plus à avancer, mais gesticulait autant qu’il le pouvait contre cette barrière invisible. Il sentait l’épuisement le gagner, les minutes passèrent, il parvenait de moins en moins à crier, sa douleur à la gorge devenait tout bonnement insupportable. Il n’arrivait pratiquement plus à bouger, il était à bout de force, mais il fallait qu’il continue, il fallait qu’on le trouve et qu’on le sorte de là. Il n’avait pas rêvé, il avait entendu des voix de l’autre côté, il en était sûr ! ... Il fallut une heure environs avant que Marc, qui pendant tout ce temps n’avait cessé d’essayer de passer la barrière devant lui et qui n’avait arrêter de crier, s’évanouisse, totalement à bout de force et absolument désespéré.



- 28 -



Olivier avait directement foncé jusqu’au commissariat, la tension était alors comme palpable : l’ambiance dans la voiture était très tendue, personne ne parlait, chacun se demandant si ce qu’il avait vu était réel. Le commissariat était fermé à cette heure-ci, mais il y avait de la lumière à une fenêtre près de l’entrée. Ils frappèrent à la porte pour se faire entendre, et la standardiste fini par arriver, les voyants, elle leur ouvrit la porte, puis finalement les fit rentrer dans le hall.

Olivier et Corinne, lui racontèrent ce qu’ils avaient vu, la femme ne répondit pas grand chose, mis à part poser des questions pour trouver une explication « logique » à ce qui c’était passé. Au final, elle se décida à appeler le policier de garde pour qu’il passe voir directement sur les lieux. Olivier se proposa d’y aller pour le rejoindre à la maison, il laissa sa femme et sa fille au commissariat.

Quand Olivier arriva devant chez lui, un véhicule de police était déjà là, garé dans la rue, il y avait un agent à l’intérieur. Il s’arrêta et descendit de sa voiture, le policier en fit autant, il s’avancèrent l’un vers l’autre.

« Monsieur Fayard.

- Oui, c’est bien moi.

- Je vous attendais, je suis monsieur Tesnal.

- Enchanté.

- Alors que c’est il passé ici ? »

Olivier se sentait de nouveau gêné, aller dire qu’ils avaient vu une silhouette humaine sortir du mur n’était pas chose aisée. Il l’avait déjà bien vu avec la standardiste qui paraissait ne pas trop croire ce qu’ils racontaient. En même temps cela n’avait rien de trop surprenant... Tout cela semblait tellement surréaliste !

« Oh, je ne sais plus très bien ce que j’ai vu... j’en doute de plus en plus.

- Mais vous doutez d’avoir vu quoi ? »

Olivier pensait qu’il devait expliquer ce qui c’était passé à l’agent, ainsi il essayait d’y aller finement pour éviter qu’il ne réagisse mal.

« Oh... vous me croiriez si je vous disais qu’il y a quelqu’un d’emmuré vivant dans la maison.

- Non, je penserais que vous avez mal interprété quelque chose de normal qui serait arrivé.

- Pourtant j’ai beau réfléchir, je ne vois pas ce que ça pourrait être d’autre.

- C’est bizarre, il y a deux mois de cela, je venais de nuit à la maison où vous habitez pour trouver cette pauvre femme.

- Ah ? C’était vous qui aviez trouvé le corps en premier.

- Oui... vous êtes peut être influencé par ce qui c’est passé dans cette maison ?

- Non, je ne pense pas, on l’a tous vu : ma femme, ma file et moi.

- Soit... de toute façon, c’est plutôt avec mon supérieur qu’il faudra en parler. »

Sur ce, ils se dirigèrent vers la maison, Olivier appréhendait d’y entrer de nouveau, il fit un effort pour ne rien laisser transparaître. Arrivés silencieusement dans la chambre d’Emilie, le policier inspecta la pièce, tout en questionnant Olivier en même temps.

« C’était ici alors.

- Oui.

- Vous n’aviez pas mis un chauffage d’appoint, ou un absorbeur d’humidité à cet endroit ?

- Non... vous savez, on est parti d’ici précipitamment, on à touché à rien.

- Je vois... vous savez, à part le mur qui semble bien fissuré, je ne vois rien d’autre. Je ne préfère pas trop bouger les choses dans la pièce, ce sera mon supérieur, monsieur l’inspecteur Kerll qui le fera. En attendant, ce que je vous propose, c’est que l’on rentre au poste et que je prenne votre déposition.

- D’accord. »

Ils quittèrent alors la pièce. En sortant de la maison, le policier scotcha devant la porte un ruban « défense d’entrer » : « Comme ça au moins, d’autres ne viendront pas ici avant la venue de monsieur Kerll » dit-il en tendant le ruban entre les deux murs entourant la porte.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:45

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« Marc ?

- Hein ? Heu... Hmm...

- C’est mal tu sais.

- Mais j’ai ri...

- Tu as peur hein ?

- Oui.

- Je te fais peur ?

- Oui.

- Alors tu sais ce que je vais dire.

- Mais... je... heu... je voulais sortir de là !

- Tu n’y arriveras pas de toute façon.

- Je ne veux pas rester comme ça toute ma vie !

- Justement, si, et tu le mérites bien. Tu sais, ils sont tous parti, tu es de nouveaux seul, mais ils risquent de revenir pour fouiller, alors je t’ai mis hors de portée de leur recherches.

- Saloperie ! Tu n’es qu’u...

- S’ils t’avaient trouvé, tu en serais mort ! Ils t’auraient déchiqueté, déchiré morceau par morceaux en démolissant le mur.

- Quoi ! le mur ?

- Tu croyais vraiment toujours à ton histoire de coma ? Idiot. Tu es encore dans ta maison, tu ne comprends donc pas ?

- Comment tu as fait pour...

- Je demanderais plutôt comment toi tu as fait pour bouger, tu ne devrais pas le pouvoir, je ne comprends pas pourquoi, mais peu importe, je ne comprends peut être pas la cause, mais je peux en empêcher les conséquences.

- Quoi ! mais enfin quoi ! je ne comprends pas.

- Tu ne comprends pas ? ah ! vraiment ? Mais tu crois que je vais te laisser gueuler comme ça longtemps. Et tu t’imagines que je vais te laisser te balader où tu veux ? Vraiment ?

- Non ! Vous ne pouvez pas me mut...

- Tais-toi ! tu crois que quelqu’un va m’en empêcher ! Rah, tu m’énerves, tu es comme les autres : ah ! ç’est plus facile quand on est le plus fort, hein ? Vous n’hésitez pas à faire les pires atrocités si c’est vous qui tenez le manche de la fourche, hein ? Mais quand la situation est inversée, vous faites moins les malins !

- Mais de qui vous parlez, je n’ai rien fait de mal moi.

- Si ! celui d’exister !

- Mais tuez-moi à la fin alors !

- Arrêtes de tout vouloir tout de suite comme ça, je prends mon temps... le désir, le plaisir, n’en est que plus grand. »

Sans avoir de temps pour répondre, la souffrance l’envahi de nouveau. L’horreur s’empara de lui : la douleur provenait cette fois ci de son cou ! Il avait la sensation qu’on lui dévorait la gorge. Il entendait un bruit continu qui lui faisait penser à celui de quelqu’un croquant une bouchée de bonbons durs. Le son continuait, la douleur à son cou aussi, mais l’esprit de Marc s’enfuyait. Face à l’horreur et au dégoût des mutilations qu’il subissait, Marc s’évanouis de nouveau.



- 30 -



Au matin, Philippe, dès son arrivée au commissariat eu à peine le temps de se verser un café que déjà on le sollicitait : Il fallait qu’il passe voir une famille qui avait eu des problèmes pendant la nuit. Il s’agissait d’une certaine famille « Fayard », il ne les connaissait pas, et quand on lui dit qu’ils étaient les nouveaux propriétaires de la maison des Duvals, il s’exclama : « ah oui ! je vois de quelle maison vous voulez parler ! Mais je ne connais pas les nouveaux propriétaires... jamais vus. ».

