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 Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...

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Droïde (RP)
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 21 Mai 2005 - 22:22

Non non je vous en prie, je ne voulez pas vous déranger je ... *badaboum*

ggggGGGoooOOO
ggggGGGoooOOO
ggggGGGoooOOO

Au secours ! maiiiiiiitre ! à moi shakng2
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 21 Mai 2005 - 22:27

*Sors la sulfateuse*
Braoummmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmmm

*Mets un cigare a la bouche et enfile son chapeau*
C'est bon on en entendra plus parlé de cette bestiole, et voila ce qui se passe quand on s'en prend a la "famillia" !
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 21 Mai 2005 - 22:29

j'en prend encore d'autre ? Au fait c'est toujours le même auteur.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 21 Mai 2005 - 22:33

- Nicolas ! Nicolas ? Je vais aller travailler, tu peux descendre ?… Nicolas ?… tu es là ?

- Hmmm…

- Nicolas ! dépêches toi ! je dois y aller.

- Heu… oui maman, j’arrive tout de suite !

Nicolas était encore plongé dans un demi-sommeil. Il était pourtant onze heures du matin, mais c’était le mercredi, jour où il n’y avait pas école… : La contrepartie était d’y aller le samedi matin, mais il appréciait beaucoup la grasse matinée offerte en plein milieu de semaine ! A huit ans, même s’il aimait bien l’école, il adorait passer ces délicieux moments sous la couette, au chaud, au calme, et rester là, à rêvasser.

Il dut se faire violence pour quitter la douce chaleur de son lit : Qu’est ce que veut me montrer maman ? se disait-il, d’habitude elle me laisse un petit mot, et ne me réveille pas. Néanmoins, pour ne pas faire attendre sa mère qu’il aimait par-dessus tout, il se leva et descendit vite au rez-de-chaussée… trop vite ! Il dérapa aux premières marches de l’escalier en bois, régulièrement ciré. Il faillit vraiment tomber à la renverse, mais se rattrapa à la rampe in-extremis… à son âge on a toujours de bons réflexes.

- Oh ! Tu n’as rien ?

- Non maman, c’est juste qu’en chaussettes cet escalier est une véritable patinoire !

- Alors fais attention à ne pas descendre si vite, tu m’as fait peur !

Carole, la mère de Nicolas, était terrifiée pendant le court instant où elle le vit perdre équilibre : Comme toutes les mères, elle imaginait toujours le pire. La petite poussée d’adrénaline qui en résulta lui laissa une sensation agréable et apaisante quand Nicolas, d’un pas modéré, descendait les dernières marches.

- Pourquoi voulais-tu me voir maman ?

- J’ai eu un problème avec la machine à laver.

- Ah bon ?

- Oui, ce matin, j’ai voulu faire une machine, mais j’ai plutôt obtenu une… inondation.

Elle affichait un petit sourire tout en disant cela, elle essayait d’en plaisanter, mais cherchait surtout à dédramatiser et à se calmer elle-même.

- J’ai épongé toute l’eau, et le sol est en train de finir de sécher. J’ai aussi appelé le réparateur, il doit passer cette après-midi.

- Ah bon ? ah… heu… et quand il viendra, je devrais faire un truc ?

- Oui, il faudrait que tu l’amènes à la machine à laver. C’est pour cela que je t’ai dit de venir, car maintenant je pense que tu es assez grand et que je peux laisser la porte de la cave ouverte, non ?

- Heu… oui… bien sûr.

Nicolas n’était jamais entré tout seul dans la cave de la maison, tout simplement parce que cette dernière était toujours fermée à clef : Marc, le père de Nicolas, disait qu’il « était encore trop jeune » et « que c’était donc trop dangereux pour lui qu’il traîne dans la cave ». En effet, Marc y avait son coin bricolage et craignait que son fils puisse s’y blesser - voire pire - avec ses outils. Du coup, la porte de la cave était maintenue fermée pour éviter un malheur. Nicolas avait eu l’occasion d’aller dans la cave, mais toujours avec ses parents, et il n’aimait pas trop cet endroit : Il le trouvait trop sombre, trop silencieux, triste avec ses murs de béton gris. Son imagination d’enfant y voyait moult dangers… et finalement cela ne l’embêtait pas que la porte en soit tenue fermée.

- Tu viens ? je vais te montrer.

- Oui m’man, je te suis.

Carole et lui descendirent l’escalier en béton de la cave, il formait un « U » comme l’escalier qui monte à l’étage juste au-dessus de leurs têtes. Parvenus en bas, ils tournèrent à gauche et arrivèrent dans la pièce servant de buanderie, là où des fils pour étendre le linge étaient tendus entre les murs, et où se trouvait aussi la fameuse machine à laver ! On distinguait bien que quasiment toute une partie du sol autour de la machine était encore humide, mais à proprement parler il ne restait plus d’eau au sol.

- Pfff ! Ca n’a pas été évident d’éponger toute cette eau ! Mais bon, apparemment il n’en reste plus… C’est bien pratique les serpillières, mais il faut quand même quelqu’un derrière pour s’en servir… et ça, ça l’est moins !

- Faudrait inventer un robot qui passe la serpillière !

- Ah, eh bien tu pourras l’inventer pour ta petite maman quand tu seras grand !

- Hé-hé, oui !

Nicolas disait vouloir devenir inventeur, c’est toujours mignon à cet âge-là de les entendre parler de ce qu’ils feront plus tard. Cela faisait maintenant un an que Nicolas disait vouloir devenir inventeur… De quoi ? ça il ne le disait pas ! Mais en même temps Carole et Marc ne voulaient pas briser ses rêves ni nuire à son ambition… : Elle aurait sûrement assez d’occasions pour s’émousser quand il grandirait !

- Donc quand le réparateur viendra, tu l’amèneras à la machine. Marc a vérifié et ça ne vient pas de la canalisation, c’est la machine à laver qui à un problème d’étanchéité quelque part.

- Ca n’a pas dû être évident de tout éponger !

- Oh ça non ! mais bon, il fallait bien le faire… Bon ! je dois aller travailler, je dois y être pour onze heures et demie et je vais être en retard si je ne me dépêche pas.

- Tu seras de retour quand ?

- Ce soir, vers huit heures.

Carole travaillait dans un des supermarchés de la ville en tant que caissière. Ses horaires étaient variables et aujourd’hui elle était d’après-midi.

- Alors à ce soir mon poussin ! Et fait bien attention à ne pas faire de bêtise dans la cave ! De toute façon je ne pense pas qu’on continuera à la fermer à clef, tu es un grand garçon maintenant ?

- Ben oui ! dit fièrement Nicolas.

- Un petit bisou avant de partir ?

Carole se pencha et tendit son visage tout sourire vers son fils, Nicolas d’un mouvement rapide déposa un petit bisou sur sa joue. Puis ils remontèrent ensembles l’escalier. Il la regarda chercher ses clefs de voiture dans son sac... elle les sortit, puis elle se tourna vers lui, le fixa tendrement quelques secondes, lui sourit, l’embrassa sur le front, se plaignit encore une fois d’être en retard, et sortit.



Carole partie, Nicolas, toujours en chaussettes, remonta dans sa chambre afin d’aller enfiler un jean et ses chaussures. Au passage il prit son temps pour choisir une de ses bandes dessinées. Ainsi équipé, il descendit dans le salon, s’allongea sur le canapé, et s’afféra à sa lecture.

Nicolas était toujours content d’avoir la maison pour lui tout seul, il était tranquille sans la surveillance de ses parents. Il faisait bien attention à ne pas y mettre le fouillis pour qu’ils continuent à lui faire confiance et le laissent seul à la maison le mercredi. Les activités ne manquaient pas : lire ses bandes dessinées, aller jouer sur l’ordinateur de papa, regarder la télé, ou aller fouiller un peu partout dans la maison ! Néanmoins, Nicolas faisait toujours en sorte de tout bien remettre en ordre et ne disait rien de ses explorations à ses parents, et il ne dit surtout rien à propos des revues bizarres qu’il avait trouvées dans leur chambre !

Nicolas n’arrivait pas à se concentrer sur sa lecture, la cave l’obnubilait de plus en plus : La porte n’en était pas fermée à clef, et qui sait ce qui pourrait sortir de là ! Son imagination débordante de petit garçon lui laissait y voir de gros rats, des chauve-souris… ou les monstres qu’il voyait dans les films à la télé : Il y en avait peut-être un, qui, sorti de la cave, était maintenant là : Caché dans l’ombre, au coin d’un mur, respirant lourdement, bavant d’avance en pensant à sa prochaine victime. Et au moment opportun, il sortirait de sa cachette, ferait face à Nicolas en émettant un grognement sourd, en découvrant ses dents pointues encore rougies de sang, la bave coulant par longs filets de sa… gueule… Il s’approcherait lentement de Nicolas, grondant de plus en plus fort, et d’un coup… bondirait sur lui !

- Hhhhiiiinnm ! maman !

Nicolas sursauta, émergeant du demi-sommeil dans lequel il avait sombré juste quelques secondes. Il était allongé sur le canapé, en sécurité, sa bande dessinée entre ses mains, regardant devant lui, le regard vide. Il se sentait un peu honteux d’avoir ainsi appelé sa mère, surtout que maintenant c’était un « grand garçon » : il ne devait plus paniquer comme ça au moindre petit cauchemar !

Il réalisa qu’il ne se rappelait plus si la porte de la cave était bien fermée : rien qu’à l’idée qu’elle puisse être ouverte la panique l’envahit. Il se leva d’un bond, avança dans le couloir et put constater que la porte de la cave était bien fermée : Il poussa un grand ouf de soulagement.

Rassuré, il revint dans le salon et alluma la télé : Il était midi, et il n’y avait pas grand-chose d’intéressant. Il zappa machinalement pendant plusieurs minutes, puis s’arrêta. Il se trouvait vraiment stupide d’avoir eu peur comme ça : Après tout ce n’est qu’une cave ! pensait-il. Et s’il y avait des monstres dedans, pourquoi ne seraient-ils jamais montés à l’étage quand papa et maman étaient là, puisqu’ils laissent la porte parfois ouverte ? Fort de cette idée, il se sentait un peu idiot d’avoir eu tellement peur de cette cave.



Il était maintenant midi, et la faim se faisait sentir. Il posa sa télécommande, et arrivé à la cuisine, fouilla dans le réfrigérateur... Il était tout seul, alors il pouvait très bien se faire un gros sandwich ! personne n’irait le gronder ! Il déposa une tranche de pain beurrée sur l’assiette, empila dessus du jambon, du fromage, des cornichons… puis encore du pain, un peu de beurre, du jambon, du fromage… et en fit une tour de trois étages successifs ! Alors muni aussi d’une bouteille de soda, il retourna sur le canapé, devant la télévision. C’était l’heure du journal télévisé et Nicolas le regarda tout en mangeant. Toutes les deux ou trois bouchées il prenait une bonne gorgée de soda tout en continuant à fixer la télévision. Son sandwich terminé, repu, Nicolas s’allongea, le journal télévisé annonçait à la chaîne les drames du monde : tous ses conflits, ses problèmes économiques, ses accidents de la route… Et il se dit qu’il était bien, là, en sécurité, allongé sur son canapé. Cette idée le rassura, et lentement, il ferma les yeux… et s’endormit.



Une heure plus tard, Nicolas fut réveillé par le son de la télévision : Une publicité plus bruyante qu’une autre l’arracha brusquement de son sommeil. Il sursauta, puis regarda fixement la télé, l’air hébété. Pfff… j’aime pas les publicités ! pensa-t-il en fronçant les sourcils. Agacé, il éteignit la télé.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 21 Mai 2005 - 22:34

Il resta là plusieurs minutes, sans bouger, assis sur le canapé, seul le « tic tac » de la pendule accrochée au mur ponctuait le silence : Il s’était remis à penser à la cave. Je suis idiot d’avoir peur de cette cave, ça n’a pas de sens ! … Mais bon, j’en ai peur, qu’on me dise grand garçon ou pas ! … Mais qu’est ce que j’en ai à craindre, il n’y a personne dans cette cave ! Le seul danger, ce sont les outils de papa, et je sais bien qu’il ne faut pas y toucher… C’est quand même la seule partie de la maison que je n’ai pas encore explorée, il doit y avoir plein de choses à découvrir ! Et puis s’il y avait un monstre dans cette cave, il serait venu me chercher depuis longtemps !

Nicolas se leva en prenant son temps, il commençait juste à se diriger vers la porte de la cave quand il se dit : Hmmm… je jouerai bien aux jeux vidéos avant, finalement. Nicolas, qui avait peur, repartit donc jouer aux jeux vidéos dans le salon... Mais il n’était pas intéressé par sa partie et continuait de penser à la cave et à l’exploration qu’il pourrait y faire, tandis que sa peur continuait de lui dicter de ne pas y aller. Au bout d’un quart d’heure, s’apercevant que sa partie l’intéressait à peine, il éteignit la console et resta là, comme auparavant, assis sur le canapé, accompagné du son de la pendule accrochée au mur.

Bon allez, j’y vais ! Nicolas se leva d’un bon du canapé, se dirigea d’un pas ferme vers la porte de la cave, et en la voyant, fut paralysé par la peur : La porte qui, au moment où il était allé chercher son sandwich était fermée, était maintenant entrouverte ! Il s’arrêta net, il ne bougea pas d’un millimètre, les muscles tendus, il tremblait légèrement, comme sur le point d’exploser. Son esprit, en dépit de la panique, cherchait à analyser la situation : Comment ça se peut ! Ca n’est pas possible ! QUI a ouvert la porte ? sûrement pas moi ! Et s’il y avait quelqu’un dans la cave au moment où j’ai été prendre mon sandwich... Vu que la porte est maintenant ouverte… alors… il est peut-être ici !. Cette idée le terrifia de nouveau, il avait envie de crier et d’appeler sa mère, mas ce n’était pas le moment de faire du bruit. Il tremblait encore beaucoup, il sentait ses membres ankylosés, mais il se mit à marcher lentement vers la porte. Centimètres après centimètres il découvrait l’intérieur de l’escalier : l’idée que quelqu’un pouvait être là, se tenant debout sur les marches, le terrifiait. Il finit par arriver devant la porte ouverte : il n’y avait personne. Il descendit alors la première marche de l’escalier et se colla le dos au mur pour se rassurer : ainsi on ne lui sauterait pas dessus par derrière. Nicolas avait peur et essayait de se calmer : lentement il ferma les yeux, essayant de retrouver un peu de sérénité.



« BLAM ! »



La porte avait claqué en se refermant d’un coup. Nicolas eut une fulgurante montée d’adrénaline, poussa un cri et sursauta. Le seul problème était que son sursaut le fit légèrement décoller des marches, et il ne se réceptionna pas bien dessus. « Oh, noonnn !» gémit-il : Nicolas tombait à la renverse, il essaya de se raccrocher à la rampe… mais il n’y en avait pas dans l’escalier de la cave. Complètement terrifié, il ferma alors les yeux. Il sentit une violente douleur à une jambe, suivit d’un élancement fulgurant à la tête… puis plus rien.



Quand il ouvrit les yeux à nouveau, il avait très mal à la tête ainsi qu’à la jambe droite. La douleur était forte mais supportable. Il se trouvait en bas de l’escalier, couché sur le sol, en chien de fusil, les yeux ouverts : Quelqu’un a dû claquer la porte de la cave pour me faire peur… Alors, pourquoi je suis là, seul… et encore vivant ? Peut-être est-il juste derrière moi à attendre que je me réveille… et qu’est ce qu’il m’arrivera alors si je bouge ?... Non, il ne faut pas... peut-être que tant que je resterai immobile, rien ne se passera !

Nicolas ne bougea pas pendant un bon quart d’heure, scrutant la pénombre de l’escalier. J’ai fait une sacrée chute, même le virage dans l’escalier ne m’a pas arrêté, j’ai dévalé tout l’escalier de haut en bas ! Et qu’est ce que j’ai mal ! Nicolas se risqua alors à bouger, lentement, au moins pour savoir s’il était blessé ou non : Il se déplia doucement, puis pivota sur le dos… et rien ne se passa, personne derrière lui qui ne lui sauta dessus. Rassuré, prenant alors appui sur ses coudes, il se redressa un petit peu. Il pouvait maintenant observer toute la cave : La lumière du jour éclairait faiblement à travers les soupiraux. Les murs étaient toujours gris, comme le plafond, comme le sol… Nicolas tourna lentement la tête : à sa droite, l’escalier d’où il venait, plongé dans la pénombre. Il y avait aussi, encore plus à droite, un passage donnant sous l’escalier où étaient entreposées les bouteilles pour les repas. Devant lui, la pièce où se trouvait un frigo, une gazinière et une table, ces derniers servaient comme cuisine d’appoint : Sa mère l’utilisait pour les grands repas, ou les longues cuissons. A sa gauche, le coin où son père bricolait, et aussi un débarras où étaient entreposées les vieilles choses dont on avait plus besoin mais « qui pourraient servir un jour ». Derrière lui, il y avait la buanderie, où se trouvait cette foutue machine à laver qui avait bien choisi son jour pour tomber en panne !

Nicolas, rassuré de ne voir personne, se retourna en prenant appuis sur ses mains et commença à se relever. Sa cheville droite le faisait souffrir : Il fit un pas en boitant, la douleur était tout juste supportable pour marcher un peu, mais il serrait les dents, il ne voulait pas rester là, il voulait monter à l’étage et appeler sa mère au téléphone. Il voulait aussi ensuite sortir de la maison : il ne voyait pas d’autre moyen de sortir que par le rez-de-chaussée : La cave n’avait pas d’ouverture sur l’extérieur et il y avait des barreaux aux soupiraux... Il ne cessait aussi de se demander où pouvait bien être « l’autre » dans la maison : Peut-être allait-il revenir ? Peut-être était-il tout près de lui, là, dans la cave ? Nicolas voulut allumer la lumière pour se rassurer, appuya sur un interrupteur à portée de main : « clic »… mais rien ne se passa, « clic, clic, clic, clic… » toujours rien. Nicolas se sentait gagner par la panique. En boitant, en prenant appui contre le mur, il se traîna vers les interrupteurs des autres pièces, espérant que ce ne soit qu’une ampoule de grillée... Mais non, il n’y avait plus de courant : rien ailleurs ne s’allumait. Nicolas sanglota, maintenant il avait vraiment très peur et luttait pour ne pas paniquer. Il parvint au bout de quelques minutes à contenir ses larmes et à se calmer un peu. Puis, lentement, marche après marche, il gravit l’escalier. Chaque pas lui provoquait un élancement de douleur à sa cheville droite, et ce foutu mal de tête persistait… après.





Comme il formait un « U » et qu’il n’y avait pas de fenêtre, sans électricité le haut de l’escalier ne recevait que peu de lumière de la cave. Parvenu en haut, malgré l’obscurité, il y voyait toujours, ses yeux s’étant accoutumés à la pénombre. Il saisit la poignée de la porte, la tourna, poussa, mais elle ne s’ouvrait pas, elle restait obstinément fermée ! Le sang de Nicolas ne fit qu’un tour, il n’y avait plus un doute, quelqu’un, ou quelque chose, lui voulait du mal. « Mmaaammaaaaannn », cria-t-il du plus fort qu’il pouvait : Il paniquait complètement, il frappait la porte à coups de poings, mais elle restait obstinément fermée… rien à faire. Il pleurait maintenant sans retenue et hurlait à sa mère tout en secouant la porte comme un forcené, mais la porte s’obstinait à rester fermée.





Les minutes passèrent, Nicolas, résigné, avait progressivement repris son calme. Maintenant assit sur les marches, sanglotant encore, il réfléchissait : Qu’est ce que je peux faire… Je peux toujours crier pour que le réparateur m’entende quand il viendra... si seulement il vient... pfff... je ne peux pas compter là-dessus… il faut que je me débrouille tout seul... je ne vais pas rester là à ne rien faire, il doit bien y avoir moyen d’ouvrir cette porte… peut être avec les outils de papa !… Hmmm… l’arrache-clou ! ça pourrait marcher pour ouvrir la porte ! Et puis aussi je ne serais pas sans rien dans les mains au cas où je viendrais à croiser quelqu’un…

Décidé à descendre chercher le pied-de-biche qu’il avait déjà vu traîner près de l’établi de son père, Nicolas se releva péniblement. Lentement, il descendit les premières marches, la douleur à sa jambe ne se laissait pas oublier même si elle ne l’empêchait pas de marcher. Aussi, il ne se rappelait pas qu’il faisait si sombre vers le bas de l’escalier. Marche après marche, cette impression se confirmait : la cave semblait plongée dans la pénombre. Tout tremblant, parvenu avec peine en bas de l’escalier, il scruta vers les soupiraux : il devait faire nuit dehors car quasi aucune lumière ne filtrait au travers. Nicolas, terrifié, regarda sa montre pour vérifier, il était deux heures de l’après-midi… Et il y avait aussi ce silence : il n’entendait aucun autre son, pas même les chants des oiseaux au dehors. Alarmé, Nicolas retint son souffle, cherchant à entendre ne serait ce qu’un léger bruit, rien qu’un. Il était seul, enfermé, debout dans l’obscurité d’une cave bien trop sombre et silencieuse pour l’heure. Les larmes affluèrent à ses yeux, de lourds sanglots s’emparèrent de lui, il s’avachit sur le sol, désorienté, désespéré. Il demeura ainsi jusqu’à prendre peur à l’idée de rester comme ça, sans même être caché, en bas des marches. Il se remit debout tout en essuyant ses larmes et se traîna lentement. Il enjamba les rangées de bouteilles et progressa jusqu’au plus profond de sous l’escalier. Au moins ici personne ne me trouvera… A moins de venir regarder sous l’escalier, on ne me verra pas… Et de toute façon avec cette obscurité je suis tranquille ! Ses larmes cessèrent, il s’assit et se recroquevilla sur lui-même, il gardait les yeux grand ouverts, il avait peur et ne voulait pas s’endormir. Puis les minutes passèrent… progressivement son calme revint… : Il se détendait, il se sentait en sécurité, là, lové sous les marches... Alors lentement ses yeux se refermèrent… et doucement, il s’assoupit…



« frrr… frrr… »



« frrr… crrr… »



Son nez frémit quelque peu, ses paupières s’entrouvrirent, encore englué dans un demi-sommeil, il tendit l’oreille…

« crrr… crrr… »

Il ne le rêvait pas, il entendait bien le son d’un grattement. Nicolas ouvrit mollement les yeux, et s’assis en tailleur…

« crrrr… ccrrrrr… »

Quelque chose grattait tout près de lui, il le percevait maintenant bien… et ça venait d’à côté de ses pieds ! Il suffoqua tellement l’effroi l’avait pris par surprise : Non, ce n’est pas possible, qu’est ce qui gratte comme ça sous le béton, ç’est impossible ! Sous le sol il n’y a que de la terre !

« crrcrrccrrrrr… »

Comme si le bruit voulait lui donner tort, le grattement, impassible, continuait. Terrifié, Nicolas se releva d’un bond et se cogna violemment la tête contre le dessous de l’escalier. Le coup fut violent : une douleur forte et vive inonda le dessus de son crâne, puis elle fit progressivement place à une douleur plus lancinante et pulsative...

« crrrrccCrrrrCCCRRrrrr… »

Nicolas oubliant sa douleur rouvrit brusquement les yeux et regarda devant ses pieds : là d’où venait le son...

« cccCCCCRRRRRrrrrrr… »
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 21 Mai 2005 - 22:34

Le béton se craquela sur une petite surface, puis des petits morceaux s’en détachèrent.

La partie de béton déjà bien craquelée se brisa. Maintenant il pouvait discerner dans la pénombre un petit trou dans le sol. Nicolas, terrorisé, ne bougeait pas, comme une obsession il se demandait ce qui allait bien pouvoir sortir de ce petit trou.

Le béton se rompit sur une plus grande surface. Une forme noire, poilue émergea du trou… il lui sembla aussi discerner des griffes !

Ce coup-ci une espèce de gros bras velu et noir sortit du trou. Immobile quelques secondes, il s’agita subitement dans tous les sens, cherchant visiblement à agripper quelque chose. Nicolas, les yeux grand ouverts, ne bougeait plus, ne pensait plus : la terreur l’envahissait.

Puis les deux « bras » sortirent. Nicolas, comme devenu fou, se mit à gindre et à frapper du poing contre le mur en brique derrière lui tout en continuant à fixer le trou et ce qui en sortait : Les deux bras, repliés, tâtaient le sol tout autour. Nicolas continuait à battre le mur du poing, d’un rythme régulier, très fort, se blessant la main jusqu’au sang : il ne sentait plus la douleur, son esprit, sa raison, avaient déjà fui.

D’un coup Nicolas se tut, ce qu’il réalisa le fit subitement émerger de sa torpeur : cette fois-ci, c’est la tête qui va sortir ! c’est la tête de cette chose qui va sortir ! oh non, je veux m’enfuir, je veux partir, à l’aide ! Nicolas n’eut pas le temps de réagir que la tête surgit du trou : une tête poilue, noire, comme le reste du corps qui dépassait. Elle lui paraissait ressembler à une tête de chien, avec une gueule proéminente, bien trois fois plus grosse qu’à la normale. La « chose » se tordit brusquement le cou en direction de Nicolas et le fusilla du regard, ses yeux jaunes sales ressortaient sur son pelage noir. Il se mit à grogner, comme un chien prêt à mordre... « MMMaaaaMMMaaaaAAAANNNN !!! » : Nicolas hurla, et tout à coup, un éclair de lucidité le traversant, il bondit pour sortir de sous l’escalier, puis couru, renversant les bouteilles au passage, il vira tout de suite à droite, gravit à toute allure les marches de l’escalier, se jeta sur la porte, et saisit la poignée à deux mains pour essayer de l’ouvrir… mais malgré son acharnement, elle résistait. Totalement pris de panique, il se plaqua contre la porte, hurla à l’aide, tambourina la porte de ses deux poings, le plus fort qu’il pouvait... mais en vain.



Finalement épuisé, renonçant à hurler et à cogner plus encore, Nicolas, désespéré et en pleurs, s’avachit sur les marches... Il crut subitement entendre un son, il se tut sur-le-champ, oreilles grandes ouvertes. Dans le silence qui fit place, il espérait entendre la voix de quelqu’un derrière la porte, mais rien, aucun son… à part un bruit de verre brisé dans la cave ! Ce qu’il réalisa immédiatement l’épouvanta : La chose devait maintenant se trouver dans les débris des bouteilles qu’il avait cassées en s’enfuyant… elle était sortie du trou ! Et il était à sa merci, coincé, en haut de l’escalier ! Il n’y avait pas un instant à perdre, et Nicolas dévala l’escalier en trombe.

Survenu aux dernières marches, il entrevit à sa gauche apparaître une patte de la bête, grosse et velue… : la bête allait l’attraper en bas de l’escalier… Peut-être que s’il virait à droite, il pourrait peut-être passer in-extremis. A la dernière marche, Nicolas saisit le bord du mur à sa droite et effectua un quart de tour extrêmement rapide. Il sentit le souffle fétide de la bête, mais sans s’arrêter il se précipita jusqu’au fond de la pièce où se trouvait la gazinière, et s’arrêta net, ne pouvant aller plus loin : Et maintenant je fais quoi ? j’ai un peu plus de place que dans l’escalier, mais je suis toujours coincé… je ne peux rien faire, je suis perdu… maman… non !

Nicolas, tout tremblant, les yeux mis clos, se retourna lentement, et recula de quelques pas en apercevant la bête : Elle se tenait debout à l’entrée de la pièce, elle était énorme, grosse, ventre bombé… Elle se tenait recourbée et touchait presque le plafond, sa gueule était entrouverte, monstrueusement démesurée par rapport à sa tête, ses yeux jaunes sales fixaient sans broncher Nicolas. La bête restait là sans bouger, son regard semblait lui dire : « Je vais te bouffer, je vais te dévorer entièrement, lentement, et je vais te savourer. Tu vas souffrir et beugler avant de mourir dans ma gueule, tu vas pisser le sang, et je me ferais un plaisir de tout lécher… je n’aime pas gâcher ».

Affolé, à la recherche désespérée d’une échappatoire, Nicolas se retourna, faisant face à la gazinière… « wwwWOOOOUUUUFFFF » ! D’énormes flammes bleues d’au moins un mètre de haut jaillirent des brûleurs. Nicolas, désemparé, recula de quelque pas, la chaleur des flammes inondait son visage. N’ayant d’autre choix que de faire face à la bête, il se retourna : celle-ci avait commencé à avancer, mais si lentement que Nicolas pensa que son poids devait l’empêcher de se mouvoir vite, ou alors… qu’elle prenait son temps !

Nicolas transpirait à grosses gouttes. Désemparé, il regardait, yeux écarquillés, la bête avancer vers lui. A quoi bon bouger ? pour aller où ? pour quoi faire ? où fuir ? qu’est ce que je peux faire contre une chose pareille ! Puis une idée déboula subitement dans son esprit : Pourquoi finalement ne pas se servir du pied-de-biche qui se trouvait dans le coin bricolage de son père ! Il ne pourrait sûrement pas tuer la bête avec, mais tout du moins lui faire mal et peut être la faire fuir… de toute façon, pour l’heure il n‘avait pas d’autres idée. Brusquement Nicolas se rua vers la sortie de la pièce. Il plissa les yeux, car l’impulsion que demanda sa course déclencha un éclair de douleur à sa cheville droite. Manquant de place, il frôla le corps massif de la bête et sentit le contact rêche des poils de sa fourrure… mais aussi de ses griffes pointues qui pénétrèrent son cuir chevelu : La douleur fut atroce et s’ajouta en prime à son mal de tête qui persistait. N’arrêtant pas sa course pour autant, la peau de son cuir chevelu se déchira, le libérant du coup de patte que la bête lui avait asséné. La douleur était insupportable, elle pulsait, il la ressentait partout dans le haut de son crâne.

Il courut jusqu’au coin bricolage de son père, mais ne voyait pas le pied-de-biche. Paniqué, il fouilla partout sur l’établi : mais rien. Il se retourna et l’effroi s’empara de lui quand il vit la bête à quelques mètres de lui. Pensant soudain à chercher sous l’établi, il se baissa et découvrit un carton duquel dépassait l’arrache-clou. Sans hésiter, il empoigna le carton et le tira vers lui, saisit le pied-de-biche, et se retourna de suite : La bête se tenait maintenant à deux mètres de lui, elle s’arrêta net quand Nicolas lui fit de nouveau face. Pris comme d’une rage de désespoir, Nicolas hurla, brandit l’arrache-clou, effectua un mouvement ample et circulaire et le pied-de-biche vint s’écraser sur le côté droit du bassin de la bête. On entendit un grand « CRAC », des petits éclats de bois volèrent en tous sens : Une moitié du pied-de-biche tomba au sol, l’autre restant encore dans les mains de Nicolas qui se tenait debout, pétrifié, ne comprenant plus rien à ce qui se passait. Ces genres de trucs ne sont pas en bois ! j’en suis sûr, ça n’est pas possible ! Après la gazinière, l’arrache-clou… je deviens fou, j’en peux plus ! Il se rendit subitement compte d’un bourdonnement dans ses oreilles, plutôt léger, comme si des abeilles volaient au loin autour de lui. Le mal de tête quant à lui était toujours très fort, quasi insupportable.

Dans un sursaut désespéré, Nicolas se mit à courir, contourna la bête, et se précipita vers la buanderie, là où il n’avait pas encore été, espérant sans y croire y trouver une échappatoire. Il courut jusqu’au fond de la pièce, en dessous du soupirail si désespérément scellé par les barreaux. Le bourdonnement dans ses oreilles se faisait de plus en plus fort, de plus en plus présent.

« Bang ! Bang ! »

Nicolas sursauta, il se retourna vers l’endroit d’où provenait le son : La machine à laver bougeait ! elle se basculait d’un côté à l’autre et ainsi se déplaçait ! Même si son déplacement semblait grotesque, le bruit métallique que cela produisait était effrayant. Pétrifié, Nicolas regardait, spectateur impuissant, la scène hallucinante et terrifiante qui se déroulait sous ses yeux.

« Bang ! BANG ! Bang ! BANG ! Bang ! BANG ! »

La bête se tenait à l’entrée de la pièce, la machine à laver vint se placer derrière elle… bloquant ainsi l’entrée ! Ce coup-ci, Nicolas comprit qu’il ne pourrait pas s’échapper, qu’il ne pouvait plus rien faire pour éviter la fin inéluctable. La bête émit un grognement, comme un chien avant d’attaquer. Elle s’approcha lentement de Nicolas, qui restait figé, désespéré, paralysé par la peur et l’idée de sa propre mort. Le grognement de la bête se fit plus fort, arrivé tout près de Nicolas, elle ouvrit sa gueule et dévoila deux rangées de dents longues d’au moins cinq centimètres... Elle regardait fixement le visage de Nicolas, de sa gueule ouverte coulait un filet de bave, sa langue pendouillait… : le monstre bavait devant son repas.

Les bourdonnements devenaient insupportables, il n’entendait plus que ça, on aurait dit qu’il avait deux essaims d’abeilles à la place des oreilles. Le mal de tête devenait si fort qu’il avait envie de hurler pour se libérer de la douleur.

Et la bête se pencha sur lui.

La dernière image qu’il vit fut l’intérieur de sa gueule, le dernier son qu’il entendit fut le grand « crac » que firent les os de son crâne pris sous les dents de la bête… Il ne sentit aucune douleur supplémentaire, de toute façon elle était déjà insupportable. Le bourdonnement continuait, et tout se mit à tourner, vite, de plus en plus vite, le bourdonnement était maintenant complètement assourdissant… et tout tournait… et tournait encore… et encore…

Et puis plus rien.



Carole rentra de son travail le soir, à huit heures, comme prévu.

- Nicolas ?

Pas de réponse.

- Nicolas ?

Toujours rien.

Carole monta à l’étage, mais son fils ne s’y trouvant pas, elle décida d’aller voir à la cave. Tiens ! la porte de la cave est entrouverte... C’est vrai qu’elle ferme mal quand elle n’est pas fermée à clef... J’espère que Nicolas n’a pas pris peur... En plus comme par-dessus le marché elle claque à cause des courants d’air de la maison...

Elle alluma la lumière de l’escalier, et descendit. Arrivée à mi-parcours, elle hurla, elle hurla si fort qu’on l’entendit dans tout le pâté de maison : Nicolas gisait, étendu en bas de l’escalier, bras et jambes écartés, yeux écarquillés, sa langue pendant grotesquement hors de sa bouche. De son petit nez coulaient deux filets de sang qui avaient coagulé et formaient deux petites flaques sur le sol de chaque côté de sa tête.

L’analyse du corps révéla que Nicolas était tombé dans l’escalier : il s’était cassé la cheville droite, mais avait surtout écopé d’une hémorragie cérébrale, il ne s’était donc jamais relevé après sa chute dans l’escalier et était resté dans le coma… jusqu’à sa mort qui survint peu après...


Dernière édition par le Dim 22 Mai 2005 - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Sam 21 Mai 2005 - 22:37

je vais aller voir mutant X, je reviens dans 50 min
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 0:40

une autre :
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 0:42

Jeudi 22 juillet 2004



Ca fait bien deux heures que je suis devant cette page blanche à me demander si je fais bien de le faire ou pas... mais ce que je me dis c’est que j’en ai besoin, tout simplement.

J’ai trop mal : ça peut paraître con, mais je me sens vraiment pas bien et je ne vois pas trop mes parents aller me consoler, alors je préfère vider tout ça sur papier.