Intrigué par la raison qui pouvait les amener ici, il s’empressa, sans trop de zèle quand même, d’aller les rejoindre : Ils n’étaient pas beaux à voir, leur fille dormait, mais le couple était toujours éveillé, et n’avait pas trop l’air d’avoir dormi de la nuit, ils semblaient autant épuisés qu’effrayés. Philippe s’isola donc avec eux à son bureau : L’histoire qu’il lui racontèrent le fit d’abord sourire intérieurement : Bon, il faut que je garde mon sérieux, ces gens ont l’air morts de peur, je ne peux pas me bidonner devant eux ! Puis la discussion continuant, il comprit qu’il ne pourrait pas ne rien faire pour eux, il fallait qu’il essaie au moins de trouver une réponse. Il demanda donc au couple de venir avec lui sur les lieux, Corinne ne le souhaitait pas et ressentait trop le besoin de dormir pour faire quoique ce soit de plus. Il partit donc avec Olivier.

Dix minutes plus tard, ils arrivaient dans la cour de la maison, Philippe arrêta la voiture.

« Bon ! vous allez me montrer tout ça alors !

- Oui, enfin vous verrez, à part le mur qui est dégradé, il n’y à pas d’autres choses à voir.

- Décidément, pas de chances autour de cette maison... deux fois qu’il y a des problèmes ici en deux mois... enfin, cette fois ci il n’y a pas eu de morts au moins.

- Mais on à eu peur tous les trois... Je n’arrive toujours pas à trouver une raison logique à tout cela vous savez. »

Sur ce, Olivier descendit de la voiture de police, Philippe en fit de même quelques secondes après, et marcha jusqu’à Olivier qui se tenait sur le perron.

« Vous savez Olivier, on est là pour ça : pour trouver les réponses.

- Hmm, Hmm... »

Olivier ne croyait pas trop que l’inspecteur puisse faire quelque chose pour lui : il n’était pas là au moment où tout cela c’était passé et il ne le croirait pas. D’un autre côté, il ne savait pas trop quoi faire d’autre... Peut être ce monsieur Kerll aura t’il une idée... on ne sait jamais après tout.

Arrivé dans la chambre, l’inspecteur examina le mur pendant au moins cinq bonnes minutes... Il ne croyait pas du tout à l’histoire d’Olivier : Les gens ne sortent pas des murs pensait-il. Néanmoins c’était son métier, il ne pouvait pas couper à chercher une explication, au moins un minimum. Est-ce qu’une canalisation passe par là ? Est ce que la pierre n’est pas pourrie à cet endroit du mur ?, à tout cela il ne pouvait pas répondre simplement, il faudrait faire un trou. Philippe se senti une bouffée de fatigue le gagner en comprenant cela, cette histoire saugrenue le désintéressait, mais il allait en plus falloir faire casser une partie du mur pour en savoir plus... Il décida d’en référer au père de famille.

« Hmm... le mur est bien effrité et fissuré de partout à cet endroit. Mais je ne pense pas qu’on puisse trouver grand chose sans creuser un peu.

- Quoi ! creuser un peu ?

- Oui : Y a t’il une canalisation derrière, un problème dans les matériaux du mur à cet endroit là, ou encore une infiltration d’eau qui aurait abîmer le mur à l’intérieur.

- Ce que j’ai vu cette nuit ne ressemblait pas à tout cela.

- Quoique vous ayez vu, c’était bien à cet endroit là du mur... Où il y a du plâtre sur le sol... c’est bien là ? »

Philippe Kerll pointait du doigt le petit tas de plâtre dispersé au bas du mur sur le parquet de la chambre..

« Oui.

- Bon, eh bien si c’est une canalisation, nous le verrons. Si c’est un homme qui est là dedans, nous le trouverons.

- Oui, c’est sûr.

- Mais par contre, la décision de le faire ou non vous appartient : je ne suis pas expert là dedans, mais derrière le mur on est dehors, il y a onc de fortes chances que le mur soit porteur, donc il y aura un risque pour la maison à y creuser. Et si on ne trouve rien, on ne pourra pas à mon avis démolir d’avantage, sauf si vous voulez que votre maison s’écroule.

- Je comprends... Bah oui, on fera le minimum alors, sinon je ne pourrais jamais me débarrasser de cette maison.

- Vous êtes déjà décidé à en partir ?

- Oui, avec Corinne - ma femme - cette nuit, on en a parlé : Elle surtout, mais moi aussi, ne voulons pas vivre une minute de plus entre ces murs. »

Philippe ne trouvait de réponse à dire, il l’invita donc à aller poursuivre les recherches dans les autres pièces la maison. Pendant que l’inspecteur examinait les différentes pièces, Olivier expliquait ce qui c’était passé et les bruits qu’ils avaient entendus depuis leur arrivée. Au bout d’une heure de recherches infructueuse, toujours sans indices valables, ils s’accordèrent pour faire venir quelqu’un pour creuser le mur dans la chambre, pour au moins avoir le cœur net sur ce qui pourrait s’y cacher derrière.



- 31 -



La douleur l’arracha de son sommeil : Marc, reprenait peu à peu conscience d’elle, de sa présence. Elle se faisait de plus en plus forte au fur et à mesure qu’il revenait à lui. Il voulait qu’elle arrête de progresser, qu’il retourne dans le néant sans douleur qu’il était en train de quitter. Mais rien n’y faisait, la douleur était déjà insupportable, il aurait pu croire qu’on lui brûlait gorge et oreilles au chalumeau tellement la douleur se faisait aiguë. Oui, il avait pu imaginer, mais il le savait, il se souvenait bien de ce qu’il subissait avant de s’évanouir, qu’il ait mal était une chose, mais pourquoi avait-il mal ? Dans quel état étaient ses oreilles ... sa gorge ?

Les minutes passèrent, la douleur, elle, continuait. Elle était insupportable, elle devait cesser. Il essaya de se débattre, de se dégager de nouveau de sa prison. Dès lors il se rendit compte qu’il ne ressentait plus toute cette pression sur son corps, elle avait disparue... Il ne se sentait pas bouger non plus : la sensation de frottement qu’il avait auparavant en se déplaçant n’existait plus. Il se risqua à crier, sa gorge se fit encore plus douloureuse, mais il n’entendit aucun son. Il ne sentait pas non plus les muscles de son corps travailler malgré les efforts qu’il faisait pour tenter de se déplacer.

Il ne sentait plus que la douleur.

Et l’absence d’autres sensations le terrifiait.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:45

- 32 -



Le mur de la chambre fut creusé, rien ne fut trouvé. Face au choix de démolir le mur encore un peu plus, ou de revendre la maison en un état acceptable, Olivier et Corinne firent le second choix. L’enquête fut suspendue faute de plus de preuves, il faut dire l’inspecteur Kerll n’était pas tellement emballé par ces histoires de forme humaine qui sortent des murs : il ne faisait pas ce métier là pour entendre ce genre d’extravagances, il le faisait pour résoudre des cas réels et concrets.

Par contre, les habitant de Barelot furent très avides de cette histoire peu commune. Le bruit se répandit donc très vite dans la ville, que ce qui se passait à la maison du 110 rue pasteur n’était pas très catholique. Déjà que les deux morts successives du fils et de la mère Duval avaient émoustillés beaucoup d’esprit, l’histoire de gens dans les murs enfonça le clou dans l’esprit des habitants qui n’étaient pas encore convaincus par l’idée que cette maison était à éviter. Ainsi l’opinion publique dans la ville devenait sans équivoque : cette maison était peut être de nouveau à vendre, mais ce serait folie que de l’acheter.