Alors voilà, allons-y ! Donc je m’appelle Cédric Noël, j’ai dix-sept ans, je suis en première (Eh oui ! j’ai un an de retard parce que j’ai redoublé ma quatrième... bah ! je foutais rien à l’époque). Je fume un peu, ça me fait un peu peur parce que j’aime ça et que je commence à en prendre l’habitude. J’ai peu d’amis, en fait j’en ai surtout deux : Mathieu et Xavier, avec eux je m’entends bien, on passe pas mal de temps dans les bars le soir à jouer au billard...

Enfin bref, je ne vais pas m’éterniser sur moi non plus. Si aujourd’hui j’ai tant besoin de mettre ce que je ressens sur papier, c’est parce que mon chat est mort cette nuit : Ca faisait trois jours qu’elle souffrait, sûrement suite à un choc avec une voiture, c’est ce qui a semblé le plus probable. Enfin, pendant ces trois jours elle était chez le véto et on espérait qu’elle allait aller mieux, mais ça n’a pas été le cas : Cette après-midi, on l’a enterré dans le jardin, mes parents ne voulaient pas trop, mais j’ai insisté...

Ils avaient surtout l’air plus désolé pour moi que pour Bagherra (c’était son nom). Enfin bon, j’ai creusé le trou et je l’ai enterré… Voilà, elle est sous terre maintenant… et depuis je suis dans ma chambre à me morfondre... Je ne sais pas si cette feuille de papier m’aidera, mais je ne vois pas trop quoi faire d’autre pour l’instant.



Vendredi 23 juillet 2004



Hier, comme je ne me sentais vraiment pas bien, j’ai appelé Xavier : On est allé se boire une bière dans notre bar habituel, et, comment dire… Oui c’est un chat, et alors ! C’est pas une raison pour se foutre de moi parce que je suis malheureux ! Du coup hier en plus d’être triste, je me suis senti seul : En gros Xavier était surpris que je sois si accablé par la mort de Bagherra, il cherchait un peu à me consoler, mais bon, il me trouvait bien sensible d’être autant affecté par la mort d’un chat... Mais quand je pense à elle… : Elle avait tout juste deux ans et demi ! Une petite chatte noire avec une petite tache blanche sous le cou, toute féline, à vous faire un raffut de tous les diables le matin pour vous réveiller et que vous lui ouvriez la porte pour qu’elle puisse aller en sortie… Elle avait un sale caractère mais en même temps elle passait toutes les nuits sur mon lit… Purée ! et alors c’est pas normal d’être triste ?

Xavier s’en fout… et mes parents compatissent comme ils peuvent : Ils m’ont proposé d’en prendre un nouveau, mais je ne veux pas, je pense trop à elle... Je me rappelle quand mes parents sont entrés dans ma chambre au matin du jour de mes quinzes ans avec une boîte à chaussures entre les mains en me disant « bon anniversaire ! » : J’ai tout d’abord cru qu’ils m’offraient une paire de baskets, c’est quand j’ai pris la boîte que j’ai senti que ça bougeait dedans !

« Fais attention ! c’est fragile » m’avaient dit mes parents : Alors j’avais délicatement posé la boîte sur mon lit, et doucement soulevé le couvercle : Dès qu’elle fut entrebâillée, une petite forme noire passa par-dessus le rebord de la boîte : elle gambadait maintenant sur les couvertures. Bagherra avait tout juste deux mois à ce moment-là. Elle a commencé à fouiller partout dans la chambre, je l’ai prise dans mes bras, elle avait peur... Ca me fait tout drôle quand j’y repense, elle était toute petite, elle tenait entière dans le creux d’une main ! C’était une petite boule de poils, et elle avait peur de moi, et moi j’avais juste envie qu’elle se sente bien... j’avais juste envie de la réconforter...

Ouais, à part que maintenant elle est morte.

Pour l’enterrer, je l’ai reposée dans la boîte à chaussures : celle dans laquelle elle était le premier jour. Je l’avais gardée dans mon placard, en souvenir.

Pauvre petite, seule, dans sa boîte à chaussures, sans un bruit, sans un son, sans un réconfort...

Bon… ça me fout les boules d’écrire tout ça, je préfère m’en arrêter là pour aujourd’hui.



Samedi 24 juillet 2004



Ce que j’ai écrit hier m’a beaucoup affecté : Depuis je n’arrête pas de l’imaginer seule, sous la terre, dans le silence, sans un son, sans une lumière, sans rien… abandonnée dans cette boîte à chaussures à peine assez grande pour elle. Cette image m’obsédait, et je ne savais plus trop quoi faire pour me calmer, alors finalement je suis allé au fond du jardin, à l’endroit où je l’avais enterrée, et je suis resté debout près du petit tas de terre meuble qui dépassait un peu du sol. Je suis resté comme ça assez longtemps, mon père a dû m’apercevoir et est passé regarder ce que je faisais. Il avait l’air désolé de me voir abattu comme ça, il m’a conseillé de rentrer à la maison ou de sortir un peu.

Lui est triste pour moi… moi je suis triste pour elle.



Dimanche 25 juillet 2004



Quelle nuit j’ai encore passé !

Hier soir je suis allé en sortie avec Mathieu et Xavier, je dois dire qu’ils ont été super avec moi : On a beaucoup bu bien sûr, et comme je n’avais pas le moral, ils n’ont pas arrêté de faire les guignols, ça m’a fait penser à autre chose, et finalement je me suis bien amusé... Non, le problème c’est quand je suis rentré chez moi.

C’était vers les deux heures du matin, après la fermeture des bars. J’arrivais à l’entrée de la maison, et je me suis mis à penser à Bagherra : La lumière du réverbère se reflétait sur mon blouson en cuir et mettait bien en évidence les petits trous qu’il y avait un peu partout sur les épaules... Ces petits trous elle me les avait faits les deux premiers mois qu’elle a passé avec moi : Je la mettais sur l’épaule et j’allais me promener à pied dans les quartiers avoisinants, et elle restait calme, tranquillement installée, observant le paysage, les griffes plantées dans mon blouson… Jusqu’à ce qu’elle ait vers les quatres mois et qu’elle apprécie trop d’aller voir les jardins des maisons devant lesquelles je passais ! Enfin bref, en voyant ces petits trous sur les épaules de mon blouson j’ai repensé à elle, et alors je suis retourné près du trou, je me suis assis en tailleur et je suis resté là, sans bouger, sans parler… Il faut dire qu’à cause de l’alcool j’avais tendance à somnoler... mais bon je sais pas… je… disons que... je voulais lui tenir compagnie !

Elle me manque, ça me fait bizarre de me dire que je ne la reverrais plus, j’ai jamais connu la mort de quelqu’un avant. Mais là, on a beau me dire que ce n’est qu’un chat, je m’en fous… La mort… La mort ça ne devrait pas exister… c’est n’importe quoi… je ne comprends pas pourquoi.



Lundi 26 juillet 2004



J’ai attendu que mes parents soient couchés et je suis allé dehors, près d’elle, et je me suis assis en tailleur, comme la nuit dernière... Je ne veux pas la laisser seule, je ne veux pas l’abandonner comme ça. Pourquoi maintenant chaque nuit je dois dormir tout seul, sans elle sur les couvertures ? Je ne peux pas dormir maintenant sans me dire qu’elle est toute seule au fond du jardin, sans rien, abandonnée dans une boîte à chaussure sous la terre... Donc ce soir je suis allé la voir, et je lui ai tenu un peu compagnie, je me sentais mieux. Au bout d’un moment je suis rentré à la maison... Mais je retournerai demain soir, je refuse de l’oublier comme ça.



Jeudi 29 juillet 2004



Je ne sais pas trop comment dire… ben voilà : J’étais maintenant comme chaque soir au fond du jardin, assis près d’où repose Bagherra, dans ma tête je me repassais en boucle mes souvenirs d’elle, et en même temps je ne pouvais m’empêcher de me dire que je ne la reverrai plus jamais… Alors j’ai commencé à réfléchir à tout ça, tout d’abord par rapport à elle, et puis progressivement par rapport à ma famille : Je n’ai pas encore perdu un membre proche de ma famille, mais ce soir je me l’imaginais, et vu mon âge je me disais que par exemple, il était plus probable que ma mère ou mon père parte avant moi, que l’inverse. Et me dire qu’un jour ils disparaîtront me tordait l’estomac... Un jour ils ne seront plus là, et je resterai là sans eux...

Ce soir je me dis que j’ai peur d’avancer dans la vie, peur de voir les choses qui m’entourent disparaître.



Vendredi 30 juillet 2004



J’en ai marre ! J’ai vraiment l’impression que personne ne me comprend, ils me font tous chier à la fin !

Bon alors ce midi, pour commencer, je mangeais seul avec ma mère (mon père ne rentre pas le midi, mais elle oui), et là je lui ai parlé un peu de mes appréhensions sur la vie… enfin la mort… enfin... Bon, bref, elle m’a regardé l’air étonnée, et elle m’a dit « Tu es sûr que ça va Cédric ? » : Je lui ai dit que oui, mais que je pensais beaucoup à la mort en ce moment. Et là elle m’a répondu « Bah ! tu ne devrais pas trop penser à ça, tu vas broyer du noir, ça n’est pas bien bon. » et comme je ne répondais rien, elle rajouta « Et puis c’est l’été, ce sont les vacances, allez ! pense à autre chose ! » : Vu sa réponse j’ai préféré acquiescer et faire mine d’aller mieux.

Mais alors comme ça je ne devrais pas penser à ça ! Ah bon ? Je devrais ne pas y penser ?… de toute façon, j’ai l’impression que personne ne pense à ça... Les gens se croient tous immortels ou quoi ?

Et puis le soir, pendant le repas, mon père en a remis une couche : « Tu es sûr que tu ne voudrais pas un autre chat ? » : Alors voilà qu’il me sort ça d’un coup, comme ça ! Bon ben j’ai vite compris, maman avait dû lui raconter ce dont je lui avais parlé le midi... Ca doit les faire flipper, ils doivent se dire que je déprime... Mais je ne veux pas d’un autre chat ! pas comme ça, juste après qu’elle soit morte. Pas comme on changerait de voiture une fois l’autre bonne pour la casse. Non, je ne veux pas la remplacer comme ça.



Dimanche 1 août 2004



Alors après être resté dans ma chambre tout le samedi après-midi comme un con, j’ai fini par appeler Mathieu et Xavier pour aller passer la soirée dans les bars : Après tout autant en profiter, puisque « ce sont les vacances », comme dis ma mère… D’ailleurs à ce sujet, Xavier part demain avec ses parents pour deux semaines.

Bon, on s’est bien marré, et à un moment je leur ai quand même parlé de mes tourments sur la mort... Quand je le leur ai dit, Mathieu m’a regardé avec un air crispé, il m’a dit qu’il n’avait pas du tout envie de parler de tout ça. On est resté alors silencieux pendant une ou deux minutes, et puis pour briser ce silence qui devenait pesant Xavier a enchaîné sur autre chose. Après, pendant le reste de la soirée, j’en ai plus du tout parlé.

Donc voilà, j’ai l’impression d’être bien seul… et toutes ces idées me rongent… et je ne reverrais jamais plus Bagherra me rejoindre quand j’arrive le soir à la maison... et je n’arrive pas à m’y faire.



Lundi 2 août 2004



Comme prévu, Xavier vient de partir en vacances avec ses parents pour deux semaines. Mathieu, lui, partira samedi, aussi pour deux semaines… Et moi je vais rester ici tout seul… J’en ai marre, je me sens fatigué, je dors mal, je me sens mal, et je n’ai personne à qui parler...

Alors, ce soir comme d’habitude, vers vingt-trois heures, une fois les parents couchés, je suis allé la voir au fond du jardin, je me suis assis en tailleur : D’habitude je restais silencieux, mais là je lui ai parlé... Ca m’a fait bizarre de me dire que je parlais à mon chat mort, enterré à mes pieds, dans une boîte à chaussures... Mais en même temps ça m’a fait du bien : Je lui ai parlé de mes peurs, des réactions que ça a provoquées autour de moi... Je lui ai aussi dit qu’elle me manquait, et que je pensais à elle tout le temps… et puis au bout d’un moment j’ai fini par rentrer à la maison.



Mercredi 4 août 2004



Il ne fait pas beau ces jours-ci, il pleuvait aujourd’hui, alors avec Mathieu on est resté jouer aux jeux vidéos chez lui...

Je n’arrêtais pas de penser à Bagherra, dans sa boîte à chaussures, enterrée sous la terre, toute trempée à cause de la pluie… elle qui n’aimait pas l’eau…

J’ai mal, ce que j’ai mal...



Samedi 7 août 2004



Je reviens d’avoir été dire au revoir et souhaiter de bonnes vacances à Mathieu, il était encore à faire ses bagages, toujours à la bourre comme d’hab ! Il doit être parti avec ses parents à l’heure qu’il est... Bon... me voilà tout seul comme un con... Mes parents auraient pu prendre des vacances quand même cet été, mais ils ne pensent qu’au boulot... J’en ai marre.

Tout me semble si triste en ce moment et me retrouver seul ainsi, ça ne m’aide pas vraiment. A part Mathieu et Xavier je ne vois pas avec qui je pourrais sortir. Je n’ai vraiment pas beaucoup d’amis. Ce soir on a beau être samedi, je vais rester ici… de toute façon je ne suis pas d’humeur à sortir.

Et puis, ce soir, comme tous les soirs maintenant, j’irai au fond du jardin et je parlerais à mon chat… à qui d’autre pourrais-je parler en ce moment de toute façon ?
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 0:42

Dimanche 8 août 2004



Je me suis levé tard : vers midi. D’ailleurs je n’avais pas très faim, j’ai mangé un petit peu quand même histoire de faire illusion aux parents. J’ai passé les premières heures de l’après-midi seul dans ma chambre, et pour finir je suis sorti me promener à pied.

Je me sentais déjà mal : Personne à qui parler, mes copains partis en vacances, et la mort Bagherra qui continue obstinément de me hanter la tête... et en prime pendant ma promenade j’ai croisé une chatte noire qui se prélassait au soleil devant l’entrée d’une maison. Elle ressemblait vraiment à Bagherra, et ça m’a anéanti : J’avais l’impression que c’était elle... sauf qu’elle n’a pas bronché en me voyant. Au bout de quelques secondes, elle s’est même levée et est partie, sûrement que je devais trop la fixer ou être trop près d’elle à son goût !

Je suis resté là à la regarder s’en aller, effrayé par la ressemblance que je lui trouvais par rapport à Bagherra et par cette envie que j’avais de la prendre dans mes bras... et aussi par la peine que j’éprouvais à m’admettre que ce n’était pas elle.



Lundi 9 août 2004



Il est cinq heures du matin, mais j’ai envie d’écrire parce que j’ai peur... peut-être que c’était juste mon imagination...

Enfin voilà, à deux heures du matin je ne dormais toujours pas, je n’arrêtais pas de me tourner et de me retourner dans mes couvertures, obsédé par l’image du chat que j’avais vu pendant l’après midi. Le cœur serré, j’ai fini par réaliser que je n’étais même pas allé voir Bagherra. Du coup je me suis rhabillé et doucement je suis sorti de la maison pour aller au fond du jardin. Arrivé à une dizaine de mètres de l’endroit où elle est enterrée, je l’ai entendu… oui ! je l’ai entendu miauler, je suis sûr que ça venait du trou ! j’entendais Bagherra miauler : Ces mêmes petits miaulements aigus qu’elle faisait quand elle voulait quelque chose. J’ai eu comme un immense frisson qui m’a parcouru tout le corps tellement j’étais surpris. J’en suis resté hébété, immobile, sans ne savoir quoi faire ou que penser. Puis j’ai couru jusqu’au trou, et j’ai collé mon oreille sur la terre qui le recouvrait : Mon cœur battait fort, j’étais paniqué, mais je me calmai un peu et écoutai attentivement… mais je n’entendis rien. J’ai bien dû rester une bonne demi-heure, l’oreille contre terre à écouter. Parfois je lui demandais de miauler encore, je la suppliais de faire encore un peu de bruit… mais rien. Au bout du compte j’ai fini par retourner dans la maison, désespéré de n’avoir plus rien entendu : pas un bruit, pas un son, que le silence.

Pourtant je me suis senti tellement heureux quand je l’ai entendu miauler, je n’en croyais pas mes oreilles, alors pourquoi après je n’ai plus rien entendu ? Peut-être qu’elle miaulait pour m’appeler et quand je suis arrivé elle s’est arrêtée ?...

Mais qu’est ce que je dis là ! Elle est morte à la fin !.



Lundi 9 août 2004



C’est l’après-midi, je n’ai pratiquement pas réussi à dormir, tout se mélange dans ma tête. Je n’arrête pas de me dire « et si j’avais bien entendu ? elle est vivante alors ? »... et là je ne sais plus...

Je me suis quand même levé un peu avant midi pour aller manger, je n’ai pas envie que maman se pose des questions... elle me croirait fou si je lui disais.



Mardi 10 août 2004



J’ai appelé son nom, je me suis remis l’oreille collée au sol, et j’ai encore appelé, plein d’espoir de l’entendre de nouveau, de l’entendre réponde à mes appels... Mas rien, je suis resté presque une demi-heure, à attendre, à espérer, en vain... Je n’ose pas aller déterrer la boîte… Mais bon sang ! Pourquoi elle ne me répond pas ? pourquoi ?



Mercredi 11 août 2004



Elle est peu être trop faible pour miauler ? ... Oh, mais qu’est ce que je dis là... Purée ! mais elle est morte !

Oui, mais si je n’avais pas rêvé... Alors elle est enfermée dans cette boîte à chaussures sans rien, sans boire ni manger... Non ça n’est pas possible ! Je ne veux plus penser à ça !... Je ne veux pas aller déterrer la boîte… non... J’ai trop peur.



Vendredi 13 août 2004



Hier, j’ai vraiment passé une journée horrible, partagée entre me demander si je pétais les plombs, et penser à ma pauvre Bagherra dans sa boîte à chaussures, et à ses miaulements que j’ai, ou ai cru, entendre. J’en avais des crampes d’estomac… et l’idée d’aller la déterrer me révulsait... Alors j’ai eu une idée :

Une fois les parents couchés, je suis allé prendre le vieux balais qu’on utilise pour la balayer cave : le manche est métallique et creux. Muni de mon tube de fortune je suis allé dehors, et je l’ai planté dans la terre qui recouvre le trou… Puis je l’ai enfoncé jusqu’à sentir la boîte qui bloquait : On ne l’avait pas enterré profond, peut être soixante-dix à quatre-vingts centimètres de profondeur environs. J’ai un peu forcé, et le tube a traversé le carton... Alors comme le tuyau était dans la boîte, j’ai écouté, mais rien… Je lui ai parlé, mais je n’ai rien entendu en retour. C‘est quand j’ai enlevé le tube que je me suis rendu compte qu’il y avait plein de terre dedans, c’était normal, elle était passée dedans en même temps que j’enfonçais le tuyau dans le sol... Franchement après je me suis senti tellement bête d’avoir fait ça que je suis allé nettoyer le tube, je l’ai remis avec la tête du balai, et je suis remonté dans ma chambre... Je me sens idiot d’avoir fait ça.



Dimanche 15 août 2004



Finalement j’ai beaucoup réfléchi et j’ai fini par trouver une solution pour le manche à balais : j’ai mis un bouchon de liège dedans, je l’ai tenu fixe en enfonçant un bâton dans le tube, et une fois dans la boîte, j’ai poussé juste un petit peu sur le bâton pour le faire sortir du tuyau... Bon du coup il est tombé dans la boîte : il faudra que j’en trouve d’autres.

Par contre je n’ai toujours pas entendu de miaulements... J’étais plein d’espoir, mais rien, toujours rien...

Alors je lui ai fait passer quelques croquettes par le tuyau… j’y ai fait couler aussi un peu de lait… on ne sait jamais…

Je ne sais plus trop quoi penser.



Mardi 17 août 2004



Xavier m’a appelé aujourd’hui... Bon dieu, j’avais complètement oublié, mais lundi il est rentré de vacances !

Il m’a appelé hier après midi, j’en étais tout surpris d’entendre sa voix… j’étais vraiment ailleurs ces derniers jours...

On s’est vu le soir, on est allé boire et jouer au billard, comme d’habitude... Moi ça me faisait bizarre d’entendre tout ce bruit, tous ces gens autour de moi, mais je pense que ça m’a fait du bien.

Par contre je n’ai pas trop bu, j’avais un peu peur de trop boire vu les idées que j’ai dans la tête en ce moment.

Xavier a passé de bonnes vacances... Quand il m’a demandé ce que j’ai fais de mon côté pendant ces deux semaines, je lui ai dit que j’ai passé mon temps à faire du vélo, à jouer aux jeux vidéos et à lire... : J’ai préféré ne pas lui parler de Bagherra et de tout ce que j’avais en tête.

Vers une heure du matin, en rentrant à la maison, je suis passé la voir, j’ai planté le tuyau, je n’ai encore rien entendu et puis j’ai fini par pleurer : J’aimerais ne plus penser à tout ça, vivre comme avant... J’en viens à regretter ce jour où mes parents m’ont donné un chat…



Mercredi 18 août 2004



Je n’y comprends plus rien ! J’en peux plus ! Pourquoi ? Mais bon sang pourquoi elle ne miaule plus ?!

Ca fait maintenant quatre jours que tous les soirs je plante mon tuyau et que je lui parle, à chaque fois je lui fais passer un peu de croquettes et du lait... Pourquoi je ne l’entends pas ?!

Ma pauvre petite, là toute seule dans son trou…

Mais je continuerais à y aller, je suis sûr de l’avoir entendu miauler, j’en suis certain ! Elle va bien finir par se manifester de nouveau !



Jeudi 19 août 2004



Et si j’avais mal entendu la fois où j’ai cru l’entendre miauler ?

Ce soir encore aucun son n’est sorti de sa tombe… je lui ai encore fais passer un peu de croquettes et un verre de lait.

Je me suis risqué à sentir l’air qui venait de tuyau, et ça ne sentait pas bon… : un mélange de viande pourrie et de lait rance.



Vendredi 20 août 2004



Cette nuit je suis encore allé lui parler et lui donner à manger par le tuyau... L’odeur que j’y ai encore senti me fait peur.

Elle ne répond toujours pas : Je donnerais tout ce que j’ai pour l’entendre de nouveau miauler... Mais je ne sais même plus très bien si je l’ai vraiment entendu la dernière fois.

Je me sens paumé.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 0:43

Samedi 21 août 2004



Mathieu vient de m’appeler ! Il est rentré de vacances ! Ca me fait bien plaisir qu’il soit de retour ! On a prévu de se voir ce soir, Xavier sera avec nous aussi. Je ne sais pas si je pourrais leur parler de tout ce qui m’arrive en ce moment... D’un autre côté je vais toujours aussi mal, et je me dis qu’il faut que j’en parle à quelqu’un... et eux, ils comprendront peut-être.



Dimanche 22 août 2004



Je ne sais pas par quoi commencer...

Hier avec Mathieu et Xavier j’ai beaucoup bu, vraiment beaucoup... Du coup avec l’effet de l’alcool je me suis lâché : j’ai dis tout ce que j’avais en tête, j’étais complètement abattu, et les mots sortaient, s’enfuyaient de ma bouche sans que je puisse m’arrêter. Je leur ai tout déballé : Les miaulements que j’avais crus entendre, le tuyau, et tout le reste... Ils ont été assez gentils avec moi, il faut dire qu’ils étaient bien amochés aussi, je n’avais pas été le seul à boire. On est sorti dehors, ils m’ont assis sur un banc dans le jardin public qui n’était pas trop loin. On a fumé clope sur clope, ils ont cherché à me remonter le moral, à me dire qu’il fallait que je pense à autre chose... mais je me suis borné à mon désespoir et à ma peur. Vers les trois heures du matin, ils ont dû en avoir marre, et ont prétextés de devoir rentrer chez eux. Alors on s’est séparés, et moi je suis donc rentré à la maison.

En titubant, encoure bien saoul, je suis allé jusqu’au fond du jardin, et je me suis écroulé devant le petit monticule de terre. Je pense que j’ai bien dû rester allongé au moins une heure comme ça, je me sentais vraiment mal : Encore bien bourré quand même, les souvenirs de Bagherra n’arrêtaient pas de venir me torturer l’esprit, je sombrais dans un tourment incontrôlable, tout seul affalé par terre dans le jardin.

Encore complètement submergé par la tristesse, je crus entendre de nouveau des miaulements. Je me suis figé, j’ai senti mon cœur battre la chamade, et j’ai écouté attentivement, mais cela ne me faisait aucun doute : j’entendais bien des miaulements… des miaulements qui provenaient du trou ! Pris de panique, ne sachant plus quoi penser, entre le bonheur et la terreur, encore à moitié sous l’effet de l’alcool. Je suis alors rentré d’un pas précipité chez moi, j’ai été prendre une pelle dans le garage, et j’ai creusé, j’ai déterré la boîte, j’ai déterré Bagherra.

Mon dieu, c’était horrible, la boîte à chaussure était toute cabossée, le couvercle était tout défoncé, le carton était imbibé d’humidité, et commençait à se décomposer. Je me suis penché sur le trou et j’ai touché le couvercle : il était tout humide et mou. Je l’ai soulevé, et je ne voudrais plus jamais, oh non, plus jamais voir ce que j’ai vu : Bagherra était morte, oui belle et bien morte ! Son corps recroquevillé n’avait pas bougé, il y avait de la terre… non… de la boue dans tout le fond de la boîte… il y avait des croquettes un peu partout, l’odeur de lait rance était insupportable ainsi que l’odeur de viande pourrie, elle m’envahissait les narines... Bagherra gisait là-dedans, son poil n’était plus brillant, mais mat et tout couvert de boue, ses yeux étaient ouverts, et ils ne brillaient plus du tout, ils paraissaient tout flétris. Avec horreur, j’ai remarqué que son ventre était ouvert... et bon dieu, il y avait un ver de terre qui entrait par le trou ! Et cette odeur, cette odeur devenait insupportable… et le ver de terre entrait tranquillement dans le ventre de mon petit chat… et d’un coup j’ai vomi. J’ai vomi dans le trou… enfin sur le bord je crois bien, j’ai juste eu le temps de me décaler un peu avant que ça ne sorte... Je me suis relevé, les yeux fermés, n’osant plus voir tout ça. Je pleurais, j’avais envie de hurler, mais je ne pouvais pas, il ne fallais pas, je devait taire tout ça, ou on m’aurais pris pour un détraqué... Je n’osais plus regarder vers le trou... Alors sans le regarder je l’ai rebouché, j’ai bien tassé la terre, et puis je me suis assis par terre, et j’ai pleuré... Vers six heures, j’ai ramassé la pelle, et je suis rentré dans ma chambre, silencieusement... J’ai entendu mon père se lever une heure après...

Ni lui ni ma mère n’ont rien dis là-dessus aujourd’hui, ils m’ont juste demandé si j’avais bien fait la fête cette nuit. Ils m’ont aussi prévenu que je devrais peut-être reprendre un rythme plus régulier car l’école ne va pas trop tarder à redémarrer. Ils n’ont donc sûrement rien entendu, tant mieux pour moi.

Je ne sais plus quoi faire ou quoi penser, je n’ai pas faim, j’ai l’estomac noué : Je me suis forcé à manger ce soir, et je n’ai envie de rien… j’ai juste toutes ces images horribles dans la tête.

J’ai mal pour Bagherra… ça fait maintenant un mois jour pour jour qu’elle est morte.



Lundi 23 août 2004



Aujourd’hui j’ai revu Mathieu et Xavier… je leur ai dit que j’étais trop bourré samedi soir et que j’ai peut-être démesurément exagéré ce que j’ai dit : Ils m’ont répondu qu’ils se sentaient soulagés, parce que mon comportement de la dernière fois les avait inquiétés... La vérité est que ce soir-là j’avais exprimé ce que j’avais en tête, l’alcool ne m’avait pas fait exagérer les choses, mais avait plutôt ouvert les vannes à ce trop plein que j’avais en tête...

Mais bon, il valait mieux que je désamorce tout ça… de toute façon ils ne comprennent pas.

J’ai toujours mal au ventre quand je repense à ce que j’ai vu en la déterrant : son image me torture, je n’arrive pas à arrêter d’y penser... Je commence aussi à me dire que je finirai comme ça un jour et ça me terrifie.



Mardi 24 août 2004



Cette nuit j’ai pleuré... Je pensais à Bagherra, et puis j’ai pensé à moi... Une vision affreuse m’est venue à l’esprit : Je me sentais bien vivant là, maintenant, et j’imaginais que dans cent ans, par exemple, ce serait le néant pour moi : je serais mort, enterré comme Bagherra, et tout serait noir, ce serait le néant… le vide. Cette vision m’emportait dans un vertige qui m’épouvantait : le vide, le néant... Je ne veux pas, j’ai peur de mourir...



Jeudi 26 août 2004



Je n’en peux plus… je viens encore de pleurer, seul, en silence, dans ma chambre. Tout me paraît si triste, tout me semble si futile, si inutile… de toute façon quoi que je fasse, je mourrais tous tôt ou tard. Je ressens maintenant souvent ce vertige face à cette idée de vide et de néant après ma mort... Tout ce que je ressens aujourd’hui, tout ce que j’entends ou vois… tout cela ne sera plus... Cette idée m’insupporte... Je voudrais que tout ça sorte de ma tête : Ca devient obsédant, je ne sais plus quoi faire, je ne sais pas à qui en parler…

C’est comme si la mort de Bagherra m’avait fait prendre conscience que j’étais mortel.



Samedi 28 août 2004



Mes potes m’ont proposé de sortir ce soir : C’est l’avant dernier week-end avant la rentrée… purée l’école va reprendre dans neuf jours ! En plus cette année, c’est la terminale, avec le bac à la fin… Il va falloir bosser. Je commence déjà à avoir peur de l’échec, j’ai du mal à me dire que je vais pouvoir réussir à travailler dans mon état d’esprit. Déjà que l’année dernière je suis passé tout juste... Et puis, je ne sais même pas ce que je ferais après mon bac. Pourtant il faut que je choisisse cette année : Que je choisisse dans quelle filière, dans quelle école je vais aller… que je choisisse mon avenir... Mais je n’arrête pas de me dire qu’au bout, de toute façon, c’est le néant, la mort. Alors à quoi tout ça va me servir ?



Lundi 30 août 2004



C’est bizarre, il y en a qui à l’adolescence se suicident… ils sont déprimés, et se suicident... Alors est-ce que je suis vraiment déprimé ?... Parce que je n’ai vraiment pas envie de mourir, justement, je ne veux absolument pas mourir !

J’ai mal, j’ai très mal d’avoir perdu Bagherra, et je suis terrifié à l’idée de ma mort, mais est-ce que je suis déprimé...

... ou est ce juste que je suis maintenant conscient de ma condition ?



Mercredi 01 Septembre 2004



Hier j’étais à boire avec Mathieu et Xavier, d’un coup je me suis mis à penser aux années que j’avais encore à vivre... J’ai dix-sept ans : Imaginons que je meure, à, disons… soixante-dix ans : il m’en reste cinquante-trois à vivre ! Ca fait plus de trois fois ce que j’ai déjà vécu !



Jeudi 02 septembre 2004



Même, si je ne vis pas jusqu’à soixante-dix ans… purée ! là je suis vivant ! Et tant que je le suis, je peux en profiter...

De toute manière je ne peux rien contre ma mort... Elle est là, et aller pleurer n’y changera rien... Mais en attendant je peux peut-être mieux profiter de ma vie...



Dimanche 05 septembre 2004



J’ai préparé mon sac pour l’école, ça commence demain... Maintenant je me sens mieux, j’ai presque hâte d’y être : Cette année je décroche mon bac, et après je pars d’ici ! Je partirai faire mes études ailleurs : j’irai à la ville, j’irai connaître pleins de gens ! Bordel, tant qu’à faire autant en profiter ! Je commence aussi à réfléchir au métier que je vais faire : Autant faire un métier qui me plait, ça n’en sera que mieux ! J’ai envie de faire pleins de choses, que ma vie ne soit pas inutile... Un jour je mourrai, c’est comme ça ! c’est ainsi… et en même temps c’est une force... Une force qui va peut-être me donner l’envie d’avancer... Avancer tant que je le peux : Etre conscient de ma mortalité me pousse à profiter de la vie qui m’est offerte... C’est vrai que je me dis que je ne sais pas ce qu’il y a après la vie... Mais justement je ne sais pas, et je n’arriverai jamais à le savoir et à en être sûr… alors autant profiter de la vie, au moins je sais qu’elle est là... même si je sais qu’elle ne durera pas
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 0:43

Et maitenant, au lit ! I don't want that I don't want that I don't want that
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Servietsky
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 1:34

Père Castor, raconte-nous une histoire,
Père Castor, raconte-nous deux histoires,
Père Castor mets tes lunettes et lis nous tout!

Lis-nous dis, oui une histoire encore,
Pour petis, grands et moyens castors.
Nous, caline, Grinnote et Benjamin, on t'écoutera bien.

Que sont devenus les diplodocus?
Peut-on avoir un dragon chez soi?
Quand reviendra gracieuse la mouette,
Le loup et Marlaguette?

Quand les poupées boudent,
Quand le sjouets sont fachés,
Que le soleil brille ou que le temps
soit bien pour les grenouilles...
Nous, Calîne, Grinote et Benjamin, ça ne nous fait rien.
Tant que toi, Père Castor, tu nous racontes une histoire encore.
Toi qui racontes si bien!
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 9:32

eh, Servietsky, la creche c'est pas ici hein !
:lol!:
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 10:54

Maitanant, des histoire bien gores et morbides....
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 10:59

« Mort ! Il est mort, tu comprends ça ? Tu l’as vu pourtant, son petit corps étendu, inanimé : T’en as hurlé, et à l’enterrement tu en as pleuré, d’ailleurs ça tu sais très bien le faire : pleurer ! N’empêche que tu pourrais te vider de ton eau tant que tu voudras, mais ça ne le ramènera pas ton gamin ! Ton gosse il est six pieds sous terre, dans une boite en bois, en train de se décomposer. Et oui, petit à petit, il pourrit ! Il faudra bien te faire à cette idée ma belle ! Ca doit quand même te faire du mal de penser que la chair de ta chair n’est plus et se fait bouffer par les vers, t’aurais du l’incinérer c’est moins dégueulasse ! T’imagines quand même : Tu l’as porté en toi, tu l’as nourri, élever, aimé ! avec tant d’énergie. Et tout ça pour quoi au final ? Pour un tas de viande morte qui moisit sous terre, elle est pas belle la vie ? C’est quand même moche d’être mort si jeune, de toute façon il serait mort un jour ou l’autre ! tout n’est qu’une question de délai avant la condamnation ! Mais huit ans, c’est peu quand même… Tu ne le verras jamais grandir certes, mais surtout tu ne le verras plus te faire un sourire le matin quand tu viens le réveiller pour l’école ; Tu ne le verras plus manger ses tartines ; Tu ne l’entendras plus jamais jouer dans le jardin ; Tu n’iras plus jamais te promener avec lui pour lui faire découvrir ou revoir de nouvelles choses ; Tu ne toucheras plus jamais sa douce peau : Tu aimais tendrement lui caresser la joue quand tu allais le border le soir ? eh bien tout ça c’est fini, tu entends ? FINI pour TOUJOURS ! Tu aimerais lui caresser la joue de nouveau, hein ? tu aimerais sûrement moins le contact de sa chair en décomposition ! Je sais, c’est dur d’accepter que ce qui à été n’est plus, c’est la vie… à croire que la vie n’est que dure et triste finalement… Hein Carole ? la mort c’est sûrement plus reposant tu sais. Ca te dirais ? … Au fait, arrête de rester tête pendante comme ça, regarde moi… regarde moi…. PUTAIN je t’ai demandé de ME REGARDER, SALE GROGNASSE ! ».