Pendant que leur maison était en vente, les trois membres de la famille Fayard dormaient à l’hôtel en attendant de pouvoir récupérer leur argent investi et de pouvoir rechercher une nouvelle maison. Malgré toutes les difficultés que la vie à l’hôtel leur imposait, à aucun moment ils ne pensèrent à retourner vivre dans la maison, pour rien au monde ils n’auraient passé une nuit de plus là bas.

Cela faisait maintenant un mois que la maison était en vente, mais aucun acheteur se présentait, l’opinion faite sur la maison était bien trop négatif, personne n’en voulait. Et du côté de Corinne et d’Olivier l’attente se faisait longue, l’espoir de la voir être vendue s’amenuisait : de leur nouvelle vie si prometteuse qui commençait, ils avaient plongé dans l’horreur puis dans le cul de sac d’une situation inextricable pour laquelle ils ne voyaient pas d’issue.



- 33 -



Pourquoi d’un côté ais-je tant mal, et d’un autre je ne ressens plus rien ? Il m’a dit qu’il m’avait mis hors de porté des recherches, peut être suis-je dans un autre endroit et c’est pour cela que je ne ressens plus rien... Ou alors peut être est-ce pire... Est ce que j’ai encore un corps ? peut être que je ne suis plus qu’une tête qu’il aurait coupée et maintenu en vie je ne sais comment ? Peut être que je suis mort ?... Ou peut être que je ne ressens plus mon corps... A quoi je ressemble maintenant ? Qu’est ce que je suis devenu ? Qu’est ce qu’il à fait de moi ? Depuis combien de temps je suis ici ? C’est vrai que je ne sais même pas si on est le jour ou la nuit. J’ai l’impression d’être là depuis une éternité, j’ai l’impression d’avoir rêvé d’avoir vu un jour la lumière du soleil... tout cela me parait si loin maintenant : C’était le dix mars 1989, ce jour maudit pendant lequel Nicolas était mort. Donc deux semaines après ce fut la nuit où l’accident avec Carole était arrivé, et depuis je suis là... On était en mars 1989... c’était la nuit du vingt cinq ou du vingt six mars ?... C’était le début du printemps... j’aimais bien voir la nature s’éveiller au printemps... Est-ce que maintenant c’est l’automne au dehors ? l’été ?... Est-ce que tout le monde m’a oublié ? Qu’est ce qu’on à dit sur ma disparition ? Est-ce qu’on est encore au printemps ? Peut être que juste un mois c’est passé ?... J’en sais rien... je n’en sais plus rien... je ne sais même plus ce que je suis... oh mon dieu...



- 34 -



Il leur restait de moins en moins d’espoir de vendre la maison. Un soir ils reçurent un appel à l’hôtel, c’était l’agent immobilier responsable de la vente. La nouvelle était assez bonne : il avait eu une proposition d’achat pour démolir la maison et y construire un petit super marché à la place : en effet l’entrepreneur allait acheté les champs avoisinants, il ne lui restait plus qu’à acquérir le terrain de la maison. La moins bonne nouvelle était qu’ils devaient brader la maison en dessous de ce qu’avait été leur prix d’achat. Mais peu leur importait, il leur fallait récupérer l’argent, même s’ils en perdaient un peu au passage. Ils acceptèrent donc l’offre, et signèrent l’acte de vente le surlendemain.

Ce fut deux semaines plus tard, pendant les premiers jours chauds et ensoleillés du mois de juillet que les bulldozers prirent la route de leur maison pour commencer les travaux.



- 35 -



- Bonjour Marc.

- Heu... quoi ?encore vous ?

- Oui, tu ne m’aime pas hein ?

- Comment le pourrais-je.

- Les bulldozers arrivent, ils sont en chemins, ils vont démolir la maison.

- Quoi ? mais je suis dedans n’est ce pas ?... Non... vous ne pouvez pas ?

- Oui, tu es dans la maison.... Et je suis d’accord, j’ai été trop cruel... je... regrette.

- Heu... Mais qu’est ce qui me dit que vous le regrettez.

- Je vais te libérer d’ici.

- Hein ? C’est vrai ?

- Oui, c’est vrai, je vais te laisser partir.

- Enfin ! je vais enfin pouvoir retrouver ma liberté !

- Oui, allez, il ne faut pas perdre de temps, j’entends les moteurs des bulldozers.

- Je ne les entends pas.

- Laisse-moi d’abord te sortir de là, tu verras tout cela après.

Marc sentit quelque chose le pousser dans son dos. Il se sentait heureux : il allait recouvrer la liberté, il n’y croyait pas, cela lui paraissait tellement merveilleux.



- 36 -



Puis il se sentit comme aspiré devant lui, d’un coup, tout ne fut plus que lumière, il était complètement aveuglé, il reçut un très gros coup à la tête, il plissa les yeux sous le choc. Il les rouvrit et peu se rendre compte que la lumière qui l’aveuglait était la lumière du jour qui passait à travers le toit en morceau : il était dans le grenier de sa maison.

Marc était allongé sur le dos, il sentit l’air s’engouffrer de nouveau dans ses poumons, mais il ne sentait pas l’air passer par sa bouche ou ses narines. Il respirait au travers du trou béant à sa gorge. Il essayait de bouger, mais rien n’y faisait, à la base de sa nuque on pouvait distinguer un amas d’os et de chair mélangés : sa moelle épinière était sectionnée au niveau des cervicales. Ainsi il ne ressentait plus rien, même la demi jambe gauche qui lui restait ne lui causait plus aucune douleur.

Il resta comme cela pendant quelques secondes avant de comprendre.

Comprendre qu’il ne pouvait bouger ou crier.

Comprendre qu’on lui avait rendu la liberté pour mieux le voir mourir.

Le godet de la pelleteuse était au-dessus de lui, il ne l’entendait pas, tout était calme, paisible : les deux trous rougeâtres et cayeux de chaque côté de sa tête ne pouvaient lui permettre d’entendre quoi que ce soit.

Le godet s’abattit sur le toit, puis sur lui.

Il ne sentit rien, aucune douleur, aucun bruit, il se sentait comme un spectateur, comme si tout cela ne lui arrivait pas puisqu’il ne sentait rien : il put juste voir un peu de sang gicler, puis quelques secondes plus tard, il ressentit de la chaleur vers sa nuque : il baignait maintenant dans son sang, le corps coupé en deux au niveau de l’abdomen, les jambes avaient été emportées vers les étages inférieurs par le godet.

Le ciel est si bleu, le soleil brille tant... ce que c’est beau... Il me réchauffe le visage... ce que c’est bon... le ciel est si beau...

Il se sentait fatigué, si fatigué, de plus en plus fatigué.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:46

Et je les mets ici sans les lires... je les découvres avec vous...
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 12:37

Vive les histoires bien gorres....
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 12:53

Désolé, mais il faut que j'arrete avec les histoires d'horreurs....
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 2 Juin 2005 - 1:26

pale pale pale pale Moi je vais dormir vachement bien cette nuit
Euh... c'est quoi ce grOooO qui vient du couloir????
Et tu pourrais pas raconter la fin de l'histoire avec le grOooO parce que je suis rester sur ma faim moi!!
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 2 Juin 2005 - 14:18

C'est trop long la fleme de lire tongue
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 2 Juin 2005 - 18:47

putain c'est quoi ce topic de *****???
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Ven 3 Juin 2005 - 19:43

c'est si vous avez envie d'avoir des frisson....
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Ven 3 Juin 2005 - 19:44

Ambassadeur L.E.D.T a écrit:
pale pale pale pale Moi je vais dormir vachement bien cette nuit
Euh... c'est quoi ce grOooO qui vient du couloir????
Et tu pourrais pas raconter la fin de l'histoire avec le grOooO parce que je suis rester sur ma faim moi!!
Désolé, mais c'est pas moi qui est écris les histoires, et ça doit se terminer comme ça pour nous laisser imaginé la suite......
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 4 Juin 2005 - 0:57

T'en aurais pas d'aure histoire que je m'éclate un peu
Euh... Ya une tête qui sort du mur c'est normale .
Qu'est ce que c'est ?? *est tiré* A l'aide je veux pas finir dans un mur HELP
Mr.Red
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 2 Juil 2005 - 23:45

keske vs racontez ici?
C koi ces histoires de noob lol
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 3 Juil 2005 - 0:26

Ben lis espèce de flemmard tu veux jamais lire un sujet mais t'es vraiment un poids :lol!: :lol!: :lol!: :lol!:
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MessageSujet: AHHA   Mer 6 Juil 2005 - 14:00

é serieux o depart jé crus que tu été serieux jé alluciné encore pire que X FILES
TROP BIEN
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Mer 6 Juil 2005 - 15:18

comme ça vous plait tant, je vais essayer dans choper d'autes......
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 1:37

ouai !!!! bounce

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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 11:50

je les met avant de les lire, alors parfois certaine sont pas top....



et une histoire pour tout nos bachelier !!!!!