« Aaaaahhhhhhh » !

Carole hurla, sortant de son cauchemar. Ce qu’elle y avait vu en levant la tête l’avait horrifiée : Ce qui lui parlait et se tenait devant elle était une bête, massive, velue et noire, aux yeux jaune sale, le regard fixe, maintenu vers le sien. Il hurlait après elle et sa gueule proéminente s’ouvrait et se fermait par saccades comme un chien qui aboie, laissant voir par intermittences ses longs crocs plus rouges que blancs.

« Click ! »

Marc avait allumé la lumière, s’était mis assis sur le lit et fixait Carole d’un regard ahuri.

« Carole ?

- …

- Carole ? Ca va ma chérie ?

- Nan….pfff… cauchemar… terrible encore un fois.

- Heu… ça ne m’étonne pas vu le cri que tu viens de pousser.

- J’en tremble encore….horrible… horrible je te dis.

- Tu sais moi aussi je fais des cauchemars par rapport à Nicolas. Tiens, la nuit dernière je rêvais qu’il partait de la maison et….

- Non, là c’était ignoble ce dont j’ai rêvé, c’était le plus horrible que j’ai fait… Marc, j’en peux plus.

- Je sais.

- Ca fait deux semaines maintenant, et plus le temps passe, moins je me sens bien.

- … heu ….

- Tu comprends ? Plus le temps passe, et plus je me rends compte qu’on ne reviendra jamais en arrière. Que c’est fini Marc, plus jamais on ne reverra notre fils, non plus jamais ! »

Carole se mis à pleurer, elle se tenait assise sur l’oreiller, adossée contre le mur. Elle avait le dos courbé, la tête penché vers le bas. Elle se mettait à tressauter, comme si quelqu’un de cruel lui infligeait de petites décharges électriques. Marc, ému et attristé par l’image de sa femme, là, devant lui, complètement anéantie, lui prit doucement la main et baissa la tête pour chercher son regard.

« Je… ne….Ma chérie on est deux à souffrir... Viens dans mes bras »

Il s’enlacèrent, Carole lui paraissait aller mieux, elle avait arrêter de tressauter à cause des sanglots, mais continuait de pleurer. Subitement, Carole releva la tête et plongea son regard dans celui de Marc, elle le regardait fixement, d’un visage figé, sec, très sérieux malgré les larmes qui coulaient encore de ses yeux. Marc la regardait un peu hébété de la voir prendre si subitement un visage si sérieux et implorant en même temps.

« Marc, à quoi ça sert tout ce qu’on fait ? A quoi ça sert notre vie ?

- Pourquoi me pose tu cette question ?

- On finira comme lui, tôt ou tard, ça me torture l’esprit, c’est égoïste, mais… en plus de l’avoir perdu, je n’arrête pas d’y penser… Je suis en train de devenir folle Marc !

- Calme toi ma chérie, tu est malheureuse… Du coup tu broies du noir.

- …

- Tu sais on est deux.

- …

- Je t’aime.

- Moi aussi Marc. »

Les larmes se mirent à couler plus abondamment par les yeux de Carole. Ils étaient tous les deux assis sur leur oreiller, enlacés, Marc lui caressait le dos de pour la consoler. Les minutes passèrent, au fur et à mesure Carole retrouva son calme. Marc, lui, ne pleurait pas, ça n’est pas qu’il n’avait pas envie, mais bon, il essayait de ne pas le montrer devant Carole. L’idée que Carole le voit dans cet état là le dérangeait. Pourtant un soir, la semaine dernière, alors qu’elle était dans leur lit à l’étage à lire avant de dormir, elle eu envie de descendre pour se faire une petite tisane : Ca lui faisait du bien pour dormir, et malgré la mort de Nicolas, il fallait bien qu’elle dorme ! Elle était descendu, et arrivée en bas, elle avait entendu des sanglots. Elle avait marché dès lors à pas de loups, elle avait ouvert la porte lentement, doucement. Elle avait entraperçu Marc, allongé en chien de fusil sur le canapé, la tête dans les mains, en train de pleurer. Elle n’était pas entrée, avait fermé très doucement la porte, et était remonté se coucher.

« Et si on essayait de se rendormir ?

- Je ne veux pas t’embêter Marc, mais bon… je risque d’avoir du mal. »

Marc se remis en position allongée, Carole restait assise.

« Je peux éteindre la lumière ?

- Heu, attends. »

Alors Carole se mis à son tour allongée, se tourna sur le côté et tendrement enlaça Marc qui doucement fit de même. Elle tendit le bras, marqua une hésitation un peu avant de se plonger dans l’obscurité - son cauchemar lui faisant encore peur - puis éteignit la lumière.



Les yeux ouverts, plongé dans ses pensées, le temps passait et Marc s’était rendormit assez vite… Le « tic tac » du réveil lui donnait le tournis à n’entendre que ce son régulier régner dans le silence de la nuit.

(Mais elle ne dormait pas).

Il fait si noir, est ce que ça n’est pas là, caché quelque part ? Peut être est il là, juste à côté de moi à me regarder ?… Putain je débloque ! on se calme, ça n’est pas possible, je suis seule là avec Marc, je n’ai rien à craindre… Hmmm … Et s’il attendait que je bouge pour se jeter sur moi !… Bon ben je ne bouge pas ! … Pfff, je ne vais pas réussir à dormir comme ça, j’ai encore le son de sa voix dans la tête ! cet espèce de grognement quand ça avait l’air de respirer, son ton de voix était si rauque, si grave… Et tout ce que ce truc m’a dit… si je me rendors et que ça recommence… Comme si réveillée je n’y pensais pas assez ! Comme si j’avais besoin qu’on me rappelle ma douleur même pendant que je dors. Ca paraissait tellement vrai, j’en ai encore mal au ventre tellement ce qu’il m’a dit m’a fait mal… Bon dieu je dois en prime subir des cauchemars pareil … bon dieu… pourquoi… à quoi ça sert…hein ?… Comme si…je n’avais… pas assez… mal… Doucement elle se laissait glisser dans le sommeil, elle se sentait partir, elle s’en rendait compte et ne voulait rien faire contre : L’idée de passer quelques heures loin de sa vie, réfugiée dans le sommeil, l’apaisait : Depuis que Nicolas était mort le sommeil était devenu un échappatoire pour elle.



Alors qu’elle perdait lentement conscience et sombrait vers le sommeil, son attention fut soudainement retenue par un bruit de grincement : Hein ? Qu’est ce que c’était ? mais qu’est ce que c’ était ? … bon je me calme, ce n’est qu’un bruit et je dormais à moitié, donc.. .DONC CA VENAIT D’EN BAS…. Non, ça venait de ma tête…. NON ! CA VENAIT DE LA PORTE DE LA CAVE, TU N’EN A PAS RECONNU LE GRINCEMENT ?… La maison est fermée de partout, et personne ne viendrait…. PERSONNE ? ET PARCE QUE TOUT EST FERMÉ ! TU EN ES SÛRE QUE CA SUFFIT ?…Bon je me calme, je me calme, je dormais à moitié, ça m’est déjà arrivé d’imaginer des bruits dans ces moment là, il faut que j’arrête de paniquer… Et si c’était vraiment la porte de la cave, elle aurait très bien pu s’ouvrir à cause d’un courant d’air. Ca arrive souvent en journée alors pourquoi pas la nuit ? Et puis est ce que ça venait vraiment d’en bas ce son ? Je n’en suis même plus sûre. Bon… le mieux à faire c’est peut être de continuer à essayer de dormir.



Comme elle commençait à avoir trop chaud ainsi collée contre Marc, elle pivota. Maintenant allongée sur le dos, elle regardait le plafond… sans toutefois le regarder vraiment : elle avait les yeux grand ouvert, mais ne voyais rien à cause du manque de lumière. Elle restait là, à observer les ténèbres, pensive : « Il pourrit… il est mort… plus jamais»… Pourquoi j’ai fait un rêve comme ça, j’ai encore plus mal qu’avant. « il pourrit »… c’est insupportable cette image, je ne vais plus réussir à me l’enlever de la tête. Mon chéri, mon bébé chéri, il ne peut pas être en train de pourrir, non, je ne pourrais pas vivre avec cette idée en tête… Non, c’est son corps qui pourri, ça n’est pas vraiment lui, pas mon enfant… Les yeux de Carole laissaient verser sans bruit un léger flot continu de larmes, qui commençaient à former deux auréoles sur l’oreiller. Tombé dans l’escalier, juste tombé dans l’escalier ! Et il en est mort. A cause d’une chute dans un escalier je ne reverrai plus jamais mon fils de ma vie, pour lui tout est fini, il ne reviendra jamais… Pourquoi je fais tout ça tous les jours ? de toute façon je finirai aussi comme ça, quoique je fasse… Un jour ou l’autre tout sera fini, la fin de la bobine du film, plus d’image, plus de son, plus rien… Bon dieu, un jour je m’en irai moi aussi, et le monde continuera sans moi, oubliée de tous… Tout s’arrêtera net ?!? Oooohhh, et Nicolas, mon fils, mon amour chéri, c’est le néant pour lui aussi ?!?… Hé ! il faut que je pense à autre chose là ! Je dérape, je vais continuer à m’enfoncer si je continue à penser comme ça. Déjà j’ai arrêté d’être obsédée par l’idée de me suicider. C’est marrant, mourir me fait même peur là ! Bah ça doit être à cause de ce fichu cauchemar ! « salle grognasse » que ça m’a dit, franchement quand je pense que c’est moi qui rêvait… Je m’auto insultait alors ! Carole sourit, lentement elle passa le dos de sa main sur ses yeux pour les sécher, elle souriait toujours, contente de trouver un tout petit peu de rire au milieu de ce flot d’idées noires qui avait tendance à ne jamais s’interrompre depuis les deux semaines écoulées depuis le jour de « l’accident ».



Carole se calmait progressivement, elle se sentait de nouveaux mieux. Cela la rendit très réceptive, et quand elle entendit un nouveau bruit, son sang ne fit qu’un tour : Comme si son corps était parcouru d’une décharge électrique, elle se crispa d’un coup, ses poils s’hérissèrent, ses mains se contractèrent, ses doigts creusant le matelas. Le son qu’elle entendit ne fit qu’un tour dans son esprit : elle était sûre que le son qu’elle venait d’entendre venait d’un des placards de la cuisine qu’on venait d’ouvrir : Il y a quelqu’un, j’en suis certaine, il y a quelqu’un, ce bruit ne s’est pas fait tout seul. Je n’ai aucun doute, il y a quelqu’un dans la cuisine, j’ai reconnu ce bruit c’est sûr… Qu’est ce que je fais ? Mon dieu qu’est ce que je fais ? Et s’il n’était pas seul ! et il fait si noir ici !… et… mon dieu ! s’il y avait quelqu’un ici, dans la chambre ! Carole fut prise d’une violente et forte poussée de panique, il fallait qu’elle allume la lumière et vite, l’interrupteur était du côté de Marc. Elle avait peur de passer par dessus Marc pour atteindre l’interrupteur : Et s’il attendait que je bouge ! Ne sachant pas quoi faire, impulsivement elle se saisit du poignet de Marc et serra fort. Marc gémit et se réveilla brutalement, pris par la surprise, il alluma la lumière. Carole ouvrir grand ses yeux et regarda très rapidement autour d’elle, elle s’attendait à voir fondre le voleur ou tout autre chose sur elle, mais il n’y avait rien, et la porte de la chambre était bien fermée.

« Qu’est ce qu… »

Dès que Marc commença à prononcer ces mots, Carole se tourna vers lui, et lui mis sa main sur la bouche d’un geste rapide. Marc écarquilla les yeux, et avant qu’il n’ait eu le temps de réagir, Carole prit la parole, parlant vite et à voix basse, elle fixa Marc pendant tout ce temps, comme pour l’empêcher de lâcher son attention pendant qu’elle parlait.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 10:59

« Chuuuttt ! Tais toi ! ne fais aucun bruit ! Il y a quelqu’un, j’ai entendu la porte de la cave, et dans la cuisine…le son des placards… j’en suis sûre Marc. »

En fait elle se sentait déjà un peu moins sûre, elle se sentait moins paniquée maintenant que Marc était réveillé et que la lumière était allumée. Du coup, elle enleva lentement sa main de la bouche de Marc, elle ne savait plus trop quoi dire, et se sentait un peu bête d’avoir réagit avec tant de panache, en même temps elle avait toujours peur.

« T’en es sûre ? tu sais t’as peut être cru entendre, mais tu sais quand on dort à moitié on imagine parfois des choses.

- Heu, écoute j’ai vraiment eu peur Marc, j’ai vraiment eu l’impression d’entendre un des placards de la cuisine… Je débloque peut être… mais s’il y avait quelqu’un…

- Tu veux que j’aille voir ?

- Ah oui, vraiment, oui. »

Carole avait répondu sans aucune hésitation, rassurée, elle resta calme pendant quelques secondes. Marc attendait sans bouger qu’elle dise quelque chose. Puis elle le regarda :

« Je veux venir avec toi, je ne veux pas rester seule, j’ai trop la frousse, je me sens pas bien avec tout ça.

- De quoi veux tu avoir peur, ce n’est pas en bas dans la cuisine que tu as entendu des bruits ? Il n’est pas à l’étage alors !

- Et s’il y en avait plusieurs ?

- Oulala, tu devient parano… bon allez on y va tous les deux si c’est ce que tu veux. »

Marc se leva lentement, le réveil marquait trois heures du matin, il était nu ainsi que Carole : ils avaient toujours dormis comme ça, même avant de se connaître. Carole mettait sa robe de chambre pendant qu’il enfilait un caleçon et un vieux tee-shirt qu’il portait souvent quand il faisait froid la nuit. Ils faisaient attention à ne pas avoir de mouvement brusques pour ne pas faire de bruit. Carole avait peur, Marc entendait sa respiration : elle était forte et saccadée. Lui, il n’avait pas entendu les bruits, il dormait, mais l’état de panique de sa femme l’inquiétait et le mettait quand même en alerte malgré tout.

« Je veux bien qu’on descende voir, Carole. Mais on ne va pas y aller sans rien pour se défendre !

- Je ne vois pas ce qu’on pourrait prendre… »

Marc réfléchit sans bouger quelques secondes. Puis se baissa, prit son pantalon qui traînait sur le sol, en enleva la ceinture, et la montra à Carole.

« C’est toujours mieux que rien, non ? »

Carole inspirée par l’idée de Marc pris une de ses chaussures à talon qui étaient alignées près de l’armoire.

« Mouais ! » Dit Marc « on à pas l’air fin comme ça, tu ne trouves pas ?! ».

Carole eu un petit rire, étouffé pour ne pas faire de bruit. Marc était content de l’avoir fait rire un peu, son état de panique l’inquiétait… soit il y a quelqu’un, soit elle commence à divaguer, pensait il.

Ainsi armés, Marc pris la poignée de la porte, ils s’apprêtaient à sortir.




Marc saisit doucement la poignée, puis la tourna lentement. Le ressort de la poignée émis un léger grincement.

« clic »

Le pêne sorti du gâche, Marc s’arrêta quelques secondes à l’écoute de mouvements éventuels derrière la porte, mais n’entendit rien. Il se retourna, pointa la lampe de chevet du doigt pour faire signe à Carole d’éteindre la lumière de la chambre. Elle s’exécuta.

Doucement il tira la porte vers lui.

Dans le couloir, à travers la fenêtre de la cage d’escalier, la faible lueur de la nuit laissait discerner les formes du couloir. Malgré tout la lune était dans ses premiers quartiers, le manque de lumière se faisait sentir. Carole chuchota :

« Marc, on ne voit pas grand chose.

- Je sais, on à qu’à allumer la lumière ?

- Et s’il y a quelqu’un, on ne pourra pas le surprendre, et je ne pense pas qu’on puisse faire grand chose avec ce dont on est équipés pour se défendre !

- Tu veux qu’on descende dans le noir ?

- Oui.

- Bon… pfff… d’accord… dans ce cas attends un peu. »

Marc retourna dans la chambre plongée dans les ténèbres, et chercha à tâtons son pantalon. Il s’en saisit, fouilla dans ses poches, et en sortit un petit briquet. Il l’alluma et regarda vers Carole.

- « Ca ira avec ça ? On y verra quelque chose au moins !

- Heu… oui, d’accord. »

Carole état un peu étonnée de l’avoir vu sortir un briquet de sa poche : il avait arrêté de fumer depuis deux ans maintenant. Malgré tout elle ne voulu pas faire de remarques, elle avait déjà assez honte de son propre comportement, qu’elle trouvait au fond assez gamin, mais elle avait peur : Si on allumait la lumière, ainsi à découvert, qui sait qui aurait pu leur sauter dessus !

En faisant bien attention à marcher doucement pour ne pas faire craquer le bois des marches, lentement, ils descendirent les marches de l’escalier. L’air était plus frais au rez-de-chaussée, Marc eu la chair de poule, Carole s’emmitoufla dans sa robe de chambre, tout en serrant avec force sa chaussure à talon.

Arrivé au palier, Marc fit passer son briquet de gauche à droite, puis de droite à gauche : Son regard suivait l’éclairage du briquet, les sourcils froncés par l’attention qu’il mettait à observer le moindre recoin… Mais il ne vit rien d’anormal.

Il ne dit rien, Carole non plus. La pénombre, le silence de la nuit, la seule faible lumière du briquet : Tout cela pesait sur leurs nerfs, et alimentait leur peur grandissante.