Dernière édition par le Jeu 7 Juil 2005 - 11:52, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 11:51

C’est tout d’abord une espèce de sensation désagréable qui m’arrache au sommeil. Le néant se dissout lentement, et ma pensée renaît petit à petit. La sensation désagréable se précise, se mue en un faible mal au ventre qui va grandissant : Déjà, je voudrais que ça s’arrête, retourner à la douceur du sommeil. Mais la gêne se fait plus insistante encore et ne me laisse pas l’espoir de revenir en arrière. Une douleur à la tête commence aussi à se faire sentir : elle gagne progressivement tout l’avant de mon crâne et reste encore faible, mais je sais bien que bientôt elle ne me laissera pas de répit... Il me semble aussi entendre un léger bruissement de vagues pas très loin de moi : de petites vagues d’une mer qui me semble calme. Le bruit est vraiment agréable, je me laisserai bien bercer par le son, mais je me sens trop nauséeux, trop fatigué, trop meurtri pour l’apprécier... Je suis allongé, j’ai mal un peu partout, ma tête me lance encore un peu plus maintenant, et toujours ce mal au ventre qui enfle, toujours cette nausée... Je me sens impuissant face au mal qui m’envahit, et je sais pertinemment que je n’y pourrai rien. Alors, finalement résigné, péniblement, j’ouvre les paupières :

La lumière me fait mal aux yeux, ou peut être à la tête, je ne sais plus très bien. Il fait jour, il ne me semble pas apercevoir de nuages dans le ciel, mais il demeure d’un bleu cendré : ce doit être le matin. Je tourne alors la tête sur le côté, et bien que les rochers autour de moi me barrent encore la vue du soleil, je peux néanmoins admirer la voûte rougeâtre se mêler somptueusement au bleu qui la recouvre. Je me rappelle qu’on est en juin, et avec le jour qui vient de se lever l’air est encore frais. Je suis alors curieux de connaître l’heure avec plus de précision : Je sens ma montre à mon poignet, et tout en restant allongé sur le dos, je tente de lever mon bras droit vers mon visage : J’essaie de le bouger, mais il me fait mal et m’incite à stopper mon geste. Finalement, malgré la douleur, je parviens péniblement à placer mon poignet devant mon visage : Il est cinq heures et quart du matin.

Je délaisse alors ma montre pour mieux regarder mon avant bras : Celui-ci est meurtri, déjà quelques ecchymoses ont bleui ma peau. J’essaie de comprendre pourquoi, mais tout demeure embrouillé dans ma tête... ma tête qui me fait toujours aussi mal. J’aimerais que toutes ces douleurs s’arrêtent, mais plus j’ai l’impression de recouvrer mes esprits, moins bien je me sens : Hier soir j’ai trop bu, j’ai vraiment trop bu, c’est sûr. J’ai mal au dos aussi : les rochers sur lesquels je suis allongé ne doivent pas être plats, car ils me font bien mal. Et puis j’ai aussi la gorge en feu, sûrement parce que j’ai bien trop fumé hier soir.

Hier soir… hier soir… je me rappelle qu’on fêtait les résultats du bac... Enfin, eux surtout, parce que moi c’est vrai que je ne l’ai pas eu. On a bien bu, mais je ne me souviens pas de tout, enfin pas de grand-chose même. J’avais fumé, et pas seulement du tabac, et je m’étais aussi bien marré avec Marion… enfin c’était une bonne soirée ! ... Alors, pourquoi je suis encore là ? Et où sont les autres ? quelque part près d’ici ? partis sans moi ?

Je commence un peu à paniquer, je ferme les yeux, j’essaie de me calmer, mais tout se bouscule dans ma tête : je veux comprendre.

Je me décide alors à essayer de me lever et d’aller voir s’ils sont toujours là, quelque part.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 11:54

Laurent avançait dans la cour du lycée, au beau milieu du fourmillement incessant des autres élèves venus aussi voir leurs résultats. Devant lui se tenait tout un attroupement compact, duquel il en voyait beaucoup sortir à toute allure, le sourire aux lèvres, ou encore poussant de petits cris pour exprimer leur joie. Et puis il y en avait d’autres, moins nombreux, qui ressortaient de l’attroupement l’air penaud, tête basse... Il serait sûrement comme eux, tout à l’heure, quand il aurait vu ses résultats du bac sur les panneaux d’affichage : Il ne se faisait pas de faux espoirs, il n’avait presque pas travaillé pour. Il ne se faisait vraiment pas d’illusion, même si au fond de lui il espérait quand même se tromper.

- Eh Laurent ! T’as été voir tes résultats, hein ?

- Salut Cédric… ben non je viens juste d’arriver... J’y vais, là.

- Ah... Tu sais ?... non ?... Purée ! Moi, je suis content ! je l’ai eu ! Je suis...

- Super, je suis content pour toi aussi… mais faut que j’aille voir pour moi.

Cédric continuait de le fixer bêtement, un sourire béat jusqu’aux oreilles, les mains dans les poches, se dandinant d’un côté puis de l’autre, absolument noyé dans son bonheur. Laurent avait du mal à supporter cette vision, il avait coupé court au dialogue et s’engouffrait déjà au sein de la foule qui s’entassait devant les panneaux d’affichage des résultats.

Il se faufila péniblement sur la gauche, pour atteindre les premiers panneaux. Abgral, Laurent Abgral : son nom serait sans doute sur les premières feuilles. La foule était dense, les élèves étaient tous tendus et ne faisaient absolument pas attention à laisser passer les autres. En forçant un peu le passage, Laurent finit par atteindre le tableau : Il disait qu’il s’en foutait de son bac, mais là son cœur battait fort. Peinant pour garder sa place, il parcourut la liste des noms jusqu’à arriver au sien...

7,85 sur 20 de moyenne... Le chiffre s’abattit violemment sur les faibles espoirs qu’il cultivait encore. Il baissa la tête, essaya de se réconforter, de se dire que ce n’était pas si terrible que ça, que de toute façon il l’avait un peu cherché... non ? Mais ce qui le démoralisait assurément était de devoir annoncer la nouvelle tout à l’heure aux parents, ainsi qu’aux amis qui, eux, l’auront sûrement eu...

- Eh !... Heu… s’il te plait, tu peux te pousser, j’arrive pas à lire.

- Ah… Désolé.

Laurent, lentement, se tournant de côté, traversa la foule, puis mollement se dirigea vers la sortie de la cour, tête basse, l’air penaud, comme certains des élèves qu’il avait vus en arrivant.

Il remarqua un petit groupe au milieu de la cour. Il reconnut Cédric, mais celui-ci était maintenant accompagné par Philippe et aussi Marion. Une envie de partir sans même aller les voir lui traversa l’esprit : il aurait voulu être un peu seul, ou du moins ne pas avoir à affronter tout de suite ses amis. Mais après tout, rester seul n’allait rien changer à son sort, et puis il avait envie de parler un peu aussi. Alors, d’un pas un peu plus décidé, tête relevée, il rejoignit le groupe.

- Salut Philippe, Salut Marion...

- Heu... Salut.

- Hhhhmph... Salut.

Aucun des deux n’avait l’air dans leur assiette.

A la recherche du regard d’un être moins déprimé que lui, Laurent se retourna finalement vers Cédric, qui lui avait toujours l’air de se sentir heureux… c’était bien le seul des trois à se sentir bien !

- Ca ne va pas ?

- Moi si, répondit Cédric en levant les épaules en signe d’impuissance.

- Vous ne l’avez pas eu ? Demanda finalement Laurent en observant alternativement Philippe et Marion. Alors ce fut elle qui, l’air accablée et d’une voix vibrante, lui répondit :

- Heu… non… pas eu… J’ai essayé de bûcher pourtant… mais c’était trop dur, j’arrivais pas… purée… pfff… j’y crois pas que je l’ai pas.

- Tu sais moi non plus je ne l’ai pas eu, annonça-t-il à Marion en la regardant d’un air amusé, cherchant un peu à dédramatiser la situation pour lui remonter le moral.

- Oh ! Ben… on est deux alors ! c’est super, on va pouvoir déprimer ensemble comme ça...

- On est deux ? répéta Laurent. Mais alors Philippe tu...

- Il l’a eu, l’interrompit Cédric. Mais il vient de croiser Marie, elle était avec un autre gars.

Philippe leva la tête, fixa Laurent d’un regard humide, et d’une voix chevrotante, il commença :

- Elle… quand je l’ai vue… elle revenait d’être allé voir ses résultats... Elle avait l’air heureuse... Et puis un autre gars est sorti de la foule… je ne le connaissais pas, mais lui il la connaissait : Il s’est approché d’elle… et puis… il… il lui a dit quelques mots… elle aussi… et puis… et puis... Elle l’a embrassé ! Ca a duré long ! ils sont restés comme ça enlacés dans la cour un sacré moment… et puis ils sont partis... Moi, je vais pas bien depuis… tu comprends ? c’est pas tenable ! j’arrive pas à l’oublier, et puis...

- Allez calme-toi. T’y est pour rien si elle t’a quittée, et puis tu vas pas en rester là ! Tu en rencontreras une autre ! La vie contin...

- Non ! Elle continue pas ! je l’aimais !

- Mais t’as eu ton bac, non ?

- Oui, mais...

- Bon tu vas partir d’ici… tu vas à Rennes, c’est ça ? C’est bien plus grand que ce trou perdu ? Et là-bas tu rencontreras pleins de filles belles et sympas !

Les mots de réconfort de Laurent ne l’apaisaient pas, et lassé d’expliquer son chagrin à tout le monde, Philippe scruta discrètement autour de lui, l’oeil à la recherche d’une diversion afin de changer de sujet.

Indiquant alors du menton une direction, il annonça d’un air un peu moins éploré :

- Tiens, voilà Céline qui arrive avec Michaël.

Céline, toujours bien coiffée, propre sur elle, était accompagnée par Michaël, son copain depuis maintenant presque un an. Lui, présentait franchement moins bien qu’elle : il était habillé, comme à son habitude, en survêtement... Cela contrastait quelque peu avec la jupe et le beau chemisier que portait Céline. Elle faisait partie de leur groupe d’amis quand elle avait rencontré Michaël, ils n’avaient donc pas fait d’histoires pour intégrer son copain à leur groupe.

Cédric demanda en premier :

- Alors, vous l’avez eu ?

- Oui, répondit Céline avec un grand sourire.

- Tout juste pour moi, ajouta Michaël, mais bon je l’ai.

Céline, voyant que tout n’allait pas pour le mieux, demanda :

- Vous, ça ne va pas ?

- Moi je l’ai eu aussi, répondit sans attendre Cédric. Philippe aussi, mais il est triste parce qu’il a croisé Marie, son ex, avec un autre.

- Ah, heu… je comprends… je suis sincèrement désolé pour toi Philippe.

- Pour moi et Marion, renchérit Laurent sans attendre, eh bien, on ne l’a pas eu.

- Ah bon, même pas de repêche ?

- Non… même pas, répondit timidement Marion en relevant un peu la tête.

- Tout ça est bien triste, conclu Céline.

Tout le groupe resta ainsi quelques secondes, gênés, sans mot dire, avant que Michaël ne brise la glace :

- Je sais pas moi… qu’est ce qu’on fait maintenant ?

S’adressant aux trois corps amorphes devant lui, Cédric demanda :

- Vous, vous n’aurez peut-être pas trop envie de faire la fête non ?

Tous trois se regardèrent alors, Marion se mit soudait à rire :

- Ca nous ferait peut-être du bien de noyer notre chagrin dans l’alcool, non ?

- Heu… pfff… au point où j’en suis, pourquoi pas ! Répondit Philippe.

- Je sais pas trop moi...

- Allez, Laurent tu vas pas te faire prier ! Lança Philippe qui semblait subitement un peu plus jovial.

- Bon… allez, d’accord ! ça me va !

- Comment on fait alors, on se rejoint sur la plage ce soir ?

- A la crique, dans les rochers, comme d’hab ?

- La crique de Porgoarret ? Ben… ouais, pourquoi pas.

- Bon alors, il faut qu’on aille acheter les bouteilles maintenant.

- T’as raison… ben, on y va alors !

Ils quittèrent la cour du lycée, et se rendirent au premier super marché venu. Ils achetèrent beaucoup de bière, et aussi quelques bouteilles d’alcool fort « pour bien finir la soirée ». Puis ils transportèrent le tout jusque dans les rochers de la crique : Dans les fourrés, en haut des galets, près de l’endroit où ils comptaient passer la soirée, ils cachèrent toutes les bouteilles et les packs de bières. Ils se donnèrent ensuite rendez-vous au même endroit, à vingt et une heures.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 12:01

Je me tourne douloureusement sur le côté, et lentement, la tête pendante, je me mets à quatre pattes. J’ai l’impression qu’on me serre l’abdomen dans un étau et ma tête tourne horriblement. Tout s’accélère, je suis pris d’un atroce haut-le-cœur. Un soubresaut me fait tressaillir, puis une convulsion me parcourt du ventre à la bouche, et sans pouvoir me contrôler, je vomis : Impuissant, je regarde le liquide brunâtre se déverser par saccade et le goût acide envahit ma bouche. L’odeur, le son, s’y ajoute, me dégoûte… et me fait vomir encore... Puis cela s’estompe. Je reste immobile, à regarder, hébété, la marre brunâtre et grumeleuse sous mes yeux... Puis la convulsion revient, et tout le reste avec... puis ça s’arrête à nouveau. Alors j’attends pour voir si ça ne va reprendre encore une fois... mais plus rien. Soulagé, toujours à quatre pattes, les bras écartés, je tousse plusieurs fois, puis je m’appuie sur une main et m’essuie vaguement la bouche.

Je relève la tête, je me sens un peu mieux.

Je regarde autour de moi, je reconnais la crique de Porgoarret : Cette petite crique où quelques bateaux viennent y déposer amarres. Je regarde un peu plus vers le bord de l’eau, et distingue sur le sable une forme humaine allongée. Je m’en trouve à plus d’une centaine de mètres, bien trop loin pour distinguer mieux les choses. La personne reste allongée, et ne bouge pas, je m’interroge, je m’inquiète : je me doute que ce doit être un de nous six présents hier soir.

Sans réfléchir plus longtemps, je me lève pour aller voir. En appuyant sur ma jambe droite, un élan de douleur me fait plisser les yeux, je force un peu dessus, mais même une fois debout là douleur est toujours là : J’essaie de faire un pas, j’ai mal, mais cela m’est supportable, et en relevant ma jambe de pantalon, je n’y vois rien d’apparent. Sans m’éterniser alors plus longtemps sur ma douleur, de plus en plus inquiet par celui étendu là-bas sur le sable, je me remets à cheminer dans les rochers en boitant fortement.