Il mit sa main tendue devant le visage de Carole pour lui signaler de ne pas bouger : la porte de la cuisine était entrebâillée, rien de bien anormal, mais il fallait maintenant y entrer pour vérifier qu’il n’y avait rien. Il s’avança jusqu’à la porte, plaqua sa main dessus, et poussa tout doucement, elle ne fit aucun bruit en pivotant, Marc voyait maintenant la cuisine éclairée faiblement par la flamme de son briquet, il s’attendait à ce que quelqu’un surgisse de cette demi pénombre et lui bondisse dessus. Promptement, il regarda sous la table, ne vit rien, et sans demander quoi que ce soit à Carole, cédant à la panique, il alluma la lumière de la cuisine d’un geste rapide de la main. La lumière leva le voile sur sa peur : Il n’y avait personne dans la cuisine.



« Tu m’as fait peur Carole, mais viens dans la cuisine voir, il n’y a personne. »

Gênée, son visage en rougissant quelque peu pour le coup, elle s’avança à pas lents jusqu'à la cuisine. Emmitouflée dans sa robe de chambre, elle cherchait à gagner un peu de temps pour trouver les mots afin de moins paraître ridicule. Elle pu constater par elle même qu’il n’y avait rien d’anormal dans la cuisine, et tous les placards, même de ceux qu’elle croyait avoir entendus, étaient fermés. Elle ne savait toujours pas quoi dire, Marc la regardait d’un air calme, sans paraître moqueur. Elle paraissait vraiment gênée, et voyant qu’elle ne parlait pas, il entreprit de la rassurer un peu.

« J’ai bien flippé, tu avais l’air si terrorisée que ça m’a paniqué aussi… Bon tu vois, il n’y a rien, tant mieux, non ? Tu sais, c’est pas grave, ça peut arriver de paniquer, on perd un peu la boule avec tout ça, il n’y a pas de honte à avoir.

- Oui c’est vrai on perd la boule » dit Carole avec un sourire qui lui était revenu.

Elle se sentait mieux, Marc l’avait déchargée de sa gène d’avoir eu peur pour rien. Rassurée, elle regardait Marc dans les yeux en souriant.

« Tu es vraiment gentil avec moi, merci. Heureusement que tu es là. »

- Heu… tu sais, heureusement que tu es là aussi.

- Tu ne va pas si bien que ça non plus, hein ?

- C’est vrai que ça n’est pas la fête tous les jours, en effet.

- Le briquet dans ta poche… tu as repris la cigarette ?

- Heu… oui.

- Depuis l’accident ?

- Depuis ce jour je perds pieds, je ne sais plus trop quoi faire pour aller mieux... Je fumais pendant la journée, quand je n’étais pas à la maison, pour ne pas que tu te rendes compte… Bah, c’est pas ça qui m’a fait aller mieux en plus.

- Si on en parlait… Ca te ferais peut être du bien, non ?

Marc baissa la tête, regardant se pieds, resta quelque secondes sans bouger. Puis releva la tête, fixant la fenêtre, fuyant ainsi le regard de Carole. Lèvres serrées et visage crispé, ses yeux brillaient, il les ferma avec force, front plissé. Il prit une grande inspiration, puis sans tourner la tête, s’adressa à Carole.

« C’est vrai que je n’ai pas laissé paraître mon chagrin tant que ça, je suis con, ça ne m’avance à rien. On vis à deux, et moi je m’enferme, croyant que tout seul j’arriverai à encaisser le choc, alors que je n’y arrive pas. C’est l’inverse j’ai l’impression de m’enfoncer un peu plus chaque jour. »

Emue par son mari, elle tendit doucement les lèvres vers Marc, celui-ci en retour l’embrassa tendrement et l’enlaça. Elle ferma les yeux pour mieux apprécier ce moment de tendresse retrouvé.



Etreints tous les deux, plongés tout d’abord dans un bouche à bouche, qui de tendre, devenait plus puissant, plus intense. Marc fit glisser ses mains sur les fesses de Carole : Bon dieu, ça fait plus de deux semaines qu’on à rien fait ! Ce que ça fait du bien ! Ce que j’en ai besoin ! Carole quand à elle caressait de plus en plus vigoureusement le dos de Marc, elle aimait caresser son dos fort et puissant, elle aimait tâter ce corps d’homme, le corps de l’homme quelle aimait. Elle fut heureuse quand elle senti les mains de Marc au bas de son dos, elle ne fit rien pour le repousser : Ce que j’ai envie de refaire l’amour avec lui ! Ce que j’en ai envie !

Leurs mains se crispèrent, ils arrêtèrent subitement de s’embrasser. Le visage paré d’effroi, ils se regardèrent :

« Tu as entendu ?

- Oui.

- J’ai peur Marc !

- Le bruit venait de la chambre du bas je crois.

- Le lit… je suis sûre d’avoir entendu le lit de la chambre d’amis grincer sur le sol.

- Bordel ! ça ne peut pas être le vent qui ferait bouger le lit ! T’as raison, il y a quelqu’un dans la maison. »

Marc sans dire mot, se dirigea vers les étagères, ouvrit un des tiroirs, et en sorti un gros couteau de cuisine. Carole écarquilla les yeux.

« Heu, tu ne va quand même pas …?

- Et si on à a se défendre ? Ce peut être un voleur, ou je ne sais qui, mais s’il nous agresse ? Franchement je me sentirai mieux avec ça. Je vais voir de quoi il en retourne dans la chambre, tu ferais bien de prendre un couteau aussi, on ne sait jamais »
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:00

Marc n’attendit pas qu’elle s’exécute et retourna dans le couloir. Carole, ne voulait pas rester seule, surtout pas. Elle trottina vers le tiroir, fouilla rapidement et en sorti un autre couteau, plus petit que celui de Marc : il avait pris le plus gros. Elle s’empressa de rejoindre Marc qui l’attendait dans le couloir : Il y avait allumé la lumière, il regardait Carole d‘un air décidé. Une fois qu’elle fut à côté de lui, il s’avança jusqu’à la porte de la chambre d’amis, elle était entrebâillée, il faisait noir à l’intérieur. Marc s’arrêta et baissa la tête, pensif, il respirait fort. Carole sentait qu’il était en colère, mais comme il marquait une pause devant la porte, il ne lui fit pas de doute qu’il avait peur.

Il prit une grande inspiration, leva la jambe droite, et poussa violemment la porte du pied, cette dernière cogna violemment contre le mur en s’ouvrant, la lumière du couloir éclairait maintenant faiblement la chambre, mais il n’y avait personne de visible. D’un geste prompt Marc passa la main par l’encadrement de la porte et alluma la lumière de la chambre, ainsi pleinement éclairée, il se risqua à avancer d’un pas : Il avait peur que ce sale type puisse être planqué dans un recoin à attendre le moment pour se jeter sur lui. Il tourna la tête sur le côté, mais il n’y avait personne collé au mur attendant qu’il passe le pas de la porte. Il fit le tour du lit, pour voir si il pouvait être couché là, il regarda aussi sous le lit, dans l’armoire, vérifia que les volets étaient bien fermés… mais rien, personne. Carole était entré dans la chambre et le regardait l’air désœuvré.



« Toujours personne ?

- Personne… Ca commence à m’énerver cette histoire. »

Marc revient vers Carole, passa de côté, retourna dans le couloir, et se tint debout devant les escaliers.

« Il y a quelqu’un ? … Eh oh, il y a quelqu’un ici ? »

Il n’obtint pas de réponse. Carole, voyant cela, s’avança jusque derrière lui et passa une main sur son épaule : Elle voulait apaiser son mari, il s’énervait. Et même s’il n’était pas d’un naturel violent, un homme énervé avec un gros couteau de cuisine à la main ne lui inspirait pas confiance.

« Marc, il est peu être parti, non ?

- Bah, comment veux tu en être sûre ! Comme si on avait besoin de ça en ce moment. »

Carole ne répondit pas, ils restèrent un peu de temps sans bouger, Carole accrochée au dos de Marc.

« Bon, il y a quelqu’un ici ou pas à la fin ? », repris Marc, d’un ton sévère.

En réponse, à l’étage, le « dring » continu d’un réveil se déclencha.

« Heu, Carole, on n’avait pas mis le réveil à sonner à cette heure, hein ?

- A moins que je me sois trompée, il ne devrait sonner qu’à sept heures… il n’est que quatre.

- T’es sûre ?

- A peu près oui, de toute façon je n’en ai pas changé l’heure de réveil depuis longtemps.

- Bordel.

Serrant son couteau fortement, il monta en courant l’escalier, arrivé à l’étage, il ouvrit prestement la porte de leur chambre, tout en tendant le couteau devant lui. Il s’arrêta pour être sûr de bien entendre, il n’y avait pas de réveil qui sonnait dans leur chambre, non, ça venait de la chambre de Nicolas. Il sorti de la chambre, se tenant sur le pas de la porte, il regardait Carole remonter l’escalier : emmitouflée dans son manteau, tenant son couteau à la main. La sonnerie du réveil continuait, incessante, et dans le silence de la maison, en pleine nuit, ce son donnait la chair de poule à Carole.

- Ca vient de la chambre de Nicolas.

- Quoi ! Heu… oui tu as raison.

- Putain, je n’aime pas ça C arole. Qui c’est qui pourrait nous faire ça ? pourquoi en plus ?

Sans attendre de réponse, il se dirigea vers la porte de la chambre de Nicolas, cette dernière était fermée. Marc en saisit la poignée et l’ouvrit - cette fois-ci - calmement. Le réveil sonnait toujours, maintenant que la porte était ouverte, le bruit était plus fort, Marc alluma la lumière, entra dans la chambre, et calmement se dirigea vers la table de nuit, il se saisit du réveil et appuya sur le dessus, la sonnerie s’arrêta. Marc regarda autour de lui : Il n’y avait rien d’anormal dans la chambre, tout était en ordre : Ils ne voulaient pas toucher à la chambre de Nicolas, cela leur laissait au moins un souvenir de lui. Parfois Carole y venait pour s’asseoir sur son lit, et restait là souvent longtemps, immergée dans sa tristesse. Marc sortit de ses pensées, et se rendit compte que Carole se tenait au pas de la porte et le regardait.

« Pffff, personne ici non plus !

- Et pour le réveil ?

- A l’heure, et réglé pour sonner à quatre heures.

- Mais tu l’as remonté récemment ?

- Non… ces réveils mécaniques, ça ne dure pas plus de deux jours sans être remontés, et ça fait deux semaines qu’il ne l’a pas été.

- Peut être qu’il a juste tressauté un peu, et …

- Dans ce cas la sonnerie n’aurait pas duré comme ça. Non, j’en suis sur, il y a quelqu’un qui nous joue une sale blague, enfin, j’espère que c’en est une. »

- Marc, j’ai peur, vraiment peur. Il faut qu’on appelle la police.

- Heu, ils risquent de ne pas arriver tout de suite… mais… Oui tu as raison, on ne va pas rester ici seuls comme ça. De toute façon je ne sais plus quoi faire. »



Il n’y avait pas de téléphone à l’étage. Il s’apprêtaient donc à descendre pour téléphoner quand une voix se fit entendre au rez-de-chaussée.

« Alors on flippe les vieux ? »

Marc et Carole s’arrêtèrent net de bouger. La surprise mêlée à l’effroi s’empara d’eux comme un éclair, hérissant leur poil, et crispant leur visage au passage. Marc serrait très fort la rampe de l’escalier, il repris son calme aussi vite qu’il pouvait : Bon il y a quelqu’un dans la maison, là c’est sur… C’est une voix d’adolescent, j’ai bien entendu, juste une voix d’adolescent, alors ça ne sert à rien d’avoir peur. Ca doit être un sale gosse qui veut nous faire peur… si je le choppe…il mériterait une sacrée rouste. Subitement il sortit de ses pensées et releva la tête.

« Sale petit con ! Qu’est ce que tu fous dans notre maison !

- …

- Tu vas te montrer oui ?

- …

- Aaaah ! faire peur aux gens c’est facile, mais avoir du cran c’est autre chose, hein ?

- …

- Tes couilles, tu te les as bouffées ?

- …

- Mais tu vas répondre à la fin, sale petit connard !

Mais aucune réponse ne vint. Marc avait viré au rouge et respirait bruyamment, ses yeux regardaient dans le vide devant lui, il semblait hors de lui. Carole, un peu effrayée de voir son mari dans un tel état, lui dit de la voix la plus douce.

« Chéri, le mieux à faire c’est d’appeler la police.

- …

- Marc… allez… s’il te plait.

- Oui, d’accord. »



Carole, toujours emmitouflée dans sa robe de chambre, serrant plus que jamais son couteau à la main, descendit les quelques marches qui la séparait de Marc. Une fois à son niveau ils descendirent tous les deux d’un même pas. Ils marchaient lentement, à l’écoute du moindre bruit… Le seul qui se faisait entendre était le grincement des marches de l’escalier, qui, seul son dans le silence de la nuit, angoissait un cran de plus Carole et Marc.

A la dernière marche, Marc fit signe à Carole de s’arrêter, il scruta autour de lui, et couteau en avant descendit la dernière marche. Il regardait sur son côté pour vérifier que personne n’allait surgir du coin du mur. Sur le palier il regarda de nouveau autour de lui. Mais il ne vit personne, et personne ne s’était jeté sur lui.

Carole sursauta dès les premiers mots de Marc : il hurlait, elle l’avait rarement entendu crier, et elle ne s’y attendait pas.

« Bon dieu, j’en ai marre sale petit con ! montre toi à la fin, que je te fiche dehors ! Car sinon, si je te trouve, tu vas te prendre une sacrée raclée ! »

- …

- Sale gosse, t’es qu’un sale gosse !… Ca t’amuse ça ?

- Alors c’est triste ce qui vous arrive… Oooooohhhh, le petit chéri à sa maman, il est tout mort ! »

Marc fut parcouru d’un frisson, la voix venait juste d’à côté de lui, de la cage d’escalier pour descendre à la cave. Passée la surprise, serrant son couteau de toutes ses forces, il agrippa la poignée de la porte, et l’ouvrit d’un geste très brutal. La lumière n’était pas allumée dans la cage d’escalier, il eu juste le temps de discerner une ombre filante se mouvoir puis disparaître : à peine le temps de la discerner qu’elle n’était déjà plus visible. Sans attendre il appuya sur l’interrupteur pour allumer la lumière. Puis s’adressant vers le bas de l’escalier, il hurla :
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:00

« Sale petit con t’es dingue ou quoi ? Qu’est ce que tu veux ? Que je te charcutes à coup de couteau ? Arrête de parler de notre fils, ou si je te choppe je vais te tuer ! »

Mais il n’y eu pas de réponse. Marc était hors de lui, les larmes aux yeux tellement il n’arrivait plus à contenir sa fureur. Sans même prêter attention à Carole, qui effrayée l’observait impuissante, ne sachant plus trop quoi faire, Il se mit à dévaler l’escalier à toute allure. Une fois au seuil il se précipita sur les interrupteurs à sa portée pour allumer la lumière dans chaque pièce. Carole était arrivée au milieu de l’escalier de la cave, quand elle poussa un petit cri de surprise : La voix retenti de nouveau, juste quelques mètres derrière elle, au rez-de-chaussée.

« Alors au fait vous comptez refaire un mioche ? Héhé, les paquets de viande, c’est comme les fleurs, ça va mieux en nombre impair ! … Ou alors prenez un chat ou un chien ! Ca fait moins de bruit !.

- Je vais te tuer sale petit con ! »

Marc remonta l’escalier en courant, doublant et bousculant Carole au passage, qui faillit tomber. Arrivé en haut, il s’arrêta, il n’y avait personne dans le couloir. Il couru dans la chambre et dans la cuisine pour voir, mais il n’y avait rien non plus. Nerveusement épuisé, ayant trop entendu ces paroles horribles, il n’en pouvait plus, et s’asseya en bas de l’escalier. Carole remonté de la cave s’accroupit devant lui, plongeant son regard dans le sien, cherchant à capter son attention.

« Ca va aller Marc ? … tu me fait peur.

- Appelle la police, appelle la police s’il te plait. »



Le téléphone se trouvait dans le couloir, Carole ne fit que quelques pas et s’en saisit, Marc pendant ce temps là restait assis sur les marches, tête baissée, mains pendantes, le couteau posé entre ses jambes. Carole porta le combiné à son oreille et fit le 17, elle regardait Marc, constatant impuissante l’état abattu dans lequel il était. Dès la première sonnerie, une voix féminine répondit :

« Commissariat de Barelot, je vous écoute.

- Il y quelqu’un dans la maison !

- Vous l’avez vu ?

- Non, mais j’ai peur, il rôde dans les pièces, il dit des choses sur notre fils….il est mort il y a deux semaines, et…

- Je vois, je vais vous faire venir un agent. Donnez moi votre nom, prénom et adresse s’il vous plait.

- Marc et Carole Duval, au 110 rue Pasteur à Barelot.

- …

- Assez loin du centre ville.

- Oui d’accord, je vois… Un agent va venir, il sera sur place dans cinq à dix minutes.

- Dans cinq à dix minutes c’est bien ça ?

- C’est ça.

- Merci beaucoup.

- Au revoir madame.

- Au revoir. »

Et la femme du commissariat raccrocha. Carole posa le téléphone précautionneusement, sans faire trop de bruit. Marc n’avait pas bougé, il l’inquiétait beaucoup.

« Marc, ça va ?

- Mouais.

- Tu as entendu ? un policier va passer, il sera …

- Oui il sera là dans cinq à dix minutes, j’ai entendu.

- Il faut attendre maintenant.

- Quel sale petit connard.

- Oui, c’est sur, mais il vaut mieux rester calme, et attendre, non ?

- Peut être, mais quel sale con quand même.

- Il est peut être parti maintenant.

- Peut être… »

Carole s’avança jusqu’à l’escalier, monta les deux premières marches, et s’assit aux côtés de Marc. Elle mis son bras autour de la taille de son mari et posa la tête sur son épaule. Marc ne broncha pas, elle ferma les yeux, et attendit.