Tout en progressant péniblement, je ne peux quitter du regard la personne vers laquelle je me dirige, et petit à petit le trouble m’envahit : Je le reconnais, c’est Michaël qui est étendu là-bas. J’arrive sur le sable, je presse de plus en plus le pas, et mon trouble fait place à l’inquiétude. Il est allongé sur le dos, et son visage me semble amoché. Plus j’avance vers lui et plus je discerne les ecchymoses, les coupures et les griffures qui le recouvrent. Je ne vois plus que son visage, j’avance en courant presque, traînant maintenant ma jambe comme je le peux. Arrivé à sa hauteur, je m’écroule à genoux sur le sable. Il ne se réveille pas : à le voir, on dirait qu’il sort d’un combat de boxe. D’une voix faible et chevrotante je commence à lui parler pour le réveiller.

- Michaël ? eh oh, Michaël ? Dis, réveille-toi, allez !

Mais, il ne se réveille pas, alors je panique, je ne comprends pas pourquoi il est dans un tel état. Dans ma tête, il y a un grand vide, je ne me rappelle pas de ce que j’ai pu faire hier après avoir bu, et j’en ai peur, j’ai envie de pleurer. Tout mon corps se crispe, je ferme les yeux avec force… Et là j’explose, les larmes sortent, je balbutie, puis je commence à brailler « Michaël, eh ! debout ! Oh, Michaël, allez ! réveille-toi ! ». Sans attendre de réponse, je le prends par les épaules et le secoue comme un prunier. Il émet une plainte, et je le relâche, une vague de soulagement m’envahit : il revient à lui. Il gémit encore un peu, et sûrement sous la douleur, son visage se crispe, puis il cligne et finit par ouvrir les yeux. Il m’aperçoit à côté de lui, tourne son visage meurtri vers moi et me regarde fixement.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 12:03

Vingt heures cinquante, Laurent était déjà sur place.

En avance, et voyant que personne n’était encore là, il s’était calmement assis en tailleur, contemplant le paysage : Cette crique, il y venait beaucoup étant enfant avec son père. Il passait son temps dans l’eau, souvent à jouer dans un petit bateau pneumatique que son père attachait à un rocher à l’aide d’une grande corde. Ainsi il pouvait s’amuser dans le bateau pendant que son père somnolait, tranquillement allongé sous la chaleur du soleil.

Maintenant, pour lui, ce lieu se retrouvait chargé d’une certaine mélancolie : le temps avait passé, le bateau pneumatique était dégonflé et rangé dans un coin du garage, et il n’allait plus avec son père ici pendant les après-midi d’été : Le temps fuyait, les choses qui avaient été n’étaient plus, et il s’en rendait compte.

Laurent soupira, souleva le pan de sa veste, plongea la main dans la poche intérieure et en sortit un paquet de cigarettes. Las, plongé dans ses souvenirs, il s’en alluma une, puis nerveusement en aspira une grande bouffée… la tête lui tourna un peu et il se sentit un peu plus calme. Le silence berçait ses pensées, même le bruit des vagues était à peine audible, le bord de l’eau se trouvant loin de lui. En effet, c’était presque marrée basse, et la mer, qui continuait de se retirer, avait déjà délaissé quelques petits bateaux de pécheur sur le sable, tandis que les plus gros, plus au large, mouillaient encore...

- Alors on rêve ?

- Hein ! heu... Céline ! Tu m’as surpris, je ne t’ai pas entendu venir.

- Tu avais l’air absorbé dans la contemplation du paysage, en effet.

- Oui, j’aime bien cet endroit.

- C’est calme c’est vrai... Dis-moi, personne d’autre n’est arrivé à ce que je vois ?

- Non non, pas encore. Mais bon, on est en avance, alors ça ne m’étonne pas.

Céline jaugea rapidement Laurent, puis lui demanda :

- Tu n’as pas l’air bien ?

- Oh, ben j’étais plongé dans mes pensées, voilà tout.

- Et pour ton bac, t’es pas trop cassé ? ça va ?

- Heu… couci-couça... Enfin, je l’ai annoncé aux parents tout à l’heure, donc le plus dur est fait.

- Ils ne l’ont pas trop mal pris ?

- Oh... Ils n’étaient pas ravis, c’est sûr. Mais leur réaction a été bien moins mauvaise que ce que je ne pensais.

Il haussa les épaules et reprit :

- Bah j’essaie d’y voir le positif. Tu vois, au moins je resterai ici un an de plus.

- C’est sûr, de toute manière tu ne peux plus rien y faire, alors...

- Oh et puis tu sais, je n’ai pas non plus fait grand-chose pour l’avoir !

Ils se regardèrent tous deux en rigolant. Puis Laurent, plus calme, reprit :

- Et toi alors, tu ne vas pas rester ici, non ?

- Oui… je ne vais pas rester.

- Alors, tu vas aller ou ? demanda Laurent, impatient.

- A Rennes, normalement, admit-elle d’un air enjoué.

- Ah ben il y a Philippe qui y va aussi ! Il faudra lui faire connaître d’autres filles à celui-là ! Tu as vu comment il était déprimé tout à l’heure ?

- Oui, c’est pas évident pour lui, le pauvre.

- Alors au fait, continua Laurent, tu hésitais sur ce que tu voulais faire, non ?

- Oui… mais c’est bon, ça y est je me suis décidée, je me sens d’ailleurs mieux maintenant, bien contente d’avoir fait mon choix.

- Allez… dis ? C’était institutrice ou sage femme, c’est bien entre ces deux-là que tu hésitais ?

- Oui, je m’étais pré-inscrite pour les deux filières, et ça faisait longtemps que j’hésitais, mais là c’est bon ! Finalement il fallait juste que j’ai mon bac pour que ça me décide...

- Juste… juste, insista Laurent d’un air bougon. Moi, je l’ai pas eu, c’est pas non plus une formalité le bac.

- Excuse moi Laurent, admis sincèrement Céline. Mais tu sais, je suis vraiment contente ! Tu comprends, ça y est ! j’en suis sûre ! je veux devenir sage femme.

- Wow ! Et c’est vraiment un beau métier ça !

- Oui,

- Donc c’est sûr ? Pas institutrice alors ?

- Non, pas institutrice... Mais je pense que si j’hésitais, c’était à cause des études qu’il faut faire pour devenir sage femme... Mais je veux au moins essayer.

- Ah bon, c’est si dur que ça les études de sage femme ?

- Eh bien, il faut faire la première année de médecine pour entrer ensuite en école de sage femme.

- Hein ? ah bon ? Purée, mais c’est une année de dingo la première année de médecine ! renchérit Laurent, décidément intéressé par le sujet.

- Oui… et ça me faisait beaucoup hésiter, c’est une année vraiment très sélective.

- Mais c’était aussi peut être à cause de Michaël ? devina-t-il.

- Oui, pendant la première année j’aurais vraiment très peu de temps libre.

- Et qu’est ce qu’il en pense ?

- Ben… je ne lui ai encore rien dit.

- Ah, oh eh ben… pas évident.

- Oui, mais je veux devenir sage femme ! J’ai hésité comme ça assez longtemps.

- Ben dit donc, t’as l’air décidée... Ah tiens attends, je crois qu’il y a du monde qui arrive.

Laurent plissa les yeux pour mieux voir. Il discerna deux personnes sortir de sous les arbres couvrant le chemin descendant à la crique. Il devina Cédric et Michaël.

- Ils sont deux, non ? s’interrogea Laurent.

- Il y a mon Michaël et Cédric si je vois bien.

- Oui oui, c’est bien ça.

Contemplant encore une fois cette crique qui n’avait décidément pas changé depuis toutes ces années, Laurent oublia quelques secondes tout son monde, pour replonger un instant dans celui de son enfance... Il entendit de nouveau Cédric et Michaël les appeler : ils se trouvaient maintenant sur le banc de sable et allaient commencer à grimper sur les rochers.

- Tu appréhendes d’en parler avec lui, hein ? L’interrogea Laurent.

- Oui, un peu, répondit assez nerveusement Céline. Mais bon, j’y ai vraiment réfléchi et je veux le faire.

- Je comprends, répondit-il simplement, ne sachant trop qu’ajouter d’autre.

Ils se turent, regardant calmement les deux autres arriver, et qui avançaient maintenant quelque peu difficilement dans les rochers.

- Salut ! Ben vous êtes à l’heure, il est neuf heures pile ! Leur lança amicalement Laurent une fois qu’ils étaient parvenus suffisamment près d’eux.

- Salut ! Répondit Cédric, vous allez bien ?

- Ouais, tranquille, Céline et moi on se racontait notre vie ! s’exclama Laurent tout en se levant. Vous allez bien tous les deux ?

Michaël, qui embrassait déjà Céline, répondit :

- Oh… eh ben oui, on discutait un peu... Vous saviez que Cédric part sur Paris ?

- En septembre j’attaque là-bas, en prépa d’ingénieur, précisa sans attendre Cédric, visiblement heureux. J’ai reçu mon acceptation cette après-midi.

- Ben dit donc, t’as du bol ! s’exclama Laurent.

- Oui, et puis, je vais partir à Paris ! Déjà je suis trop content d’aller vivre en ville, mais en plus à Paris, là c’est vraiment le pied !

- Tu vois, ajouta sans attendre Michaël, il est pas attaché à sa terre... Mais je sais pas moi, la Bretagne, ça ne va pas te manquer quand même ?

- Mais non, là-bas c’est autre chose, ici je connais déjà.

- Ouais peut être, mais par exemple ici je me sens chez moi, rajouta Michaël, alors je n’aimerai pas vivre là-bas, parce que je connais pas, c’est la proie pour l’ombre… et puis ici c’est bien plus beau… et il y a la mer.

- Quel extrémiste de la promotion de la Bretagne tu fais, Michaël ! s’esclaffa Laurent, puis s’adressant à Cédric, il rajouta : Mais c’est vrai ça, la mer ne va pas te manquer ?

- Heu… non, répondit Cédric en haussant les épaules.

Finalement Laurent, ne sachant trop quoi rajouter, se frotta les mains d’impatience, balaya du regard les trois autres, et le sourire aux lèvres, leur demanda :

- Alors, on va prendre les bouteilles?

- On n’attend pas les autres ? intervint Céline.

- Oh... Heu, ben on peut déjà aller prendre les bouteilles et commencer à boire un peu, non ? On ne sait pas quand ils vont arriver, et puis il faut préparer le feu.

Devant une telle avalanche d’arguments, tous se laissèrent convaincre.

Ils remontèrent tous vers le haut des rochers, là où la roche laissait place à une terre très en pente et qui montait quasiment verticalement. Il y avait plein de petits buissons qui s’étaient formés dessus, et sous ceux qui étaient au niveau du sol, ils avaient caché leurs bouteilles.

Tous les quatre s’activèrent pour ramener sur leur rocher les packs de bières et les diverses bouteilles de vodka et de whisky. Certains qui n’aimaient pas boire des alcools forts purs, avaient aussi acheté du jus d’orange et du Coca.

Ils ramassèrent aussi tous les vieux petits bouts de branches mortes qui se trouvaient un peu partout disséminés près des buissons. Ainsi ils rapportèrent assez de petit bois pour faire le feu. Laurent accumula un tas et mit le reste de côté pour plus tard. Il plaça une poignée d’herbes sèches sous le bois, sortit son briquet, le plaça sous les herbes, et consciencieusement fit lécher les flammes sous toute leur surface.

- Wooch ! putain ça brûle, s’exclama-t-il en retirant violemment sa main de sous le feu. Bon, je pense qu’il devrait prendre là, on va bien voir.

Tous les quatre contemplaient religieusement le feu. Une voix lointaine les sortit de leur méditation.

- Ooouuuhhh ooouuuuh ! C’est nous !

C’était Marion, accompagnée de Philippe, qui arrivait.

- SALUT VOUS DEUX, s’écria Laurent en réponse.

- Salut ! Répondirent en cœur les deux retardataires.

Deux minutes plus tard, ils étaient tous les six réunis sur le rocher. Marion tout de suite expliqua la raison de son retard :

- Houlala, je suis un peu en retard c’est vrai. Mais bon, j’hésitais à acheter des clopes. Et puis finalement j’y suis allé au dernier moment, et j’ai dû faire un détour, et à pied ça m’a pris du temps.

- Ah, t’as craqué alors ! commenta ironiquement Laurent.

- Bah ! juste pour ce soir... Je ne me sens vraiment pas bien d’avoir raté mon bac. Alors un petit paquet de clopes... ça me détendra, non ?

- Les fumeurs trouvent toujours toutes sortes d’excuses pour fumer ! Maugréa Michaël en retour.

- Oh ! eh ! pour une fois, hein ! rétorqua Marion un peu énervée.

Elle se tourna vers Philippe, et vit qu’il ne disait rien, toujours l’air penaud. Alors elle continua :

- Et j’ai croisé Philippe en arrivant : il était en haut du chemin à regarder au loin, perdu dans ses pensées.

- Oui, poursuivit Philippe, je me sentais pas bien à cause de cette aprèm, et je me demandais si j’allais venir et descendre avec vous faire la fête ou pas.

- Ben finalement t’es venu ! c’est cool ! Et puis on va passer une bonne nuit et se détendre, compléta Cédric.

- Au fait, pourquoi on s’installerait pas sur le vivier ? suggéra Marion. Ca pourrait être sympa, non ?

Le vivier était un bâtiment rectangulaire en béton, installé sur les rochers. Il servait aux pécheurs pour y stocker hors de la mer le contenu de leur pèche tout en les laissant dans l’eau et évitant donc l’asphyxie de leurs prises. Le bâtiment faisait bien quatre mètres de haut, et il n’y avait aucune fenêtre, tout simplement pour que l’eau apportée par la mer ne s’échappe pas lorsqu’elle baisse. Pour pouvoir y déposer et reprendre le contenu des pêches, il y avait juste une grille en barreaux métalliques sur le toit, et un gros escalier en béton sur un des côtés pour pouvoir y grimper à marée basse.

- Heu non, ça vaudrait mieux pas, expliqua Laurent. Déjà on pourrait tomber du toit, et comme ce sont les rochers qui sont en dessous... En plus, vu la charge qu’on risque de se prendre ce soir, ça ne serait pas très prudent... Et puis surtout, quand la mer est haute, le vivier est la plupart du temps recouvert par la mer… alors bon, si on veut passer la nuit à boire, on sera mieux ici que là-dessus.

Marion, tournée vers la mer, considérait le vivier, enraciné sur les rochers proches du banc de sable, il se trouvait à mi-chemin entre eux et les bateaux, et gâchait quand même un peu la beauté du paysage, même si avec le temps, on finissait par ne plus y faire attention.

- D’accord ! admis t’elle finalement, l’air un peu triste. C’est vrai, t’as raison. C’est con, je trouvais ça bien... Mais bon, ok.

Cédric se pencha, éventra un pack de canettes de bières, s’en saisis d’une, et la mettant en évidence devant lui, demanda :

- Bon ! allez, on attaque ?

- Ouais t’as raison, lui répondit Marion avec joie.

Ils se saisirent tous d’une bière, Laurent ouvrit la sienne et la leva haut en l’air.

- Eh bien, comme je ne peux pas dire qu’on peut tous trinquer pour l’obtention du bac, eh bien... TRINQUONS AUX VACANCES !