Cela faisait deux ou trois minutes qu’ils étaient assis sur l’escalier à attendre sans bouger la venue du policier, quand la voix repris :

« Bouhouhou ! C’est triste hein ? Je vous embête à parler comme ça, hein ? Oh les pauvre chéris, ils ont perdus le bout de viande qu’ils ont fait, et un méchant monsieur vient maintenant les embêter !

- Ta gueule ! Tu vas la fermer ta gueule ! Bon dieu, boucle là ! »

Marc avait répondu en hurlant, il était resté assis, et regardait vers le haut : La voix venait maintenant de l’étage, comment cela se pouvait alors qu’ils étaient assis sur l’escalier, il ne le savaient pas trop : Il a sûrement du poser des enceintes de chaîne hi-fi dans la maison, pensait Marc. Puis la voix reprit :

« Au fait Carole, j’oubliais de te dire quelque chose… SALUT SALE GROGNASSE ! »

la voix s’était subitement transformée, ce n’était plus la voix d’un adolescent qui parlait, elle était devenu très grave, caverneuse, elle était bien plus forte et ne venait plus du haut, mais de tous les étages à la fois : Si il y avait des enceintes dans la maison, il devait y en avoir partout. Le sang de Carole ne fit qu’un tour, ce qu’elle compris provoqua en elle une réaction de panique, une décharge électrique la parcouru, elle inspira une grande bouffée d’air, mains crispée, yeux écarquillés.

« C’est la voix de mon cauchemar ! C’est la voix de mon cauchemar ! C’est la voix de …

- Carole qu’est ce qu’il y a bon dieu ! »

Marc l’avait saisit par les épaules et la secouait frénétiquement, elle paraissait complètement hors d’elle.

« Marc, on sort d’ici, je ne reste pas dans cette maison, ON SORT D’ICI VITE. »

Sans attendre de réponse, elle se leva des marches, couru jusqu’à la porte d’entrée, tourna la poignée, essaya d’ouvrir la porte, elle devait être fermée, elle ne s’ouvrait pas. Elle saisit frénétiquement les clefs qui se trouvaient dans la serrure et les tourna, mais elle se bloquaient comme si la porte n’était pas fermée à clef. Hystérique, elle continua à tirer la porte de toutes ses forces.

« Hummmphhh ! Bordel, elle ne s’ouvre pas, merde !

Marc couru pour lui venir en aide. Il s’efforçait à son tour d’ouvrir la porte, tirant de toutes ses forces et essayant de faire tourner les clefs comme il pouvait, quand la voix reprit, toujours aussi grave, carveneuse, rauque, venant toujours de partout à la fois, très forte et grondante.

« Alors les souris, on se sent piégés ? Je suis comme un gros chat, j’aime bien jouer avec mes proies avant de les achever !… Au fait, pour Nicolas, je peux vous garantir une chose, je me suis bien amusé avec lui ! Il était mort de peur ! Ah ah ah ! »

Marc et Carole ne prêtaient même plus attention à ce que disais la voix, il fallait qu’ils sortent, c’était tout ce qui comptait.

« Marc il y a la hache en bas !

- Oui. »

Ils coururent tous deux jusqu’en bas, dans la cave, Marc ouvrit le placard sous son établi et fouillait. La voix continuait à vociférer.

« Que vous êtes beau ! c’est tellement attendrissant de vous voir gesticuler dans tous les sens pour sauver votre peau. Vous savez quand même un truc, non ? Un jour ou l’autre vous allez y passer ! Courrez si vous voulez ! Tôt ou tard il faudra s’arrêter. Ggggggrrrrrrr ! Quel pied je prend ! Vous me faites vraiment plaisir vous deux ! »

Aucun des deux ne prêtait attention. Marc trouva la hache, bien caché au fond du placard. Il remonta tout de suite, Carole le suivant de près, jamais elle ne serait restée seule à l’attendre au rez-de-chaussée ! Elle était complètement terrorisée par la situation.



Marc arriva devant la porte, posa la hache appuyée contre le mur, saisit les clefs et la poignée et essaya encore de l’ouvrir… toujours en vain. Il se saisit alors de la hache à deux mains, la fit passer derrière sa tête, prit une grande inspiration, regard fixe, yeux grand ouverts. D’un violent geste circulaire il fit s’abattre la hache sur la porte, qui violemment s’ouvrit juste à ce moment là. La hache vint heurter la porte en mouvement avec une grande violence, ce qui l’emporta sur le côté, l’éjectant des mains de Marc. Celui-ci avait maintenant le regard qui pointait au dehors, et dans cette fraction de seconde, il pu voir sur le seuil de la porte une ombre massive, noire, qui se détachait assez du bleu sombre de la nuit pour être discerné. Son attention, encore captivée par sa vision de l’ombre fut détournée par un tout petit début de cri suivit d’un « plotch » qui survint sur son côté gauche. Il se tourna et vit sa hache, plantée dans le cou de Carole, yeux exorbités, elle émettait une espèce de gargouillis. La hache glissa, tomba au sol en émettant un « gling » bruyant sur le carrelage qui s’en trouva effrité par le choc. La hache laissa béante une fente énorme au cou de Carole, le sang dégoulinait de tout le tour de son cou. Le haut de sa robe de chambre avait déjà passé entièrement au rouge quand la fente s’élargit de plus en plus. Puis la tête se renversa sur le côté, elle n’était plus rattaché au tronc que par un lambeau de chair. De la carotide giclait par pulsation de petits jets de sang qui allaient de moins en moins haut, jusqu’à s’estomper, le cœur arrêtant de battre. Carole s‘effondra par terre. La tête se détachant du corps sous le choc, alla rouler sur le carrelage du couloir jusqu’à heurter le mur.

Le corps sans tête et sans vie de Carole baignait, par terre, dans une mare de sang. Marc n’avait pas bougé, tout s’était passé si vite, tout au plus une poignée de secondes. Il regardait à terre se demandant si ce qu’il voyait était vrai ou un cauchemar. Il se laissa tomber à genoux, et au pieds de Carole il fixa sa tête qui se trouvait à deux mètres du corps. A peine eut il eu le temps de sentir la convulsion de son estomac, qu’il se mit à vomir. N’ayant eu le temps de réagir il ne put que faire le constat de se voir ainsi couvrir les pieds de sa femme des restes de son repas.

Il entendit derrière lui la porte de la cave s’ouvrir violemment. Il eu juste le temps de tourner la tête pour rapidement discerner une bête d’au moins deux mètres de haut, au corps massif, velu et noir qui avançait d’un pas rapide et lourd vers lui. Il n’eut même pas le temps de réagir que la bête l’avait saisit par les cheveux, elle ne prononça ni n’émit aucune son. La tête de Marc émis un « ploc » sourd quand il la lui fracassa contre le mur. Toujours en le tirant par les cheveux, la bête le traîna jusqu’à l’escalier de la cave, Marc, assommé, restait inconscient. La bête claqua la porte avec violence, et au « blam » qu’elle fit suivit le silence, plus un bruit, plus un son.



La police arriva deux minutes plus tard, la porte de la maison était toujours ouverte et le policier put constater le drame avant même d’entrer. Il appela sans hésiter plus longtemps le commissariat. Trois heures plus tard, à sept heures du matin, il finissait sa nuit et s’apprêtait à rentrer chez lui :

« Putain, c’est moche là… vraiment moche.

- Quand même, quand elle à appelé, elle disait qu’il y avait quelqu’un dans la maison… J’ai écouté l’enregistrement, elle ne parle pas de son mari, et on ne l‘entend pas.

- On n’a toujours pas retrouvé le corps du mari ?

- Non, et moi je te dis qu’on ne le retrouvera pas. Ils ont perdu leur enfant il y a deux semaines, ça semble clair : il a pété les plombs.

- Et a tué sa femme… ouais… peut être.

- Je te le dis ! On ne retrouvera pas son corps ! Il a décapité sa femme à la hache ce dingue ! Sur le coup ça à du quand même lui faire un choc quand même ! … Il a vomi. Puis il c’est rendu compte de ce qu’il à fait, et s’est barré.

- Pfff ! eh bien je préférerais qu’on retrouve son corps… Bon allez ! c’est l’heure pour moi, j’ai fini ma nuit, et je rentre me coucher. Je ne sais pas si j’arriverai à dormir, et je ne pense pas que j’y arriverai, mais je veux voir autre chose, j’ai eu ma dose pour la nuit.

- A ce soir alors

- Ouais à ce soir. »
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:01

Si vous aimez j'en ai une autre du meme genre...
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:34

Une autre un peu dans le même genre...
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:36

Les épisodes de la cave et le dernier se suivent, et je vais mettre le dernier de cette magnifique trilogie...
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:40

Mon dieu je n'en puis plus affraid

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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:41

-1-


Hein, hmm... heu... qu’est ce qu... bon di... hein ! qu’est ce qui m’ar... Putain, qu’est ce qui se passe, j’arrive pas à respirer, ça passe pas, l’air passe pas ! JE N’ARRIVE PAS A RESPIRER ! j’étouffe ! A l’aide, A l’AIDE ! Ahhh ! Mon dieu qu’est ce qui m’arrive, aucun son ne sort ! Allez, je vais bien réussir à crier... humph ... ça fait mal à la gorge... Allez ! un son au moins... ahhh, merde ! merde ! merde ! qu’est ce que c’est que ce bordel ! qu’est ce que c’est que ce cauchemar ? je vais me réveiller ! J’étouffe ! Je veux pas mourir ! A L’AIDE ! oh non ! à l’aide... Pourquoi tout est noir autour de moi ? Il faut que je bouge, que je me tire de là... veux pas crever... Mais... ahhh, non ! je délire ou quoi ? ça n’est pas possible ! pitié ! je n’arrive pas à bouger !... mais ça va s’arrêter à la fin ! qu’est ce qu’il se passe ? bon dieu.... Allez faut que je force, l’air va finir par passer... oh, putain, à l’aide, j’ai mal... à force d’appeler de l’air... je.... ah... j’étouffe... mal à la poitrine... j’arrive pas à bouger, j’ai mal aux bras... pitié, bon dieu, pitié ! je ne vais pas crever comme ça sans rien faire ! Je dois pouvoir faire quelque chose... allez ! réfléchis... réfléchis... rrraaahhh, je ne peux pas non plus bouger mes jambes, ni ma tête, rien, je suis complètement bloqué... C’est bizarre cette pression que je sens partout sur mon corps... je n’y comprends rien, qu’est ce qui se passe ?... mais qu’est ce qu’il se passe à la fin... Attends... on se calme... on se calme... je devrais être déjà mort là... ou du moins en train de convulser à cause de l’étouffement... pourquoi je reste vivant ? Normalement on meurt vite sans air... qu’est ce qu’il m’arrive ? je ne meurs pas ?... mais cette impression d’étouffer... j’ai pas d’air, mon dieu pas d’air, mais pourquoi je reste en vie alors ?



- 2 -



« Aucune trace ?

- Non, ni de poison, ni de drogue.

- Pas de marque de violence physique non plus ? de coups ?

- Bien sûr si on excepte la décapitation, il n’y à pas d’autre trace d’agression physique.

- Bon... vous êtes sûr ? D’après votre analyse du corps, vous pouvez m’affirmer qu’elle était en pleine possession de ses moyens au moment du... de... enfin je veux dire, quand elle à eu la tête coupée ?

- Ca fait déjà un petit paquet d’années que je suis légiste, et d’après ma connaissance et les examens que j’ai réalisés, ceci est ma conclusion, en effet.

- Bon et bien, merci alors, gardez le corps de côté jusqu’à demain avant de le rendre à la famille, je vais passer à la maison des Duvals, on ne sait jamais, j’aurais peut être besoin de voir des choses en plus après.

- D’accord Monsieur Kerll, je le remettrai à la famille si vous n’êtes pas passé avant demain matin.

- C’est bien ça. Au revoir »

Il mit ses mains dans les poches de sa veste beige, fit demi-tour, la tête entre les épaules, l’air un peu bougon. Discrètement il jeta un petit coup d’œil aux pieds qui dépassaient de sous les couvertures blanches : marrant cette manie qu’on ceux des morgues à laisser les pieds dépasser ! ils veulent économiser en porte-étiquettes ? les draps sont peut être trop courts ? ou alors les légistes fantasmeraient-ils sur les pieds ? hé hé ! Bah, je serais quand même curieux de savoir ce qui les motive à faire ce métier quand même. Enfin... j’ai assez de questions à répondre tous les jours quitte à m’en poser en plus.

Philippe Kerll était inspecteur à Barelot depuis deux ans maintenant : Il n’avait rien contre le fait de venir s’installer plus au calme, dans les alpes, et comme il y avait une place vacante, il avait décidé d’y venir s’y installer. Il était célibataire à l’époque, aujourd’hui cela n’avait pas beaucoup changé, même s’il avait deux ou trois petites amies, il n’arrivait pas à se fixer sur une : L’idée de partager sa vie avec une autre personne l’effrayait, il préférait rester seul, et continuer à son aise à profiter de cette situation. Il avait maintenant 31 ans, il en paraissait un peu plus, car il se laissait toujours une barbe naissante lui donnant un côté un peu baroudeur. Il était brun, de taille moyenne, ni gros ou maigre, et n’était pas spécialement musclé : Il préférait rester comme il était, il ne voyait pas d’avantages à travailler plus son physique : « boh ! Je plais déjà comme ça, pourquoi j’irai me fatiguer plus ! ».

Philippe sortait lentement de la morgue, toujours avec son air un peu ronchon : non pas par colère, mais plutôt dû aux engrenages qui tournaient à plein régime dans sa tête. Il avançait vers sa voiture toujours complètement absorbé dans sa réflexion : pas de drogue, ni poison, elle était en pleine possession de ses capacités physiques quand c’est arrivé... D’ailleurs vu qu’entre le coup de fil et l’arrivée du policier il n’y avait eu que dix minutes, l’empoisonnement était peu probable, comment se faisait-il donc que tout était en ordre dans la maison ? elle s’était laissée tuer sans se débattre ? Pourquoi n’à t’elle pas utilisé le couteau qu’elle avait à la main ? C’est sûr, pour qu’une chose pareille arrive, elle connaissait son meurtrier... son mari, ce ne peut être que son mari... J’en reviens toujours à lui, ce n’est pas sur ce coup là que je trouverai quelque chose de surprenant, même les collègues ont pensé tout de suite au mari... Et ces empruntes fraîches sur le manche de hache, ils les ont comparé avec celles supposées de Marc, trouvées sur ses affaires personnelles et partout dans la maison, et cela correspond bien... Eh bien ! je ne pense pas pouvoir faire bien des miracles sur cette affaire là...

Philippe monta dans sa voiture, claqua la porte, posa ses mains sur le bas du volant, ferma les yeux, tête baissée, et poussa un soupir : il devait aller rejoindre le policier qui était de garde pendant la nuit du meurtre. Il l’attendait à la maison des Duvals pour qu’ils passent en revue ensembles le lieu du crime. Bah, j’y crois pas trop, mais bon, peut être pourra-il mettre le doigt sur un point que j’aurais oublié... Enfin bon ça m’étonnerait. Il rouvrit les yeux, démarra la voiture, et pris la direction de la maison des Duvals.



- 3 -



Qu’est ce qui m’arrive ? mais qu’est ce qui m’arrive ? Je suis mort ? C’est ça être mort ? hmm, je ressens quand même comme une pression sur tout mon corps.... Mais bon, d’un autre côté je ne le vois pas... même pas mon nez, alors est ce que j’ai encore un corps ? Si j’avais été enterré vivant, je serais mort étouffé depuis longtemps, même si ça y ressemble, je reste vivant.... enfin, du moins, ça en à tout l’air. Je suis peut être en train de cauchemarder, et je vais me réveiller dans mon lit, auprès de Carole... mais Carole était... je... c’était réel ça pourtant : les bruits dans la maison, on s’était levé, puis les voix, elles déblatéraient sur Nicolas, oh mon dieu Nicolas... et la hache... Carole... mais, je ne l’ai pas tuée quand même ! Tout c’est passé si vite, je voulais juste défoncer la porte d’entrée pour qu’on s’échappe de là... Je l’ai vu, cette ombre qui à ouvert la porte juste à ce moment là... Mon dieu, Carole... sa tête qui roulait sur le sol, tout ce sang, partout, tout ce sang... oh, non ! Et Nicolas, mon petit Nicolas.... il est mort comment alors finalement ? peut être à t’il vécut le même cauchemar que nous... du moins c’est ce qu’avait l’air de dire la voix cette nuit là. Non, pas possible, tout cela n’est qu’un cauchemar, ils ne sont pas morts, je vais me réveiller ! Hmm... et si... peut être que... je suis peut être dans le coma ? Oui, bien sûr ! Je suis dans le coma, c’est sûr ! c’est cela ! Ce ne peut être que cela, et là je reprends conscience petit à petit ! J’en suis sûr maintenant, c’est limpide. Je ne me rappelle pas d‘avoir eu un accident, mais ça va me revenir, allez... ça va me revenir ! il faut que j’essaie de bouger, je vais bien réussir à ré-émerger, je vais bien réussir à me sortir de là.



- 4 -



Philippe arrêta la voiture dans la petite cour de la maison des Duvals. Alain Tesnal, policier qu’il connaissait depuis son arrivée à Barelot, se tenait debout devant l’entrée. En voyant la voiture arriver, il descendit les marches du perron et se dirigea à la rencontre de Philippe.

« Salut Alain, comment va ?

- Salut Monsieur Kerll ! Bah ! on fait aller, j’aime pas trop les histoires de meurtres, mais bon, ça fait partie du métier ! »

Il se serrèrent la main, et se dirigèrent à pas lents vers la maison.

« C’est vrai qu’il n’y en à pas des masses dans le coin, c’est une petite ville.

- Espérons que ça reste rare !

- Sans vouloir paraître cynique, s’il n’y avait pas de violence, de meurtres, de vols, moi en tant qu’inspecteur, je me retrouverai sur la paille !

- A choisir, je préférerai vous voir sur la paille que de voir des têtes coupées comme j’ai pu voir il y a deux jours en arrivant ici.