- Ouais, t’as raison, rajouta Cédric, AUX VACANCES !
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 12:16

- Ca va Michaël ?

Pas de réponse, il demeure sans expression, le regard figé sur moi.

- Michaël, eh ! Ca va ? T’es pas beau à voir... Qu’est ce qui s’est passé ? Hein, dis ?

Il me fixe, toujours sans rien dire ni bouger. Je me sens mal, je prends un peu peur.

- Hein dis ! Qu’est ce qui s’est passé ? Pourquoi t’es comme ça ? Où sont les autres ?... Qu’est ce que j’ai fait hier soir ?

La panique monte en moi, je veux le secouer pour qu’il me réponde, mais au moment où je le touche, il tressaute et se lève d’un bond. Il ne tient pas très bien debout, titube un peu, manque de tomber, et tout en me fusillant d’un regard, épouvanté, il commence à me dire :

- Laurent… tu… ne… tu… tu ne va pas me faire de mal hein ?

- Hein ? Mais non ! voyons, je ne vais...

- T’as dessaoulé hein ?

- Heu, oui, mais qu’est ce qu’il y a ?... Mais dis-moi !

La panique me gagne de plus belle, je me sens mal, toujours accroupi, avec lui debout devant moi… alors je me lève, et immédiatement, l’air terrifié, Michaël recule de quelques pas.

- AH NON, NE ME TOUCHE PAS !

- Mais qu’est ce qu’il y a, qu’est ce que j’ai fait ? je lui demande, complètement désespéré.

- MAIS C’EST DINGUE CA, TU NE TE SOUVIENS PAS ! me crie Michaël, l’air complètement affolé.

- Mais… heu, non, je... Non, je ne me souviens pas, j’avoue d’une vois faible. J’ai trop bu, bordel ! je ne me souviens pas !

- Heu… écoute (Michaël me semble un peu plus calme). Tu ne t’approches pas de moi d’accord ? Peut-être que là t’as l’air mieux, mais hier soir t’as bien faillit me battre à mort ! Et les autres, je ne sais même pas ce qu’ils sont devenus ! ... ou ce que t’en à fait : t’étais comme fou furieux !

- Te cogner ! Mais pourquoi ? je demande, totalement médusé.

- Ben je sais pas moi ! T’as pas eu ton bac, t’as trop bu, tu t’es énervé, et puis t’es parti en couille, voilà ce qu’il y a !

Je reste bouche bée, sans réponse. Michaël reprend.

- Bon écoute, quoi qu’il en soit, je préférerais te savoir loin de moi, et t’as assez fait de conneries comme ça.

Il s’interrompt pour réfléchir, puis reprend :

- Tu ferais mieux de partir, de rentrer chez toi... Je sais pas moi ! Mais vas-t’en ! Moi j’ai une gueule de bois d’enfer, mais je vais rester ici pour voir si les autres sont encore là.

- Mais je...

- Non, tu ne pourrais pas m’aider, m’interrompt Michaël. Je n’ai franchement pas très envie de te savoir à côté de moi après ce que tu m’as fait hier... Alors fout le camp !

Je veux lui dire que je vais mieux, que je ne suis plus saoul, que je veux l’aider, mais à peine ai-je balbutié quelques mots, que sans me quitter du regard, il insiste.

- Barre toi ! j’te dis !... Ça vaut mieux.

Je le regarde, désespéré, mais il reste de marbre, son regard dur et froid tend à me dire de ne pas insister. Je me sens noyé sous la culpabilité. J’ai peur de ce qu’il va découvrir en fouillant le coin. Néanmoins, ne voyant pas d’autre choix possible, sans plus rien dire, je me retourne vers la petite route qui quitte la crique, et m’en vais lentement en boitant.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Jeu 7 Juil 2005 - 12:57

La première bière fit place à une seconde, puis à une troisième... Déjà une heure était passée, les discussions allaient bon train. Le jour s’en était allé, faisant progressivement place à la chaude lumière du feu de bois. Tous les visages se muaient depuis dans un océan de douces nuances jaune-orangé qui se mêlaient à l’obscurité de la nuit. Les yeux brillaient, chacun se sentait heureux, se narguant de ses soucis, oubliant le temps qui passe.

Laurent sans mot dire sortit une cigarette de son paquet, l’éventra à l’aide d’une clé de son trousseau. Disposa le tabac sur plusieurs feuilles de papier à rouler qu’il avait collées entre elles, émietta une petite boulette qu’il sortit de sa poche... et roula le tout. Puis, le sourire aux lèvres, il parcourut du regard ses amis, et demanda :

- Quelqu’un veut fumer un peu ?

- Ah ouais ! moi ça me dit ! s’exclama Marion d’une voix vigoureuse.

- Ouh là ! toi t’es déjà amochée ! Lui fit remarquer Laurent tout en rigolant. Fait gaffe, l’alcool et le shit, ça fait parfois un mauvais mélange, tu pourrais être malade.

- Raaaah ! J’m’en fou ! Et puis toi t’as bu aussi, non ?

- Ouais, sûr, mais je fume depuis longtemps déjà… Bah ! allez, tiens !

Marion se saisit du joint que lui tendait Laurent, elle inspira longuement : La fumée âpre envahissant la bouche ainsi que la gorge lui donna un peu envie de tousser, mais elle se retint... Elle prit trois ou quatre bouffées puis rendit le joint à Laurent, celui-ci le porta à sa bouche et aspira longuement.

- On est bien là quand même ! soupira Laurent de plaisir.

- Ouais, c’est vrai, c’est vraiment reposant, rajouta Cédric.

- Ben tu vois Cédric, t’arrives quand même à aimer d’être ici, non ? ne put s’empêcher de faire remarquer Laurent.

- C’est vrai qu’une soirée au coin d’un feu, au bord de la mer… j’aurais du mal à dire que ça me déplaise, c’est sûr ! Mais je suis quand même trop content d’aller à Paris en septembre...

- C’est parfois en quittant ce qu’on aime, qu’on se rend compte... qu’on l’aime ! justement ! rajouta Céline à l’intention de Cédric.

- C’est peut-être vrai… bah ! Je verrai bien !... Mais dis Céline, et toi tu pars où ?

Céline parut gênée par la question : avec Michaël, son copain, à côté d’elle, elle allait devoir aborder le sujet avec lui, alors qu’elle aurait préféré attendre un moment plus propice. Elle baissa la tête, cherchant quoi dire...

Cédric, impatient d’obtenir une réponse, reprit :

- Ben, heu, qu’est ce qu’il y a ? Tu vas aller où ? la pressa-t-il.

- A Rennes, répondit-elle sans plus réfléchir davantage.

- A Rennes ! répéta Cédric, visiblement content pour elle. Ben c’est cool ! Tu hésitais avant, non ? Donc maintenant, tu sais ce que tu vas faire alors ?

- Oui, répondit-elle, gênée. Je me suis décidée, et...

Inquiète du silence de son ami, elle se retourna vers Michaël : il restait prostré, sans bouger. Elle se dit, avec une certaine crainte mêlée de lassitude, qu’il fallait qu’ils en parlent tous les deux... et maintenant.

- Heu… tu veux qu’on parle Michaël ?

- J’aimerais bien… ouais.

- Tu nous excuses Cédric ? demanda poliment Céline, se tournant vers lui.

- Ah !… ok, je m’en vais, je...

- Non reste là ! le corrigea-t-elle, je voulais juste te dire par là que j’allais te laisser pour aller parler avec Michaël.

- Oh, heu… d’accord, pas de problèmes.

Céline se leva gracieusement, Michaël fit de même et la suivit...

Cette fille, toujours bien habillée, avait toujours eu l’admiration de Cédric pour son flegme et sa bonne tenue. Il la regardait s’en aller, elle se confondait progressivement avec la pénombre tandis qu’elle quittait la chaude lumière du feu pour s’avancer avec Michaël dans l’obscurité nocturne.
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Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...
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