- Justement, je serais très curieux que vous me dites ce que vous avez vu et entendu exactement cette nuit là.

- D’accord. »

Ils montèrent l’escalier, ouvrirent la porte d’entrée, puis tout en restant sur le palier, le policier reprit :

« Donc voilà : Quand je suis arrivé, j’ai garé ma voiture dans la rue, assez loin pour ne pas faire de bruit, je voulais éviter tout problème : L’appel téléphonique de la femme indiquait qu’il y avait « quelqu’un dans la maison », j’ai préféré éviter de faire le chien dans le poulailler, on ne sait jamais quel peut être la réaction de l’agresseur dans ces cas là. Une fois passé le côté de la maison, j’ai vu que la porte était ouverte, toutes les lumières étaient allumés. Je ne voyais pas encore le corps d’où j’étais, mais j’avais sorti mon arme, je n’étais pas très rassuré. Puis quand je fus un peu plus devant l’escalier de l’entrée, j’ai vu le corps. J’ai préféré faire le tour de la maison avant d’entrer pour... Ah, c’est vrai que là, j’ai entendu un peu de bruit.

- Ah bon ? je ne le savais pas. D’où venait le son ?

- Ca venait de la cave, du moins ça en avait l’air.

- Quel genre de son étais-ce ?

- Hmm, un genre de « blop », un peu comme lorsque vous faites cuire de la confiture dans une casserole.

- Ca a duré longtemps ?

- Non, du tout, j’ai entendu cette espèce de « blop » deux ou trois fois de suite, puis plus rien.

- D’accord, bon allons y jeter un oeil. »

Il passèrent le perron, entrèrent, puis descendirent l’escalier de la cave. Philippe réfléchissait, puis subitement lança :

« Les canalisations ?

- Oui peut être, vous savez, je n’ai rien remarqué de bizarre dans cette cave.

- De vers où ça venait d’après vous ?

- De la buanderie, là. »

Ils fouillèrent la pièce pendant une demi-heure. A part quelques touffes de poils noirs qu’ils identifièrent comme des poils de chat, ils ne trouvèrent rien d’autre de notable.

« C’est flippant quand même, il y à un peu plus de deux semaines de là, la femme avait découvert son enfant mort au bas de l’escalier.

- Ouais, hmm, vous savez Alain, à mon avis, c’est le mari.

- Ah ! vous êtes d’accord avec moi alors, je pense la même chose.

- Sinon de toute manière, si ce n’était pas lui, alors où est-il passé ? Les gens ne se volatilisent pas comme ça sans raison ! J’en suis quasi sûr, c’est lui qui l’à tué : encore un qui a pété les plombs quoi.

- Vous allez faire quoi alors.

- Eh bien on le cherche. Et si on ne le trouve pas et que je ne trouve pas d’autres pistes, alors on redonnera accès libre à la maison et on mettra l’affaire de côté en attendant du nouveau, en espérant qu’on le retrouve un de ces quatre. »

Il remontèrent l’escalier, continuèrent à fouiller la maison. Une heure plus tard, faute d’avoir trouvé du nouveau, ils s’en allèrent, Philippe pensant déjà à passer très vite à d’autres choses.
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MessageSujet: Re: Histoire a dormir debout gore : âmes sensibles s'abstenir...   Dim 22 Mai 2005 - 11:42

- 5 -



« Bonjour Marc »

Hein ? Qu’est ce que c’est ? Une voix ? Oui, une voix ! Je ne sais pas d’où ça vient... mais... c’était une voix ! Sûrement un médecin ou quelqu’un d’autre qui essaie de communiquer avec moi... Humph ! j’arrive toujours pas à parler, bordel ! Je vais rester dans cet état là pendant combien de temps à la fin ?

« Tu es sûr d’être dans le coma ? »

Quoi ? j’ai rien dit ! C’est quoi cette voix ? Je perds les pédales ! C’est dans ma tête que j’entends des voix, là.

« Oui si tu veux, dans ta tête.

- Hein ?... heu... bonjour...

- Bonjour Marc.

- Vous m’entendez ?

- Comme tu peux le constater, oui. »

Hé hé, ça n’est pas possible, j’entends des voix, et celle que j’entends me répond en plus !

« Je ne suis pas une invention de ton esprit. Je me suis juste collé tout prêt de toi, si près que je suis un peu dans ta tête, mais je ne suis pas toi.

- C’est ça oui, c’est fantastique !

- Tu ne devrais pas te moquer de moi comme ça.

- Oh ! Bon, comme vous voulez... Comme tu veux ! Après tout, ça me fera une compagnie au moins ! Tu es qui alors ? Ma conscience ? Mon coté sombre ? Mon « moi » refoulé ?

- Celui qui a tué ton fils et ta femme.

- Quoi ?

- Tu crois que ton fils est mort paisiblement ? Et pour ta femme, la porte, elle s’est ouverte toute seule peut être ? Apprécie quand même la coordination qui m’a été nécessaire pour que la hache parte en rebond sur la porte. Je ne savais pas comment elle allait rebondir, mais bon... ça a dépassé mes espérances : couic ! plus de tête !

- Raah ! Arrête tout de suite ! je sais que ça n’est pas vrai !

- Ca ne te paraissais pas trop réel pour être un rêve ?

- Tais-toi... tais-toi si c’est pour me dire ce genre de trucs !

- Tu es sûr que tout cela n’est que du rêve ? Même si tu étais dans le coma, qu’est ce qui te garanti que tout cela ne s’est pas passé avant ?

- Je ne veux pas croire que cela soit réel, c’est ma tête qui déraille et qui m’a fait rêver tout ça !

- Ah bon, tu dérailles ? Alors peut être est-ce toi qui les as tués ? »



- 6 -



« Je suis triste aussi, mais on ne fera jamais revenir notre sœur de toute façon.

- Elle venait d’avoir trente deux ans, si jeune... Eh puis... oh tu sais, elle me manque déjà tant.

- A moi aussi Marie, à moi aussi tu sais »

Ils étaient assis tous deux à un coin de la table de la cuisine, chez Marie qui avait invité son frère, Pierre, à venir prendre le café. Ils se voyaient souvent depuis la mort de leur sœur : Se voir leur permettait de s’entre soutenir, d’arriver à contenir un peu mieux la peine qu’ils éprouvaient.

Marie saisit sa tasse, l’amena à sa bouche, et bu lentement, les yeux à demi clos, plongée dans ses pensées.

Pierre, regardait un peu par la fenêtre, cherchant à ne pas peser de son regard sur sa sœur. Il porta la cigarette à sa bouche, aspira lentement, repris une gorgée de café : sa tasse était maintenant vide. Il écrasa sa cigarette qui était consumée jusqu’au mégot. Il pensait maintenant à retourner chez lui.

Marie rouvrit les yeux, et regardait son frère fixement. Il sentait qu’elle cherchait ses mots.

- Pierre, qu’est ce qu’on va en faire ?

- De quoi ?

- De la maison de Carole ?

- Oui, c’est vrai qu’elle en avait hérité de nos parents.... C’est quand même la maison où l’on avait grandit tous les trois...

- Oui c’est vrai. J’aimais aller prendre le café chez Carole depuis le décès de nos parents : à chaque fois je me rappelais notre enfance.

- Tout était si simple à cette époque.

- Si tranquille.

- Oui... Tu serais intéressé par la maison, Marie ?

- Disons que j’ai déjà la mienne, donc... à part d’un point de vue affectif, ça ne m’intéresse pas, non.

- De mon côté pas trop non plus, j’ai déjà la mienne, et je n’ai pas tant d’argent que ça, et avec les droits de succession.... Ca ne serait pas évident.

- Bon, Pierre, qu’est ce qu’on va faire alors ?

- Franchement ? Je ne sais pas trop encore... Tu veux qu’on la vende c’est ça ?

- Oui.

- Pfff, pas évident quand même comme idée. Ecoute Marie, il faut que j’y réfléchisse, on en reparle demain, d’accord ?

- D’accord. »



- 7 -



« Je ne pourrais jamais faire ça !

- Exact, c’est moi qui ai causé tout cela, qui ai provoqué leur mort. Tu veux toujours croire que je suis une voix dans ta tête ? Dans ce cas là tu es le meurtrier aussi alors ?

- Heu... non... mais je... je... je m’en fou ! Arrête de parler, saleté de voix ! Fous-moi la paix à la fin.

- Sûrement pas. Et tu commences à m’énerver avec ton histoire de coma : Je suis là, je peux te dire que ta femme et ton fils sont morts, et que toi tu n’es pas dans le coma.

- Et je suis où alors ?

- Oh, ça... tu n’as pas trop à le savoir, disons que je t’ai bien caché. Tout le monde croira que tu as disparu.

- Arrêtes de divaguer ! Tout ça ne rime à rien, tout ce que j’ai à faire c’est de faire des efforts, et d’attendre, je vais bien finir par émerger et me retrouver dans un lit d’hôpital, alors arrêtez avec vos conneries !

- Bon... TU COMMENCE À M’ENERVER ! Tu ferais mieux d’être plus sympathique avec moi.

- Allez vous faire...

- Tu va arrêter ça tout de suite !

- ...

- Tu ne veux plus répondre ?

- ...

- Mais vous êtes tous pareil ! JE VOUS HAITS, JE VOUS HAITS TOUS, VOUS ALLEZ TOUS MOURRIR !... Et toi TU VA ME PARLER !

- ...

- Tu crois toujours être dans le coma, c’est ça ?

- ...

- Tu sais que tu ne sortiras jamais de là ? Et tu ne mourras pas non plus, ce que je te réserve est bien pire que la mort, c’est de rester comme ça éternellement.... alors tu ferais mieux de me parler, sinon tu resteras en prime, pour toujours, dans le silence.

- ...

- Oooh, vous êtes tous pareils ! J’ai bien raison de vouloir tous vous tuer, vous le méritez bien, vous ne vous êtes pas améliorés avec le temps.

- ...

- Tu crois que je bluffe alors ? »



- 8 -



« Elle vous plait alors ? »

Le promoteur, les mains serrées l’une dans l’autre, se tenait droit, balayant du regard la famille qui se tenait devant lui. De gauche à droite, de droite à gauche, les mains toujours jointes, pendu aux lèvres de ses possibles acheteurs. Voyant que le père de famille, Olivier, allait parler, son regard s’arrêta sur lui.

« Elle semble intéressante en effet.

- C’est une affaire vous savez »

Olivier se tourna vers sa femme, cette dernière était plongée dans ses pensées. Elle eut un petit mouvement de surprise quand Olivier s’adressa à elle.

« Corinne, tu en penses quoi alors ?

- Ben... oui elle est bien c’est vrai... mais

- Je commence à travailler dans trois semaines ici, on ne peut pas traîner éternellement pour acheter une maison... Ca fait quand même déjà un mois qu’on cherche.

- Oui, elle me plait aussi, mais tu te souviens de ce matin, quand on était chez l’épicier, ce qu’il à dit. »

Le promoteur compris tout de suite de quoi elle voulait parler : les ragots sont allés bon train. Que le fils soit mort, cela passait encore, mais la femme assassinée, et le mari qui avait pris la fuite, toujours introuvable... De toute façon je ne pourrais pas leur raconter de mensonges là dessus se dit il, Il vaut mieux que je joue franc jeu, j’ai plus de chance de les amadouer sur le sujet si je relativise la chose.

« Je vois que vous êtes au courant madame Fayard.

- Oui ce matin, un commerçant nous a parlé de l’histoire de cette famille.

- C’est triste en effet, mais bon, vous croyez aux fantômes vous ? Parce que j’ai l’impression que les gens dénigrent cette maison. Bon, certes, le mari à assassiner sa femme, du moins ce fut le résultat de l’enquête : on a toujours pas retrouvé le mari. Mais bon, soyons sérieux, cette maison est en bon état, et en plus je peux vous garantir qu’elle est moins chère que les autres, on a volontairement fait baisser le prix, par rapport à cette histoire.

- C’est vrai qu’elle n’est pas chère.

- Alors... profitez-en ! Vous venez de Paris c’est bien ça ? Bon je vais vous dire un truc : ici on est à la montagne, les gens sont peut être un peu superstitieux. Mais vous, vous l’êtes ? Parce que si ça n’est pas le cas, vous avez une bonne affaire à faire là ! »

Olivier et Corinne se regardèrent, puis dirigèrent leur regard vers leur fille, Emilie, qui, du haut de ses sept ans, se tenait à côté d’eux, écoutant tranquillement la conversation.

« Tu en penses quoi Emilie ?

- Moi, j’aime bien ! Et puis il y a un grand jardin !

- Bon écoutez Monsieur, on est intéressé. Qu’en penses-tu Corinne : on se donne jusqu’à demain pour réfléchir encore un peu ?

- Oui, c’est sûr, il faut qu’on en parle encore un peu.

- Et puis on vous appelle... donc demain normalement, pour vous donner notre réponse. »

Le promoteur éprouva une grande joie, mêlée d’un grand soulagement : Il allait sûrement la vendre ! Il n’y croyait pas, avec tous les ragots qu’il y avait sur cette maison, il désespérait de trouver un acheteur... Finalement il avait réussit, il se félicita intérieurement d’avoir réussit aussi habilement à les convaincre.

« Alors, eh bien monsieur et madame Fayard, j’attendrais votre coup de fil. »



- 9 –



« Tu te crois malin à ne pas me répondre ?

- ...

- Tu sais, je peux faire ce que je veux de toi.

- ...

- Tu ferais mieux de céder et de me parler. Je veux qu’on parle, je veux que tu me parles, je veux pouvoir discuter avec toi, je veux que tu me racontes tout ce que tu sais, tout ce que tu connais.

- ...

- Tu ne me prends toujours pas au sérieux ? Tu veux décidément que le sort déjà sombre que je te réserve soit encore pire ?

- ...

- Vraiment ?

- ...

- Tu sais j’ai un petit creux !

- Quoi ?

- Ah, tiens, tu parles de nouveau ? Mais bon, j’ai vraiment un petit creux maintenant, désolé mais tu m’à énervé, et ça m’à ouvert l’appétit... ça t’apprendra, toi et les autres vous ne méritez pas mieux de toute façon.

- Quels autraaaaAAaaaAAAAAAAHHHHHHH ! »

Marc senti soudain une douleur fulgurante lui provenant de la jambe gauche. La douleur enveloppait son pied et son mollet. Celle-ci, atroce, semblable à la brûlure d’un acide, imprégnait sa chair. Elle grandissait, pénétrait de plus en plus profond. Elle devenait aveugle, insupportable, il avait l’impression que cet acide, ou du moins ce qu’il ressentait tout comme, dissolvait sa jambe. Pire, ne voyant rien, il ne pouvait ne ressentir que la douleur : est-ce que sa jambe était vraiment en train d’être mutilée ? qu’est ce qui lui était fait ? La douleur physique qui le percutait se mêlait à celle de ne pouvoir identifier ce que son corps subissait, et d’être impuissant face à son tortionnaire. Puis, un bruit de succion se fit entendre, Marc ressentit comme une ivresse le gagner. Il sentait ses chairs aspirées... bon dieu, il était en train d’aspirer sa jambe ! Il sentait l’étourdissement grandir, que sa conscience l’abandonnait, les sons se déformer, l’ivresse augmenter... puis perdit conscience.



- 10 -



Les déménageurs avaient maintenant tout emporté dans le camion, et s’en était allés. Il leur fallut ensuite tout l’après midi pour finir de nettoyer de fond en comble ce qui devenait du coup leur ancien appartement : Ils l’avaient en location depuis bientôt trois ans et cela leurs fit un petit pincement au cœur de devoir le quitter après voir vécu trois années de leur vie dedans. La femme de l’agence passa comme prévu en toute fin d’après midi pour effectuer l’état des lieux et reprendre les clefs. Ils passèrent donc la nuit à l’hôtel et partirent au petit matin.

Le voyage jusqu’à Barelot était long, ce fut sept cent kilomètres pendant lesquels Corinne se laissait à penser à leur maison : Ca y est, on à une maison bien à nous ! se plaisait-elle à répéter dans sa tête. De temps en temps Emilie, leur fille, émergeait d’un demi sommeil pour demander si ils étaient arrivés, Olivier répondait paisiblement en indiquant le nombre de kilomètres leur restant à parcourir.

« On est sorti de l’autoroute depuis une demi-heure ma chérie, il nous reste encore cinquante kilomètres à faire.

- C’est tout ? On est bientôt arrivés alors !

- Oui, mais là on va aller moins vite : ça devient de la route de montagne maintenant. »

Emilie se redressa sur son siège, décidée à ne plus se rendormir. Le paysage qui se dessinait devant elle l’émerveilla : Les montagnes montaient si haut ! Elles lui semblaient majestueuses, elle les trouvait tellement plus grandes et plus belles que les immeubles qui l’entouraient jusqu’alors.

« C’est vraiment joli les montagnes papa !

- Oui c’est vrai, je suis moi aussi content. Je ne pensais pas trouver du travail dans le coin. Ca va nous changer de la ville, ici on vivra plus au calme.

- Maman, c’est joli hein ?

- Oui ma chérie, c’est très beau ! »

Corinne était absente, complètement absorbée par le paysage majestueux qui se dessinait devant elle, elle avait du mal à réaliser qu’ils allaient maintenant vivre dans un cadre aussi merveilleux.

« Maman ?

- Oui Emilie.

- j’ai faim, je peux avoir des gaufrettes s’il te plait ? »

Emilie tout en grignotant, resta ainsi à admirer le paysage qui défilait devant les fenêtres de la voiture. Cela faisait la seconde fois qu’elle venait dans les alpes, la première fois c’était pour trouver une maison, cette fois ils allaient vivre là. Elle était un peu triste d’avoir du quitter ses amis d’école, mais sa mère lui disait qu’elle en trouverait d’autres. Emilie n’y croyait pas vraiment, elle en souffrait de perdre ses amis, mais sa mère lui avait bien fait comprendre qu’elle n’avait pas le choix.
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